Un peu d’histoire
Les souverainistes actuels devraient s’inspirer de l’histoire du PQ. À la fin des années 60, trois formations prônaient la souveraineté du Québec : le Mouvement Souveraineté-Association (MSA) de René Lévesque, le Rassemblement National (RN) de Gilles Grégoire et le Rassemblement pour l’Indépendance Nationale (RIN) de Pierre Bourgault.
En seulement quelques mois, les dirigeants de ces trois groupements ont vite compris que s’ils voulaient faire progresser leur cause commune, ils devaient mettre de côté leurs divisions et former un seul et même parti. Cela a donné naissance au Parti Québécois (PQ) qui a ainsi pu faire élire ses premiers députés en 1970 et prendre le pouvoir en 1976.
L’harmonie a duré jusqu’au référendum de 1980. Par la suite, des divisions sont apparues, généralement mises de l’avant par Jacques Parizeau. Ce cher «Monsieur», comme on l’appelait dans certains milieux, n’a pas hésité à poignarder René Lévesque dans le dos. Il a fait de même avec Pierre-Marc Johnson, jusqu’à ce qu’il se retrouve lui même chef du PQ.
Ayant repris le pouvoir, Jacques Parizeau a tenté un deuxième référendum en 1995, référendum qu’il a perdu. Dès le lendemain, en pleine crise d’égo, Jacques Parizeau démissionnait comme Premier ministre et chef du PQ. Lucien Bouchard lui a succédé, mais lui aussi a eu à subir les coups de poignard dans le dos de Parizeau. Écoeuré, Bouchard a démissionné à son tour pour être remplacé par Bernard Landry.
Ce dernier a perdu le pouvoir en 2003 et, peu après, lui aussi en pleine crise d’égo, a démissionné comme chef du PQ parce qu’il n’avait pas eu un vote d’appui assez élevé à son goût de la part des membres du parti.
Parizeau a perdu le référendum et Landry a perdu le pouvoir. Ils devraient donc rentrer dans leurs terres et cesser de vouloir donner des leçons à Pauline Marois. Ils sont très mal placés pour donner des leçons aux autres. Un peu d’humilité de leur part serait grandement bienvenue.
Diviser pour régner
Alors que le PQ voguait en tête des sondages en juin dernier, que les Libéraux de Jean Charest ne cessaient d’être malmenés par les scandales dans la construction et le financement des partis politiques, tout laissait croire que Pauline Marois avait de fortes chances de devenir la première femme Premier ministre du Québec.
Mais cela était sans compter sur les belles-mères Parizeau et Landry qui ne cessaient de jouer dans le dos de Pauline Marois de peur de la voir réussir là où ils avaient eux-mêmes échouer.
Certains députés ont décidé de démissionner, d’autres tentent de former un nouveau mouvement qui pourrait devenir un nouveau parti et, comme résultat, le PQ se retrouve au troisième rang dans les sondages, derrière la Coalition de François Legault et les Libéraux. Quel beau gâchis! Comme travail de sape, difficile de trouver mieux.
Loin d’aider la cause souverainiste, les éternels mécontents du PQ contribuent largement à diviser les efforts. Les souverainistes sont déjà divisés entre le PQ et Québec solidaire. Voilà que l’on parle du Nouveau Mouvement pour le Québec et d’Option Québec. Et, en même temps qu’ils s’entredéchirent sur la place publique, certains, comme le porte-parole du Nouveau Mouvement, Jocelyn Desjardins, osent lancer un appel à l’unité. Franchement, il faut être aveugle ou en fumer du bon.
À les voir évoluer, nous sommes portés à croire que la préoccupation première de ces gens n’est pas de faire la souveraineté, mais plutôt de décider qui pourrait la faire.
Lorsque j’observe la situation actuelle, j’en viens à me demander si les Québécois pourraient un jour être intéressés à faire la souveraineté avec de tels dirigeants. Personnellement, j’ai un sérieux doute, même si je dois vous avouer que j’ai un fort penchant favorable à la souveraineté.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les souverainistes : «Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite.» Henry Ford