Des chiffres qui parlent
Pour comprendre encore mieux l’importance de l’eau pour les humains que nous sommes, permettez-moi de vous livrer quelques données qui en disent long. Ces données sont fournies en gallons américains pour des fins de comparaison à l’échelle mondiale. Rappelons qu’un gallon américain équivaut à 3,8 litres.
L’eau couvre 71 % de la surface de la planète. Dans une proportion de 97,5 %, cette eau est salée, ce qui ne laisse que 2,5 % d’eau douce. Or, les deux tiers de cette eau douce se retrouve sous la forme de glaciers ou de neige éternelle. Il ne reste donc qu’un faible 0,8 % de toute l’eau de la planète pour combler nos besoins.
J’ai été surpris d’apprendre que 70 % de l’eau utilisée est destinée à l’agriculture, 20 % sert à l’industrie et à peine 10 % sert à satisfaire nos besoins.
Présentement, 1,2 milliard d’humains n’ont pas accès à l’eau potable. Ils doivent marcher en moyenne 3,7 km quotidiennement pour s’approvisionner. Au Québec, alors que nous ne comptons que pour 0,1 % de la population du globe, nous disposons de 2 % des réserves d’eau douce de la terre. Pour nous, l’eau est une ressource abondante et personne n’oserait croire que l’on puisse en manquer un jour. Et pourtant…
La consommation
Les Nord-Américains, dont nous faisons partie, utilisent environ 100 gallons d’eau par jour. Nous sommes les plus gros consommateurs d’eau potable. À l’autre extrémité, les habitants des pays pauvres arrivent à vivre quotidiennement avec cinq gallons d’eau.
Mais que faisons-nous de toute cette eau? Bien sûr nous la buvons, nous l’utilisons pour nous laver, pour évacuer nos résidus organiques (pipi et caca), mais nous l’utilisons surtout pour produire des biens divers. Saviez-vous qu’il faut 1 857 gallons d’eau pour produire une livre de bœuf, 2 900 gallons pour une paire de jeans, 2 800 gallons pour un drap de coton, 766 gallons pour un tee-shirt? Je pourrais vous donner une foule d’autres exemples du genre, mais la conclusion serait la même : jamais je n’aurais pensé qu’il fallait tant d’eau pour produire tel bien.
Jusqu’à date, la ressource n’a pas fait défaut en Occident. Pourtant, des indications bien documentées devraient nous amener à nous interroger. Des recherches ont permis de constater qu’au Kansas, (ce n’est pas très loin de chez nous) en 1950, pour s’approvisionner en eau naturelle, on devait creuser jusqu’à 100 pieds pour atteindre la nappe phréatique. En 2007, dernière statistique disponible, il faut maintenant creuser jusqu’à 230 pieds. Jusqu’où devra-t-on creuser dans 20 ans?
En Beauce
Depuis le temps que l’on consomme de l’eau sans trop nous soucier de sa provenance, on en est venu à considérer cette ressource comme gratuite. Ce n’est pourtant pas le cas. À Ville de Saint-Georges, le budget alloué à la consommation annuelle de l’eau courante s’élève à 2 450 000 $ pour le traitement, la distribution et l’entretien du réseau. Cela sans compter les frais de financement pour la construction des infrastructures.
Collectivement, nous consommons environ 2,7 millions de gallons d’eau par jour. Ce n’est pas exagéré, mais c’est encore trop quand je vois des gens, à chaque printemps, arroser leur tas de neige pour le faire fondre plus rapidement ou encore pour laver leur entrée de cour. Quel gaspillage éhonté!
D’ici 2017, le Gouvernement du Québec veut réduire de 20 % la consommation d’eau. L’objectif ne sera pas facile à atteindre parce que les gens sont peu ou pas sensibilisés à la préservation de cette ressource. De plus, nos dirigeants permettent à des entreprises de pomper l’eau pour l’embouteiller et la revendre à l’étranger sans avoir à payer une ristourne comme on le fait pour le pétrole en Alberta. Voilà une belle façon de dilapider une ressource sans en retirer le moindre bénéfice.
Nota bene
Cette chronique devant être rédigée au plus tard le lundi matin, mes commentaires sur l’élection fédérale de lundi vous seront livrés dans l’édition de la semaine prochaine. Vous ne perdez rien pour attendre.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les consommateurs d’eau : «C’est quand le puits est à sec que l’eau devient richesse.»