Le rôle de l’école
Au cours de la dernière décennie, le rôle de l’école a subi une transformation importante, et je ne tiens pas compte, dans cette chronique, des nombreuses réformes inspirées par les bonzes du ministère de l’Éducation.
Tout au long de leur cheminement entre l’enfance et la vie adulte, les jeunes sont en phase d’apprentissage. Cet apprentissage, il relève de deux secteurs bien précis : l’éducation et l’instruction.
L’éducation concerne la formation de l’esprit, le développement des aptitudes intellectuelles et du sens moral. Pour sa part, l’instruction couvre le volet acquisition des connaissances via l’enseignement reçu.
À mes yeux, l’éducation relève principalement des parents, alors que l’instruction relève surtout de l’école. Cela n’est pas tranché au couteau, à savoir que les parents ne s’occupent que d’éducation et que l’instruction est déléguée entièrement aux enseignants. Malheureusement, aujourd’hui, il y a une forte tendance à vouloir tout confier à l’école.
Malgré les promesses répétées des ministres de l’Éducation qui se succèdent au Québec, on compte toujours plus ou moins 25 étudiants par classe. De plus, suite à l’intégration massive des élèves souffrant de troubles d’apprentissage et/ou de comportement, les enseignants passent parfois plus de temps à faire de la discipline qu’à enseigner véritablement. On a beau leur promettre de l’aide, bien souvent celle-ci n’est pas à la hauteur des besoins. Les enseignants réguliers n’ont pas la formation d’un éducateur spécialisé. Ils ont choisi cette profession pour aider les jeunes à acquérir des connaissances, pas pour gérer des cas parfois lourds.
Malheureusement, il semble que plusieurs personnes ne soient pas en mesure de faire la différence entre éduquer et enseigner et de répartir les rôles et les responsabilités en conséquence.
Retour à la base
Au cours d’une année, un étudiant passe 180 jours à l’école et 185 à la maison. Durant les jours de classe, ce même étudiant passera de cinq à six heures par jour à l’école, en dormira huit, ce qui en laisse 10 avec les parents. Ces données indiquent clairement que c’est dans la famille que les jeunes passent le plus de temps. C’est donc là que ça se passe, que le jeune forme sa personnalité.
Avoir des enfants est une décision qui doit se prendre entre deux adultes consentants. Je comprends très bien que faire un enfant peut donner lieu à de grandes jouissances, mais cela comporte également des responsabilités. Accompagner ce même enfant de l’enfance à l’âge adulte est une lourde responsabilité, laquelle peut être très valorisante, mais elle n’est pas pour autant facile.
Les parents ayant atteint un certain âge, pour ne pas dire un âge certain, disent souvent qu’être père ou mère, c’est pour la vie.
Si l’on désire faire de nos enfants des êtres équilibrés et autonomes, il ne faut pas déléguer cette responsabilité aux autres. Au cours de leur vie, les enfants auront plusieurs amis, croiseront plusieurs personnes susceptibles de les influencer, mais il y a deux personnes qui seront uniques pour eux : papa et maman.
Il est donc tout à fait normal que les parents jouent le rôle de premier plan dans le développement de leurs enfants. Même si la vie d’aujourd’hui est de plus en plus exigeante, les parents qui ont choisi d’avoir des enfants doivent assumer leurs responsabilités.
Aussi compétents que soient les enseignants, on ne peut leur demander de faire des miracles. Certains parents disent ne pas être capables de venir à bout d’un ou deux enfants à la maison; alors, inutile de demander aux enseignants d’en contrôler 25 et plus.
À la veille de la rentrée scolaire j’invite les parents à réfléchir sur le rôle de chacun des intervenants dans la vie de leurs enfants. Si les divers intervenants acceptent et assument leurs rôles et qu’ils apprennent à collaborer, nos jeunes pourront vivre un développement harmonieux.
SVP, permettez-moi de rêver!
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les parents : «Élever un enfant c'est lui apprendre à se passer de nous.» Ernest Legouvé