Un peu d’histoire
En 1952, le Gouvernement fédéral mettait en place le tout premier programme de sécurité de la vieillesse. On accordait une rente mensuelle aux gens à partir de 70 ans. À ce moment, l’espérance de vie était de 71 ans. Le risque n’était pas tellement élevé pour le Gouvernement.
En 1966, au Québec, on lançait la Régie des Rentes du Québec qui obligeait les travailleurs à cotiser à un fonds de retraite collectif public. À cette époque, les gens pouvaient espérer vivre jusqu’aux environs de 75 ans.
Ces mesures visaient à aider les personnes retraitées à subvenir à leurs besoins. Les sommes versée à l’époque et aujourd’hui, dans le cadre de ces programmes, ne sont pas suffisantes pour permettre aux personnes âgées de subvenir à l’ensemble de leurs besoins. Un citoyen qui ne devrait compter que sur ses revenus de la Sécurité de la Vieillesse et sa rente de la RRQ aura de la difficulté à joindre les deux bouts. Mais, c’est mieux que rien.
La réalité
Présentement, seulement 57 % de l’ensemble des travailleurs québécois contribuent à un régime de retraite. Ce serait une erreur de croire que ce chiffre est représentation de l’ensemble de la collectivité. Les travailleurs du secteur public (fonctionnaires, travailleurs de l’éducation et de la santé) jouissent tous d’un programme de retraite, ce qui contribue à hausser la statistique.
Si l’on scrute la situation des travailleurs du secteur privé, nous constatons que les deux-tiers ne contribuent à aucun régime de retraite. Si ces travailleurs n’ont pas eu la sagesse de contribuer à un REER, ils risquent fort de manquer de revenus à la retraite. Ils seraient près de 1 000 000 dans cette situation au Québec.
Au Canada, l’espérance de vie atteint 81,7 ans. L’âge moyen auquel les Québécois prennent leur retraite est 59,9 ans. Il suffit d’un simple calcul pour constater qu’aujourd’hui, un travailleur risque de passer facilement 20 ans à la retraite. Quelqu’un qui prendrait sa retraite à 55 ans et qui vivrait jusqu’à 90 ans, ce qui est fort possible, pourrait passer autant d’années à la retraite qu’il en a passé au travail.
Cette réalité fait donc peser une forte menace sur les caisses de retraites publiques et privées, surtout que plusieurs d’entre elles sont déjà déficitaires sur le plan actuariel.
Heureusement, les jeunes travailleurs (25 à 44 ans) songent à travailler plus longtemps. Le déficit démographique qui menace déjà nos entreprises fera en sorte que l’on manquera de travailleurs. Avec un taux de fertilité de seulement de 1,73 enfant par femme, on est encore loin du taux minimum pour assurer la relève, soit 2,1 enfants par femme.
Heureusement, il y a des solutions, même si elles ne sont pas toujours agréables à vivre : travailler plus longtemps, faire plus d’enfants, augmenter les cotisations aux caisses de retraite, réduire le montant des rentes, obliger les travailleurs à contribuer à un REER et accueillir plus d’immigrants.
Il ne s’agit pas de partir en peur, mais il faut tout de même être sensibilisé à une situation qui pourrait devenir explosive si l’on n’y apporte pas dès maintenant des correctifs. En 1950, il y avait 12 travailleurs pour un retraité. En 2010, cette proportion est passée à neuf pour un et, en 2050, le rapport sera de quatre pour un.
La démographie est l’une des rares sciences qui nous permette de prévoir l’avenir avec certitude. Au lieu de nier la réalité, nos dirigeants, nos employeurs et nous-mêmes devons prendre la part de responsabilité que nous incombe pour adopter dès maintenant des mesures qui assureront à tous une retraite harmonieuse, à l’abri des problèmes financiers.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les retraités : «Le retraité peut choisir : être âgé et l’assumer ou être vieux et grogner.» Jacques Rancourt