Haut niveau d’endettement
La dette moyenne d’une famille canadienne se situe à 119 000 $. La dette totale représente 148 % des revenus annuels d’une famille. Les deux-tiers de cette dette proviennent d’une hypothèque, ce qui, en soi, n’est pas nécessairement une mauvaise dette, car, à long terme, une propriété devrait prendre de la valeur.
Cependant, il faut avoir acheté une maison que l’on est en mesure de se payer. Nous savons tous que le prix des propriétés s’est grandement accru au cours des dernières années. De plus, le prix d’achat n’est qu’un élément du coût réel d’une propriété. Il faut y ajouter les taxes, les assurances, l’entretien, etc. Et si, pour faire les paiements, on compte sur les salaires des deux membres du couple, il ne faudrait pas que l’un des deux perde son emploi ou décide tout simplement de quitter le foyer.
Présentement, les taux d’intérêt sont relativement bas. Mais il faut être conscient que cela ne durera pas éternellement. Qu’arrivera-t-il lorsque les taux d’intérêt se mettront à monter? Plusieurs jeunes familles risqueront fort de se retrouver dans une situation précaire.
À part l’hypothèque, une partie importante de la dette des familles canadiennes provient de la consommation courante, laquelle se retrouve trop souvent sur des cartes de crédit. Quand on pense que 22 % des détenteurs de cartes de crédit se contentent de ne payer que le minimum requis par mois, on comprend vite que cela coûte une fortune. En effet, les taux d’intérêt exigés par les compagnies émettrices de cartes de crédit avoisinent un minimum de 20 % par année. Ça fait peur.
Et les revenus?
Pour payer ses dettes, il faut compter sur des revenus adéquats. Au Canada, le revenu hebdomadaire moyen est de 870 $, soit 45 240 $ par année. Au Québec, on doit se contenter d’un revenu de 791 $ par semaine pour un total annuel de
41 132 $. Au cours des dernières années, la dette des familles a cru plus rapidement que les salaires. À la longue, il y a là une menace importante.
Il n’est donc pas surprenant que les consommateurs se disent essoufflés. Quand on pense que notre économie repose à près de 70 % sur la consommation des ménages, il est facile de comprendre pourquoi la reprise est plutôt lente. Surtout que 35 % des ménages avouent ne disposer d’aucun coussin financier advenant un problème. C’est une situation fort précaire pour ces familles.
Depuis quelques années, le crédit est devenu de plus en plus facile. Les compagnies émettrices de cartes de crédit fournissent des cartes à n’importe qui, même aux étudiants qui n’ont pas encore d’emploi. Les grands magasins, pour leur part, offrent la possibilité de retarder d’un an et plus le paiement d’un bien, comme si on ne devait jamais payer. Quant aux banques, elles n’hésitent pas à offrir des marges de crédit qui, une fois de plus, repoussent les paiements.
Les consommateurs qui savent utiliser ces outils intelligemment peuvent y trouver leur profit, mais, pour plusieurs, ces outils se transforment en tentations auxquelles il devient parfois difficile de résister.
Malheureusement, les consommateurs d’aujourd’hui donnent l’impression de vouloir tout immédiatement. On dirait qu’il n’y a plus de place pour le désir. Au lieu d’épargner pour se procurer un bien que l’on paiera au comptant, on préfère l’acquérir tout de suite, quitte à payer plus cher en reportant les paiements. À la longue, c’est un choix qui finit par coûter cher.
Le consommateur qui est en mesure de payer comptant jouit d’un pouvoir de négociation intéressant, pouvoir qui lui permet souvent de payer un peu moins cher. Pourquoi gaspillerait-on ce précieux avantage?
En planifiant vos vacances, organisez-vous pour que, au retour, la peine ne l’emporte pas sur le plaisir lorsque vous recevrez votre compte de carte de crédit.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les consommateurs : «Dans la vie, ce n’est pas ce que tu gagnes qui importe, mais plutôt ce que tu dépenses.»