Folies de jeunesse
J’ai été très touché par les propos de la mère de l’une des victimes qui disait qu’elle se préparait à accompagner sa fille à son bal de graduation et non pas à ses funérailles. Ça nous prend toujours au cœur de voir mourir des jeunes qui sont encore à l’aube d’une vie prometteuse.
Pour plusieurs, une telle tragédie est l’occasion de critiquer la jeunesse d’aujourd’hui. On l’accuse de tous les maux, on l’accable de reproches et il s’en trouve même quelques imbéciles pour dire que les jeunes victimes n’ont eu que ce qu’elles méritaient.
Personnellement, dans une telle situation, avant d’accuser qui que ce soit, je me rappelle une phrase d’un Évangile de je ne sais plus quel évangéliste qui disait à peu près ceci : que celui qui n’a pas péché lui lance la première pierre.
Lorsque nous étions jeunes, il nous est tous arrivé de conduire après avoir consommé un peu trop de boisson. Nous avons tous fait quelques excès de vitesse au volant, histoire d’impressionner nos amis. Si nous sommes encore de ce monde pour en témoigner, c’est, bien souvent, tout simplement parce que nous avons eu plus de chance.
Je comprends très bien le fait que nos jeunes ne sont pas obligés de répéter nos erreurs, mais, la jeunesse étant ce qu’elle est, il arrive à chacun et chacune de se livrer à des activités risquées. C’est précisément pour des cas comme ceux-là que l’expression «folies de jeunesse» existe. Quand on évalue mal les risques, quand on se croit un peu trop invulnérable, il nous arrive de poser des gestes que l’on pourrait regretter. Dans la très grande majorité des cas, une bêtise demeure sans impact majeur. Mais il arrive des cas où l’incartade connaît une fin tragique.
Jeunes conducteurs
S’il ne sert à rien de s’acharner sur les jeunes victimes d’un accident déjà suffisamment éprouvés, il nous faut songer à sensibiliser les jeunes conducteurs. Les conducteurs de moins de 24 ans ne représentent que 10 % de tous les conducteurs au Québec, mais ils sont impliqués dans 25 % des accidents avec dommages corporels. C’est là une statistique qui en dit long.
On pourra toujours resserrer les mesures punitives, cela n’éliminera jamais tous les risques. Personnellement, j’attendrais à 18 ans pour donner un permis de conduire. Ce n’est pas une question d’habileté, mais de maturité ou plutôt de manque de maturité.
Dans la grande majorité des accidents mortels impliquant de jeunes conducteurs, la raison est souvent la perte de contrôle du véhicule dans une courbe, cela même lorsque l’alcool n’est pas en cause. Cela est très révélateur.
Il nous faut cependant reconnaître que le risque zéro n’existe pas. On aura beau mettre en place toutes les mesures préventives imaginables, malheureusement, des jeunes continueront de mourir sur nos routes. Ce n’est cependant pas une raison pour ne rien faire.
Supporter les familles
Lorsqu’un drame comme celui que nous avons connu dernièrement survient, il nous reste à éviter les propos incendiaires et à supporter les familles frappées par une telle tragédie.
Les deux familles qui ont vu disparaître leurs belles jeunes filles éprouveront beaucoup de difficulté à vivre leur deuil. J’ose espérer qu’ils pourront compter sur le support de leurs proches. Ces familles ont la chance de vivre en région, dans une municipalité de moyenne envergure, où les contacts humains sont nombreux. Cela devrait leur permettre de retrouver une certaine chaleur dont ils auront grand besoin.
Mais il y a quelqu’un qui aura également grandement besoin de support; il s’agit du jeune conducteur qui a survécu à cet accident qui a coûté la vie à ses deux amies.
Pour lui et les membres de sa famille, le fait de vivre dans un petit milieu pourrait vite devenir un cauchemar. Je considère qu’il est déjà gravement puni et les procédures judiciaires auxquelles il risque d’être soumis ne feront que le punir davantage. De grâce, ne nous acharnons pas sur lui!
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les jeunes de notre région : «La jeunesse est un défaut qui se corrige en vieillissant.»