Nombreuses menaces
Les plus récentes statistiques sur l’emploi, celle du mois d’août, indiquent que
4 500 emplois ont été perdus au Québec et 5 500 au Canada. Le taux de chômage est passé à 7,6 % au Québec et à 7,3 % au Canada.
Dans notre région, la fermeture des cinq usines de RGR, les faillites de Meubles Villageois de St-Benoît et de Wilfrid Paquet & Fils de St-Théophile, l’interruption des activités chez Portes et fenêtres Bonneville à Ste-Marie et des mises à pieds chez Maax, dans la même municipalité, ont contribué à la perte de quelque 1 000 emplois manufacturiers. Cela sans compter des usines où la production est loin d’atteindre les niveaux normaux en cette période de l’année.
Le secteur manufacturier québécois comptait 26 074 entreprises en 2004. En 2009, seulement cinq ans plus tard, le nombre d’entreprises manufacturières était passé à 21 154, soit une diminution de 19 %.
Au Canada, l’économie a connu une décroissance de 0,1 % au deuxième trimestre. Si cette tendance s’est maintenue au cours du troisième trimestre se terminant à la fin de septembre, cela signifierait que le pays est retombé en récession. Cela n’a rien de réjouissant.
Pendant ce temps, le dollar canadien demeure en hausse, les exportations canadiennes ont chuté de plus de 60 milliards de dollars au cours des trois dernières années et la stagnation de l’économie américaine n’annonce rien de bon pour remédier à la situation. Jusqu’à date, la demande de l’économie canadienne avait permis de compenser, mais il semble que l’on ne puisse plus compter sur ce phénomène.
Même si les taux d’intérêt demeurent bas, les ménages canadiens ont atteint un niveau d’endettement représentant 150 % de leurs revenus annuels, un sommet historique. On ne pourra donc pas compter sur les dépenses de consommation des particuliers pour soutenir l’économie.
Lorsque les ménages se concentrent sur l’abaissement de leur dette, ils ne se lancent pas dans de grandes dépenses. Et si les consommateurs dépensent moins, la demande pour les produits manufacturés subit une baisse, nos entreprises produisent moins, font moins de profits et mettent à pied des travailleurs. C’est un cercle vicieux.
Il y a de l’espoir
Alors que plusieurs secteurs de notre économie en arrachent, il existe pourtant des entreprises qui connaissent une croissance importante. Récemment, Comact décrochait le plus important contrat de son histoire, ce qui faisait passer son carnet de commandes à 71 M $. Les travailleurs de cette entreprise ont du pain sur la planche jusqu’en juin prochain et il faudra même en embaucher d’autres.
Je connais des entreprises dont la croissance est ralentie parce qu’elles peinent à trouver du personnel qualifié. Et, sur les murs de plusieurs usines de notre région, on peut voir des bannières «Nous embauchons». Selon le secteur d’activités dans lequel elles œuvrent, selon la valeur ajoutée de leurs produits, des entreprises connaissent passablement de succès.
Dans ces cas, on constate que les dirigeants ont su investir pour accroître leur productivité et améliorer leur gamme de produits, passant de la première transformation à la seconde et même à la troisième. Si l’on se contente de scier du bois pour en faire des 2 X 4, l’avenir est inquiétant. Si l’on choisit plutôt de transformer les matières premières en produits finis à valeur ajoutée, on risque d’être en mesure de sa tailler une place sur les marchés mondiaux.
Qu’on le veuille ou non, l’économie mondiale est en profonde transformation. Si l’on se contente de regarder passer la parade en espérant que les choses reprendront comme avant, on se prépare à un réveil brutal.
Même lorsque l’économie se contracte, il y a toujours de l’activité et ce sont les meilleurs qui passent à travers. N’agissez pas comme les politiciens en regardant dans votre rétroviseur; fixez plutôt le pare-brise et sachez contourner les obstacles.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux entrepreneurs beaucerons : «Si vous n’investissez pas dans le futur aujourd’hui, il risque de ne pas y avoir de futur.» Laurent Beaudoin, Bombardier.