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Desjardins, pas une banque?
 

La fermeture des guichets automatiques de Desjardins au Carrefour St-Georges soulève la grogne chez plusieurs membres de cette institution financière.

Si j’en crois les propos du directeur général de cette institution, Pierre Morissette, avec qui j’ai eu une discussion, ce n’est qu’une question de temps avant que ne disparaissent les guichets automatiques du Centre hospitalier de St-Georges et du Cégep Beauce-Appalaches.

Pas rentable
La raison qui motive cette décision est simple : ces guichets ne sont pas rentables. Sur les 24 guichets automatiques que possédait la Caisse du Sud de la Chaudière, seulement quatre étaient situés à l’extérieur des Caisses. Selon M. Morissette, l’exploitation de ces guichets coûte quelque 75 000 $ par année et on ne voit pas le jour où l’on parviendra à les rentabiliser. C’est pourquoi on a décidé de les éliminer.

Les guichets automatiques situés dans les Caisses sont beaucoup moins coûteux, car il n’y a pas de frais de location et de remplissage à payer. Cela est fait par le personnel de la Caisse.

Au sujet des guichets automatiques du Carrefour St-Georges, M. Morissette explique que le changement est minime pour les membres puisque l’édifice de la Caisse à St-Georges n’est situé qu’à 1,4 km du Carrefour. Ce n’est donc pas un long détour. Les dirigeants sont conscients que ce changement dérange, mais ils estiment qu’il s’agit d’un dérangement mineur.

M. Morissette ajoute que l’utilisation des services des institutions financières a beaucoup changé au cours des dernières années. Aujourd’hui, 71 % des membres de la Caisse du Sud de la Chaudière utilisent les services téléphoniques et Internet disponibles via AccèsD et à peine 20 % des membres possède encore un livret. De plus, avec les cartes de débit, il est facile d’obtenir de l’argent auprès d’un grand nombre de commerces de la région. Le directeur général conclut ainsi : «Il faudra apprendre comment travailler différemment.»

Différenciation
Depuis quelques années, Desjardins insiste pour dire qu’elle n’est pas une banque. Mais, en même temps, les propos de ses dirigeants, faisant constamment référence à l’importance de la rentabilité, nous laissent songeurs. De plus, en comparant constamment ses résultats à ceux des grandes banques, on semble oublier que la mission d’une banque et celle d’une coopérative diffèrent grandement.

Alors qu’une banque vise à faire des profits au bénéfice de ses actionnaires, une coopérative est au service de ses membres. Je comprends très bien que les deux institutions doivent réaliser des profits pour assurer leur survie, mais le profit n’est pas le but premier d’une institution coopérative. C’est un moyen pour assurer la prestation de services aux membres.

Par rapport aux banques, Desjardins se distingue particulièrement de deux façons : le versement de ristournes aux membres et l’implication dans le milieu. Au lieu de verser des dividendes seulement aux actionnaires comme le font les banques, les Caisses offrent une ristourne à l’ensemble de leurs membres. De plus, les organismes du milieu savent que les Caisses contribuent très largement au financement de plusieurs projets dans nos communautés, contrairement aux banques qui ne sont pas très présentes dans les régions.

Au cours des dernières années, les membres des Caisses de notre région ont suivi leurs dirigeants dans un mouvement de fusions permettant d’offrir à l’ensemble de la population beauceronne une gamme de services communs, cela peu importe la grosseur de chacune des Caisses. Lors de ces fusions, les membres se sont fait répéter «ad nauseam» que l’ensemble des services serait maintenu. Je comprends très bien que la réalité économique subit des transformations et que les Caisses doivent s’adapter, mais il ne faudrait pas oublier les promesses faites.

Dans certaines régions, notamment en Montérégie, à la Caisse des Moissons, la grogne des membres a forcé les dirigeants à revenir sur leur décision de fermer des guichets automatiques. La volonté des membres a primé sur la décision des dirigeants et sur des considérations de rentabilité. On a accepté que les profits soient un peu moins élevés pour maintenir des services de proximité aux membres.

C’est là la force d’une coopérative. Il appartient aux membres d’intervenir s’ils ne sont pas satisfaits. Ceux de la Caisse du Sud de la Chaudière auront l’occasion de s'exprimer bientôt lors d'une assemblée publique.

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux dirigeants de la Caisse du Sud de la Chaudière : «L’argent est un bon serviteur, mais un bien mauvais maître.» Horace

 
 
Lien permanent | Commentaires (2) | Publié le mai 17, 2011 11:50 PM

Le service ? On repassera !

Après plusieurs années d'absence de la région, j'ai pu goûter à la médecine de la caisse de Saint-Georges et au service supérieur de la Banque de Montréal, à Saint-Georges.

Suite à la perte d'une carte de guichet automatique vieille d'environ 10 ans, ma mère, hospitalisée au Centre Hospitalier de Saint-Georges, m'a demandé d'appeler la caisse, de sa chambre, et on a refusé de lui parler, à elle, une cliente de longue date.

Elle voulait tout simplement que je me rende à la caisse pour lui procurer une nouvelle carte de guichet ou qu'un employé de la caisse aille lui faire signer les documents nécessaires pour l'obtention d'une nouvelle carte.

On voulait la forcer à se rendre à la caisse alors qu'elle ne pouvait se déplacer et était très lucide.

J'ai tenté de raisonner les employés et la direction de la caisse, sans succès. Rien à faire !

Il a donc fallu faire venir, et payer un notaire, à l'hôpital, avec les frais que cela comportent, dans les centaines de dollars, juste pour avoir une carte de guichet.

Ma mère était tellement offusquée de la situation qu'elle m'a donné un mandat écrit de retirer tous ses avoirs de la caisse, de fermer son compte, et de transférer le tout à la Banque de Montréal, sans délai.

Croyez-le ou non, la gérante de la Banque de Montréal s'est déplacée pour aller lui faire signer les documents d'ouverture de son compte, à l'hôpital, sans aucun frais. Elle a fait la même chose, un peu plus tard, pour ma soeur, elle aussi hospitalisée à long terme.

Je trouve que plus ça va, plus les caisses se bureaucratisent et que le service s'en va chez le diable, au nom de la stricte rentabilité.

Tout récemment, j'ai négocié une hypothèque résidentielle avec trois caisses populaires différentes, en plus de la Banque Manuvie 1.

Croyez-le ou non, la Banque Manuvie 1 a remporté la palme sur toute la ligne avec des taux ultra-compétitifs et un service à domicile, téléphonique et Internet hors pair.

Mon épouse et moi avons donc décidé de faire affaire avec une institution de l'Ontario, la Banque ManuVie 1, plutôt qu'avec une caisse qui ne pouvait rencontrer nos objectifs et nous donner un bon service.

Je dois ajouter que nous avons présenté exactement le même dossier à toutes les institutions impliquées.

Morale de l'histoire, selon moi : Les caisses sont mieux d'y penser à deux fois avant de réduire le service à leurs clients, sinon elles en perdront de plus en plus, au profit des banques.

Alphonse Desjardins doit se retourner dans sa tombe.

Michel J. Grenier
Lac-Poulin

 
 
Publié par Michel J. Grenier | mai 18, 2011 9:45 PM

Non, mais va ti falloir faire du picktage ou encore une manifestation de tous les membres de la caisse pour leur faire savoir qu,il faut garder l'accessibilité facile au guichet extérieur de la caisse. Du moins sauvegarder un minimum de guichets pour satisfaire cette clientèle.
je ne sais pas ou vivre les membres de la direction mais réveillez-vous quelqu,un, tabarnacle on est même pas capable de venir travailler le jeudi et le vendredi en passant sur le boulevard sans attendre minimum de 15 à 20 minutes . Non mais pensez-vous qu,on a juste ça à faire niaiser à caisse. C'est l'enfer de descendre dans le coin de la caisse.

Le jour où vous allez me restreindre d'aller seulement à la caisse pour les guichets, vous allez non selement me perdre moi,comme client mais vous allez perdre le respect que je pouvais avoir pour l'institution de mon enfance.

 
 
Publié par Bastien Thibaudeau | mai 23, 2011 3:35 PM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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