Des pays en difficulté
Au cours des derniers mois, plusieurs pays ont connu des difficultés financières d’une telle importance que l’on a craint qu’ils se retrouvent en défaut de paiement. C’est le cas des États-Unis, de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande. D’autres pays sont sous observation : la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne qui ont dû mettre en place des mesures radicales dans l’espoir de redresser l’état de leurs finances.
L’entente intervenue au début d’août aux États-Unis a permis d’éviter le pire, mais n’a pas réglé le problème. La solution adoptée, hausser le plafond de la dette, consiste à accroître davantage la dette du pays, laquelle augmente de 4 milliards de dollars par jour. On a évité la crise, mais on a continué de pelleter par en avant.
En Grèce et au Portugal, il aura fallu l’intervention de tous les pays européens utilisant l’Euro comme devise pour éviter une faillite. Là aussi, on n’a rien réglé. On se contente de repousser les échéances. Un jour ou l’autre, il faudra bien faire face à la réalité et comprendre qu’il y a une limite à dépenser sans compter. L’élastique est étiré jusqu’au bout et, si l’on ne corrige pas vraiment la situation, il risque tout simplement de nous péter en plein visage.
Nombreux impacts
Si plusieurs sont portés à penser que cela ne nous regarde pas; ils sont dans l’erreur.
Pour remettre un peu d’ordre dans leurs finances, les dirigeants politiques n’ont pas le choix et devront apprendre à ajuster leurs dépenses à leurs revenus. Au Canada et au Québec, même si la situation n’est pas aussi périlleuse qu’ailleurs dans le monde, nos dirigeants devront revenir à des budgets équilibrés.
Les dirigeants gouvernementaux n’ont que deux options : réduire les dépenses et/ou augmenter les revenus. Généralement, on fait un peu des deux.
Lorsque les États diminuent leurs dépenses, cela veut dire qu’ils coupent dans certains programmes et qu’ils mettent à pied des employés. Moins de dépenses publiques signifie moins d’activités économiques.
Par contre, lorsqu’ils optent pour accroître leurs revenus, cela veut dire une augmentation des impôts, des taxes et des tarifs. Plus de revenus implique que les entreprises et les contribuables versent plus d’argent aux gouvernements, donc ils disposent de moins d’argent pour investir et consommer. Cela finira par ralentir l’économie et à apporter encore moins de revenus à l’État. C’est un cercle vicieux. Pas besoin d’un doctorat en économie pour comprendre cela!
Nouvel ordre mondial
L’économie de la planète subit présentement une importante transformation. La croissance globale mondiale ne provient plus des puissances comme les États-Unis, l’Europe et le Japon. Lentement, mais sûrement, ces puissances sont remplacées par des pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil.
Pour le Canada, cela n’est pas très encourageant puisque plus de 70 % de nos exportations prennent la route des États-Unis. Une mauvaise nouvelle économique concernant notre voisin du sud n’est jamais bonne pour nous.
Qu’ils le veuillent ou non, les dirigeants politiques mondiaux devront cesser d’appliquer les mêmes vieilles solutions à des problèmes nouveaux. Le laxisme dont ils ont fait preuve au cours des dernières décennies ne peut plus durer.
À titre de contribuables, nous seront tous affectés par les mesures que devront adopter les dirigeants politiques. Ou bien ça fait mal tout de suite et ça durera moins longtemps; ou bien on continue de s’enliser et l’on risque une catastrophe encore plus importante qui hypothéquera notre avenir et celui des générations qui suivront. Comme le chantait Elvis, «It’s now or never.»
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux chefs d’États du monde : «Avoir les poches vides n’empêche personne d’agir. Une tête et un cœur vide, si.» Norman Vincent Peale