Nouveau sommet
En 2010, le monde comptait 10,9 millions de millionnaires. Il s’agit d’un nouveau sommet. Lors de la crise économique qui a frappé la planète en 2008, le nombre de millionnaires avait grandement diminué. Mais, deux ans plus tard, le terrain perdu a été totalement regagné, même davantage.
Comme vous vous en doutez sans doute, c’est aux États-Unis que l’on retrouve le plus fort nombre de millionnaires, soit 3,1 millions. Suivent le Japon, l’Allemagne qui forment le podium des champions.
Pour sa part, le Canada compte 282 300 millionnaires, ce qui le classe au septième rang. De 2008 à 2010, le nombre de millionnaires canadiens a augmenté de 32 %, ce qui n’est pas négligeable.
Depuis quelques années, les pays qui connaissent la plus forte croissance du nombre de leurs millionnaires sont les pays de la région Asie-Pacifique, notamment la Chine qui pourrait même ravir le premier rang aux États-Unis d’ici peu.
Notre rapport avec l’argent
Alors que, presque partout dans le monde, la croissance du nombre de millionnaires est considérée comme une très bonne nouvelle, au Québec, cela éveille les soupçons. C’est à croire que le fait d’être riche au Québec est une tare. À preuve, je me surprends toujours d’entendre les commentaires moqueurs sur la fortune de Pauline Marois. Comme si son époux et elle avaient volé cet argent gagné en majeure partie dans le monde de l’immobilier.
À voir le nombre de politiciens qui arrivent au pouvoir sans fortune et qui en ressortent grassement enrichis, il est à se demander si on ne devrait finalement pas élire un politicien déjà riche. Il aura peut-être moins la tentation de piger dans l’auge.
Je suis conscient qu’il y a des riches «verreux» qui ont accumulé une fortune en flouant les autres, mais vouloir les mettre tous dans le même panier n’est pas la bonne solution. Cet étrange rapport que nous avons avec l’argent provient probablement de notre éducation judéo-chrétienne qui nous enseignait qu’il sera plus difficile à un riche d’entrer dans le royaume des Cieux qu’à un éléphant de passer dans le chas d’une aiguille. Pour plusieurs, le profit est encore péché.
Mais il ne faudrait pas oublier que les riches utilisent souvent leur argent pour fonder des entreprises, consommer, contribuer à des levées de fonds et ainsi de suite, ce qui résulte généralement en création d’emplois. Une société qui ne compterait que des pauvres ne serait pas appelée à un très brillant avenir.
Et vous?
Contrairement à ce que vous pensez, vous avez de bonnes chances de devenir millionnaire un jour. Les travailleurs qui ont un emploi assorti d’un programme de retraite basé sur une rente représentant 70 % du meilleur salaire des cinq dernières années sont probablement assis sur un million de dollars.
Si votre salaire des cinq dernières années était de 60 000 $, une pension de 70 % de ce montant vous garantit une rente annuelle de 42 000 $. Si vous prenez votre retraite à 55 ans et que vous vivez jusqu’à 80 ans, comme le veut l’espérance de vie, vous aurez retiré 1 050 000 $. Voilà, vous êtes donc millionnaires. Et cela sans compter la RRQ et la Sécurité de vieillesse.
Finalement, c’est devenu tellement commun d’être millionnaire que, désormais, on ne peut même plus s’en vanter. Aujourd’hui, pour émerger de la masse, il faut être au moins multi-millionnaire ou, encore mieux, milliardaire. Mais pour joindre ce nouveau club, il vous faudra peut-être retarder quelque peu l’âge de la retraite. Bonne chance quand même!
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les millionnaires en puissance : «Personne n’accepte de conseils; mais tout le monde acceptera de l’argent : donc l’argent vaut mieux que les conseils.» Johathan Swift