Le prix de l’essence
Le prix de l’essence que nous payons à la pompe est le résultat de plusieurs composantes. Il y a d’abord le prix du pétrole brut fixé en dollar américains par le marché mondial. On nous dit que ce prix est déterminé selon la loi de l’offre et de la demande, mais j’en doute fort.
Il faut savoir qu’il existe, à l’échelle mondiale, un cartel du pétrole, composé des principaux pays producteurs, dont le mandat est de fixer la quantité du pétrole extraite du sous-sol de la planète et d’en fixer le prix. Aucune autre industrie n’a le droit de procéder ainsi dans le monde. Au cours de la dernière année, le prix du baril de pétrole brut a augmenté de 39 %.
Un autre élément influençant le prix du pétrole est la marge de raffinage. C’est ce qu’il en coûte aux raffineries pour transformer le pétrole brut en produits finis comme l’essence, le diésel, le mazout, etc. Généralement, les raffineries sont la propriété des grandes pétrolières. Il faut aussi ajouter le coût du transport pour amener l’essence de la raffinerie à votre station-service. Jusque là, ces prix sont contrôlés par l’industrie pétrolière.
Les taxes
Le deuxième élément en importance, inclus dans le prix de l’essence, est formé par les taxes fédérales et provinciales. Là, ce sont les Gouvernements qui décident.
Pour chaque litre d’essence que vous payez, il y a une taxe d’accise fédérale fixe de 0,10 $ par litre, à laquelle s’ajoute une taxe québécoise fixe de 0,162 $ par litre. Comme si cela n’était pas suffisant, nos bons Gouvernements ajoutent la TPS de
5 % et la TVQ de 8,5 % sur toutes les composantes. On paie donc des taxes sur les taxes.
Au Québec, il y a même une taxe spéciale de 0,015 $ par litre dans le Grand Montréal, taxe versée pour le financement du transport en commun. Cette taxe pourrait bientôt être doublée. De plus, le Gouvernement du Québec a déjà prévu, dans son budget de 2010, que la taxe sur l’essence sera haussée de 0,01 $ par litre à tous les 1er avril jusqu’en 2013.
À chaque fois que le litre d’essence augmente, les Gouvernements retirent plus d’argent via les diverses taxes. Ils sont donc bien heureux d’engranger tous ces revenus. Alors, quand on menace les pétrolières d’intervenir, ne vous méprenez pas; ce n’est que du théâtre pour calmer quelque peu la grogne populaire.
Les pétrolières
Cinq grandes entreprises dominent l’industrie pétrolière mondiale : ExxonMobil, Shell, BP, Chevron et ConocoPhillips. Au cours du premier trimestre de 2011, ces cinq pétrolières ont réalisé des bénéfices nets de 35,75 milliards de dollars. Cela représente des profits de 397 millions de dollars par jour. En 2002, ces cinq pétrolières avaient réalisé des profits nets de 29 milliards de dollars en un an. On fait maintenant plus de profits en un trimestre que l’on en faisait en un an en 2002.
Malgré cette forte profitabilité, les pétrolières bénéficient de subventions ou d’avantages fiscaux de plusieurs milliards de dollars des Gouvernements.
Comme vous pouvez le constater, les pétrolières et les Gouvernements s’abreuvent à la même source : le portefeuille des contribuables. Ne vous attendez donc pas à des miracles lorsque les parlementaires questionneront les dirigeants des pétrolières dans quelques semaines.
Au cours de la dernière année, l’augmentation de l’essence à la pompe a représenté un déboursé supplémentaire de 1 000 $ pour les consommateurs. C’est autant d’argent que ces consommateurs ne peuvent dépenser ailleurs, ralentissant ainsi la relance de l’économie. Pour plusieurs familles, on doit rogner sur d’autres dépenses vitales comme la nourriture et le vêtement pour compenser. C’est tout simplement indécent!
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à nos dirigeants politiques qui font semblant de s’en prendre aux pétrolières : «On domine plus facilement les peuples en excitant leurs passions qu’en s’occupant de leurs intérêts.» Gustave Lebon