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Appelés aux urnes pour la quatrième fois en sept ans, les électeurs canadiens ont clairement démontré qu’ils en avaient assez de jouer aux élections. Ils se sont même payés le luxe de donner toute une leçon aux libéraux et aux bloquistes.

Deux gagnants

Stephen Harper se retrouve aux commandes d’un gouvernement majoritaire, réalisant ainsi un rêve. Avec 167 députés, il dispose d’une marge de manœuvre suffisante pour mettre en application son programme.

Cependant, le Premier ministre devra tenir compte du fait que, s’il dispose d’une majorité de députés, il ne bénéficie pas d’une majorité de votes. En obtenant 40 % des votes exprimés, cela signifie que 6 électeurs sur 10 n’ont pas appuyé les Conservateurs. Cela n’enlève rien à la légitimité de la victoire conservatrice.

Au lendemain de l’élection, Stephen Harper déclarait : «Nous allons gouverner pour tous les Canadiens, même ceux et celles qui n’ont pas voté pour nous.» Espérons que le Premier ministre élu saura se souvenir de cette déclaration et qu’il mettra de côté l’arrogance dont il a fait preuve pendant ses années à la direction d’un gouvernement minoritaire.

L’autre grand gagnant du dernier scrutin est Jack Layton, le chef du NPD, qui se retrouve dans le fauteuil du chef de l’opposition. Celle-là, personne ne l’avait vu venir. Tout un défi attend le chef néo-démocrate.

D’abord, les 58 députés NPD en provenance du Québec représentent la majorité du caucus néo-démocrate. Jack Layton devra tenir compte des revendications du Québec, sans indisposer le reste du Canada.

De plus, les nouveaux élus du NPD n’ont pratiquement aucune expérience politique, mais, contrairement à ce que les médias ont tenté de nous faire croire, ce ne sont pas tous des poteaux. Il y a, parmi ces nouveaux-venus, des gens qui jouissent d’une formation académique intéressante et qui sauront apporter des idées neuves aux Communes, ce qui pourrait être fort bénéfique.

Il n’existe pas de cours de Député 101 et les nouveaux élus d’aujourd’hui ne sont pas pires que les nouveaux élus des précédents gouvernements. Et n’oublions pas que la jeunesse est un défaut qui se corrige en vieillissant.

Les Conservateurs et les néo-démocrates ont quatre ans devant eux, ce qui leur sera amplement suffisant pour nous démontrer s’ils méritaient notre confiance.

Deux perdants
Vous aurez facilement deviné que je fais référence aux Libéraux et aux Bloquistes.

Les Libéraux et Michael Ignatieff ont subi une humiliante défaite. Avec seulement 34 députés, jamais le parti libéral n’a connu un tel résultat depuis 1867. Ce parti a dirigé le Canada durant la grande majorité du 20e siècle.

Son nouveau chef, Michael Ignatieff, le troisième depuis le départ de Jean Chrétien en 2003, n’est pas parvenu à redonner aux Libéraux leurs lettres de noblesse perdus suite à des luttes fratricides et, surtout, suite au scandale des commandites.

Du côté du Bloc québécois, la gifle fera mal encore longtemps. Avec un chef battu et seulement quatre députés, le BQ perd son statut de parti reconnu aux Communes et il ne faudra pas compter sur les autres partis pour lui faire un cadeau. Dans ce cas, on est à même de se demander si le parti n’a pas finalement atteint son point de non-retour. Les Québécois ont clairement indiqué que ce n’est plus aux bloquistes que l’on souhaite faire confiance pour défendre leurs intérêts à Ottawa.

Ceux qui n’hésitent pas à enterrer Libéraux et Bloquistes immédiatement devraient se rappeler qu’au lendemain des élections de 1993, les Conservateurs se retrouvaient avec seulement deux députés à l’échelle du Canada. En 2006, après seulement 13 ans, les Conservateurs ont repris le pouvoir et ils y demeureront au moins jusqu’en 2015.

En Beauce
Même s’il a perdu 5 081 votes et que sa majorité a diminué de 13 787 voix, Maxime Bernier a remporté une victoire décisive, résistant au tsunami néo-démocrate.

Dans son cas, la seule question qui demeure concerne un éventuel retour au Cabinet comme ministre. Avec seulement six députés au Québec, peut-être cinq suite à un recomptage, Stephen Harper démontrerait qu’il n’a pas encore pardonné les erreurs de sa jeune recrue de 2006 en lui fermant la porte du Cabinet.

La pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux députés fédéraux élus ou réélus: «Pour faire des changements, il faut être au pouvoir, mais pour rester au pouvoir, il ne faut pas faire trop de changements.» Stéphane Laporte

 
 
Lien permanent | Commentaires (0) | Publié le mai 11, 2011 7:53 AM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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