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La folie bleue
 

Depuis plusieurs mois, c’est la folie à Québec, une folie bleue animée par le projet de construction d’un amphithéâtre qui pourrait faciliter le retour des Nordiques dans la LNH.

Le projet est évalué à 400 M $ et le promoteur en chef, Régis Labeaume, Maire de Québec, souhaite que les coûts de construction soient assumés à 100 % par des fonds publics.

Personnellement, j’aime bien le hockey et je serais ravi que Québec effectue un retour dans la LNH avec une équipe propriété de promoteurs québécois.

Financement public ou privé
Le petit Napoléon québécois a réglé tous les problèmes de financement d’un seul trait. Les gouvernements de Québec et d’Ottawa fournissent chacun 45 % et la Ville de Québec assume le reste.

Jean Charest, présentement prêt à tout pour regagner un peu de popularité, s’est déjà engagé pour le 45 % du Québec, ce qui représente rien de moins que 180 M $. La Ville de Québec est disposée à avancer 50 M $. Il reste donc 170 M $ pour le fédéral. Mais, c’est là que ça se gâte.

Stephen Harper a clairement laissé savoir qu’il n’était pas question que le gouvernement fédéral contribue de façon aussi importante dans la réalisation d’un tel projet. Selon lui, un amphithéâtre devrait être construit par des capitaux privés.

Je ne suis pas souvent d’accord avec le Premier ministre conservateur, mais, dans le cas qui nous intéresse ici, je dois avouer que je penche de son côté. Je ne comprends vraiment pas pourquoi on devrait piger dans les poches des contribuables pour construire un amphithéâtre qui permettra à une entreprise privée d’y produire des spectacles, d’y accueillir peut-être une équipe de hockey de la LNH, en somme d’utiliser le tout à son profit.

Pourtant, lorsqu’il a tenté d’acheter le Canadien et le Centre Bell, Pierre-Karl Péladeau était disposé à payer et pour l’équipe de hockey et pour l’amphithéâtre. Pourquoi devrait-on lui fournir un amphithéâtre à Québec?

À Toronto et à Montréal, lorsque les propriétaires des Maple Leafs et du Canadien ont construit l’Air Canada Centre et le Centre Bell, ils n’ont pas sollicité un financement public. Ils ont eux-mêmes investi les montants nécessaires et, aujourd’hui, ils exploitent à leur profit ces deux édifices, ce qui est tout à fait normal. Québec serait-elle devenue une ville de «quêteux» où, pour jouer dans la grande ligue, il faut siphonner les contribuables?

Rien n’est assuré
De plus, même si l’on en vient à construire l’amphithéâtre en question, il est loin d’être assuré que la LNH consentira à y installer une équipe de hockey. Gary Bettman, le Commissaire de la LNH, l’a clairement répété une fois de plus lors du match des étoiles, précisant qu’il n’avait présentement aucun projet de relocalisation d’une équipe existante ni aucun projet d’expansion.

De plus, deux villes possédant déjà des amphithéâtres, Kansas City et Winnipeg, attendent toujours que le Sieur Bettman veuille bien les considérer. Même si plusieurs équipes américaines perdent des millions annuellement, les bonzes de la LNH ne sont toujours pas disposés à apporter des changements. On résiste dans le but d’obtenir de généreux droits de télévision. Gary Bettman voit les Etats-Unis dans ses céréales tous les matins. Il serait donc surprenant qu’il procède au déménagement d’une équipe américaine au Canada. Ce serait admettre l’échec de sa stratégie de conquête du marché américain.

Quand on parle des retombées intéressantes que procurerait la construction de l’amphithéâtre, on oublie une chose. Le départ des Nordiques, en 1995, n’a pas transformé Québec en ville fantôme. Québec est l’une des villes canadiennes qui a connu la plus importante croissance économique au cours des dernières années et son taux de chômage demeure l’un des plus bas au Canada. Pas si mal!

Suggestion à Robert Dutil
La semaine dernière, le député de Beauce-Sud, Robert Dutil, déclarait qu’il n’y avait présentement pas de programme au gouvernement du Québec permettant de contribuer au financement de la construction de la deuxième glace à Saint-Georges.

Monsieur Dutil, peut-être pourriez-vous vous prévaloir du même programme qu’a utilisé votre chef, Jean Charest, pour promettre 180 M $ pour la construction de l’amphithéâtre de Québec. Seulement 1 % de ce montant ferait notre affaire.

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine au Maire de Québec, Régis Labeaume : «Si vous avez du pouvoir, il est inutile d’en faire l’étalage». Rick Fault

 
 
Lien permanent | Commentaires (0) | Publié le février 9, 2011 12:13 AM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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