À chaque année, l’hiver nous apporte son lot de grands froids et de tempêtes de neige. Depuis que j’ai l’âge de me souvenir, il y a toujours une vague de froid qui fait chuter notre thermomètre sous les 30 degrés Celsius fin janvier et d’abondantes précipitations de neige en février, celui que nos parents appelaient : «le p’tit mois».
Mais, à chaque fois, on dirait que nous vivons notre premier hiver. On se lamente, les «Miss Météo» nous promettent à chaque semaine la tempête du siècle et, dans certains cas, on va même jusqu’à fermer les écoles avant que ne survienne la tempête. Une vraie bande de «moumounes».
Depuis que nous avons adopté le système métrique, une précipitation de neige de 10 centimètres semble beaucoup plus menaçante qu’une bordée de quatre pouces. Pourtant, c’est la même chose.
Et que la marmotte ait vu son ombre ou pas le 2 février, il nous reste toujours au moins six semaines d’hiver, ce qui nous mène à la mi-mars.
Les pays nordiques
Je comprends que, à la longue, on peut s’écoeurer à force de jouer de la pelle ou de la souffleuse à neige. Mais, on vit dans un pays nordique où, malgré le réchauffement de la planète, on ne pourra pas utiliser nos piscines à l’année avant bien longtemps. Autant s’y faire!
Comme me le disait un ami qui était déménagé au Texas et qui avait vécu son premier ouragan : «J’aime mieux vivre dans un pays où je dois parfois déblayer mon auto à la suite d’une tempête de neige que de vivre là où je risque de voir mon auto s’envoler pendant un ouragan.»
Nous devrions être heureux de vivre dans un pays nordique. Quand j’analyse la situation de la planète, je constate que, étrangement, ce sont les pays nordiques qui sont les plus prospères. On dirait que le fait de nous battre contre le froid et la neige nous rend plus vigoureux, plus combatif.
Ainsi, habitués de nous battre contre l’abominable homme des neiges, nous avons développé une vigueur qui nous anime et nous fouette les sangs. Difficile de nous endormir dans de telles conditions. Si l’on ne veut pas se les geler, il nous faut bouger.
Contrairement à nous, les habitants des pays chauds ont adopté un rythme de vie plus lent que le nôtre et ont appris à ne pas aller trop vite de façon à mieux supporter la chaleur. Pour ne pas suer à grosses gouttes, les sudistes doivent ralentir leurs actions, faire la sieste à l’ombre et ménager leurs efforts.
Finalement, le climat où nous vivons finit par nous influencer grandement. Si l’on peut facilement combattre le froid en ajoutant des épaisseurs de vêtements, on ne peut combattre la chaleur en enlevant tous nos vêtements.
L’avantage des quatre saisons
Personnellement, je n’aimerais pas vivre à l’année longue dans un endroit où il fait toujours chaud ou toujours froid. J’apprécie beaucoup la succession des saisons que nous subissons.
Le simple fait d’observer les changements que la nature nous offre tout au cours de l’année est agréable. Le printemps nous permet de voir renaître la nature, de récolter la sève des érables et de produire notre délicieux sirop d’érable. L’été nous offre l’occasion de jouer dehors, de planter des fleurs, de nous tremper dans la piscine et de cuisiner sur nos BBQ. À l’automne, on peut observer les merveilleux coloris de nos arbres. Et, en hiver, on peut se faire aller sur les pistes de ski alpin ou de fond, dans les sentiers de motoneige ou tout simplement nous balader en raquettes.
Il ne sert à rien de se battre contre la nature. Elle finit toujours par l’emporter. Alors, il nous appartient de nous adapter et le meilleur moyen réside souvent dans le fait de concentrer notre attention du côté des avantages que nous apporte chaque saison plutôt que sur les inconvénients.
Si le Créateur nous a permis de naître ici, c’est sans doute parce qu’on est fait assez fort pour survivre et même finir par tirer profit de notre situation.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à toutes les «Miss Météo» qui nous effraient en nous annonçant des tempêtes : «Le connu est presque toujours moins effrayant que l’inconnu». Stéphane Laporte