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Mémoire courte
 

Suite à ma chronique de la semaine dernière intitulée «Ça me fait ch…», des lecteurs m’ont demandé pourquoi je n’avais pas inclus la météo comme sujet de «chialage».

C’est pourtant simple! Nous n’avons aucun contrôle sur la température. Qu’il fasse chaud ou froid, qu’il pleuve ou qu’il neige, nous n’y pouvons rien. On doit accepter ce que Mère Nature nous envoie et en tirer profit.

La canicule
Au moment d’écrire ces lignes, nous subissons une canicule qui fait osciller le mercure dans les 30 degrés Celsius. Et comme si cela n’était pas suffisant, on ajoute le facteur «humidex» pour établir une température ressentie qui dépasse les 40 degrés.

Ce qui me surprend à chaque fois que ce phénomène se produit, c’est de constater que les personnes qui se lamentent le plus de la chaleur sont les mêmes qui rouspétaient lors des chutes de neige record du mois de mars dernier et lors des pluies abondantes du mois de mai. Il a suffi de seulement trois ou quatre mois pour oublier toutes vos lamentations. C’est à croire que l’Alzheimer vous guette.

Je comprends que les extrêmes sont toujours désagréables, mais sachez que le balancier ne s’arrête jamais en plein centre; il se promène allègrement d’un extrême à l’autre et c’est à nous d’apprendre à vivre avec ce phénomène. De toute façon, la canicule ne dure généralement que quelques jours. Aussitôt venue, aussitôt repartie, chassée par des orages parfois violents.

En région, nous sommes chanceux, surtout lorsque nous comparons notre sort aux résidants des grandes villes. La canicule en Beauce, où il y a de l’espace et où l’air circule, est pas mal plus facile à supporter que dans un petit trois et demi au quatrième étage d’un édifice à logements dans le centre-ville de Montréal.

De plus, nous disposons d’une foule de lacs et de piscines publiques où l’on peut toujours aller faire trempette. On peut aussi en profiter pour visiter des amis qui, comme par hasard, disposent d’une piscine. La canicule est une belle occasion pour renouer contact. Enfin, si l’on n’a pas d’amis, on peut toujours utiliser le bon vieux boyau d’arrosage comme on faisait dans le temps.

Des masochistes
Pendant que l’on se plaint de la température trop chaude, il y a des milliers de Québécoises qui choisissent d’aller passer leurs vacances en Floride ou à Cuba en juillet et en août.

En été, dans ces régions, c’est la canicule permanente. Le thermomètre flirte avec les 40 degrés Celsius et le taux d’humidité se tient à près de 100 %. On prend sa douche le matin et on ne sèche pas de la journée, à moins de passer tout son temps à l’intérieur, à l’air climatisé. Et dire qu’il y a des gens qui sont prêts à payer pour ça. Ça frise le masochisme! Je dois vous avouer que l’être humain est parfois difficile à comprendre.

Des heureux et des vulnérables
Si la canicule fait des malheureux, on oublie souvent qu’elle fait aussi des heureux. Les fabricants de crème glacée, de bière, les embouteilleurs d’eau, les propriétaires de terrasses, les vendeurs de piscine et les dépanneurs sont parmi ceux qui profitent de la chaude température. Finalement, ça contribue à faire tourner l’économie.

Mais, il ne faut pas oublier des catégories de personnes vulnérables. Les personnes âgées sont généralement fortement indisposées par la chaleur caniculaire. À chaque année, au Québec seulement, une centaine de personnes âgées succombent à la chaleur. Les personnes âgées qui vivent seules sont encore plus vulnérables.

Il y a aussi des malades hospitalisés dans des chambres qui ne jouissent pas de l’air climatisé dont bénéficient les dirigeants de ces mêmes hôpitaux qui ont pris soin de climatiser leurs bureaux.

Encouragez vous en vous disant que, dans à peine cinq mois, il aura recommencé à neiger et vous aurez trouvé un autre occasion de chialer après la Mère Nature qui, année après année, nous fait vivre des écarts de température considérables. De -30 à +30, aussi bien être fait fort!

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les vacanciers qui ne se fient pas sur la météo pour jouir de leurs vacances : «Le bonheur, l’amour ou la chance sont des oiseaux qui nous visiteront plus facilement si l’on a su leur préparer un nid.» Jean-Louis Servant-Schreibe

 
 
Lien permanent | Commentaires (0) | Publié le juillet 27, 2011 7:18 AM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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