Mais cela ne signifie pas pour autant que nous aurons plus d’argent dans nos poches. Monsieur Bachand avait pris soin de faire ses provisions dans le budget de l’an dernier, prévoyant une nouvelle augmentation de la TVQ de 1 % en janvier 2012, une augmentation de 0,01 $ de la taxe sur le litre d’essence à compter du 1er avril prochain, une «contribution santé» de 50 $ que vous devez ajouter dans votre rapport d’impôt de cette année, contribution qui passera à 100 $ l’an prochain et à 200 $ dans deux ans et, enfin, une augmentation à venir des tarifs d’électricité. Ouf!
Droits de scolarité
Le budget Bachand prévoit une augmentation des frais de scolarité de 325 $ par année pour les cinq prochaines années. Les frais de scolarité, actuellement de
2 168 $, passeront à 3 793 $, une augmentation de 1 625 $.
Malgré cette augmentation, les étudiants québécois continueront de payer les frais de scolarité les plus bas au Canada. Dans cinq ans, ils ne seront qu’à 70 % de la moyenne nationale. Les frais de scolarité chargés aux étudiants ne représentent, en réalité, que 17 % des coûts de l’éducation, l’État, donc vous et moi, assumant l’autre part de 83 %. Il n’y a donc pas lieu de crier au scandale.
Quant à l’argument voulant qu’une augmentation des frais de scolarité fasse en sorte que la fréquentation scolaire universitaire subisse une diminution, rien n’est plus faux. En effet, malgré que les frais de scolarité du Québec soient les plus bas au Canada, c’est ici que le taux de fréquentation scolaire universitaire est le plus bas. De plus, des modifications seront apportées au système de prêts et bourses pour compenser cette augmentation.
Régie des Rentes
Le ministre des Finances s’est finalement décidé à apporter des modifications au régime de pension des Québécois qui risquait d’être à sec dans à peine 30 ans.
Le taux de cotisation sera augmenté sur six ans, passant de 9,9 % du salaire à
10,8 % jusqu’à concurrence d’un salaire maximum de 48 000 $. En réalité, c’est un investissement pour l’avenir. Là encore, l’augmentation n’est pas catastrophique; à peine 67 $ par année.
De plus un retraité qui décide de retirer sa rente à compter de 60 ans, plutôt que d’attendre l’âge prévu de 65 ans, sera pénalisé de 7,2 % par année. Au lieu de retirer 8 000 $, il recevra 7 409 $. Par contre, le retraité qui décidera d’attendre jusqu’à 70 ans verra sa rente passer de 14 976 $ à16 358 $.
On vise ainsi à inciter les gens à travailler plus longtemps pour contrer les problèmes résultant du vieillissement de la population et du manque de relève au travail.
Il y a longtemps que le Gouvernement québécois aurait dû intervenir dans ce domaine. Alors, on ne pourra lui reprocher de le faire cette année, car tout retard contribuerait à affaiblir la réserve actuarielle de la RRQ.
Manque de contrôle des dépenses
Malheureusement, Raymond Bachand n’est pas encore parvenu à prendre le contrôle des dépenses de l’appareil de l’État et c’est là que ça fait mal.
Pour l’année 2011-2012, les dépenses du Québec atteindront 84,25 milliards de dollars, une augmentation de 3,7 %. Pourtant, le ministre des Finances s’était engagé, l’année dernière, à limiter la croissance des dépenses à 2,8 %. Cela contribue à accroître également la dette du Québec qui atteint 183,8 G $, une augmentation de 30 G $ en trois ans. Et, loin de s’améliorer, la dette passera à
207 G $ d’ici 2015-2016. Il y a de quoi s’inquiéter.
Depuis qu’il a pris le pouvoir en 2003, le gouvernement libéral de Jean Charest n’a jamais réussi, malgré plusieurs années de fortes croissance économique, à diminuer la dette du Québec, contrairement à ce qui s’est fait au fédéral et dans plusieurs autres provinces. On continue donc de pelleter par en avant et c’est déplorable.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à nos dirigeants politiques : «Mettre à jour des vérités économiques, ici, équivaut à prêcher la santé dans une piquerie!» Robert Deschamps «Manifeste d’un surtaxé»