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La bonne et la mauvaise nouvelle
 

Il y a une douzaine de jours, Moisson Beauce inaugurait ses nouveaux locaux récemment agrandis de façon à pouvoir recevoir encore plus de denrées et redistribuer ces dernières à une population dont les besoins ne cessent d’augmenter.

Mentionnons que Moisson Beauce n’est pas un comptoir où les individus peuvent s’approvisionner. Moisson Beauce répond aux besoins de 46 organismes répartis sur le territoire de sept MRC regroupant 109 municipalités et totalisant une population de 219 000 personnes.

La bonne nouvelle
Les travaux d’agrandissement ont coûté 525 000 $. Ils ont été rendus possibles grâce au support de la Fondation Moisson Beauce et de la généreuse contribution financière de plusieurs entreprises du milieu et du gouvernement provincial.

En 2010, Moisson Beauce a distribué plus de 400 000 kg de denrées alimentaires à plus de 6 000 personnes, denrées qu’elle a recueillies principalement auprès des marchés d’alimentation de la région. Si l’on avait dû acheter toutes ces denrées, il en aurait coûté 2 304 000 $.

Contrairement à ce que certaines personnes pensent, les denrées offertes par les épiceries ne sont pas des produits périmés dont la date de péremption est dépassée. Il s’agit plutôt de produits qui ne répondent pas aux critères de qualité des entreprises d’alimentation pour être mis en tablettes. Il peut s’agir, par exemple, d’une pomme de laitue dont les feuilles du dessus sont flétries. Une fois celles-ci enlevées, le reste de la pomme de laitue peut être consommée sans danger. Le problème peut aussi se situer au niveau de l’emballage, sans que ce dernier n’altère le contenant. Dans chacun de ces cas, on préfère ne pas mettre ces produits en vente. Au lieu de les jeter, on les offre à Moisson Beauce.

En moins de 48 heures,le personnel et les nombreux bénévoles qui oeuvrent à Moisson Beauce auront traité adéquatement les denrées et ces dernières seront immédiatement distribuées aux organismes chargées de les remettre aux gens dans le besoin.

La mauvaise nouvelle
Nous pouvons nous réjouir de l’existence dans la région d’un organisme comme Moisson Beauce. Nous pouvons aussi être fier de constater que l’on a pu réaliser un important projet d’agrandissement.

Mais, en même temps, il y a de quoi qui vient me chercher quand je dis que je me réjouis de l’agrandissement d’une banque alimentaire. Se retrouver dans la position de devoir agrandir les locaux de Moisson Beauce, cela veut dire qu’il y a de plus en plus de gens, dans notre région, qui doivent faire appel aux secours publics pour parvenir à nourrir leur famille. Et cela, franchement, ce n’est pas une bonne nouvelle.

Dans un monde idéal, on ne devrait jamais avoir besoin d’un organisme comme Moisson Beauce. Mais je suis conscient que nous ne vivons pas dans un monde idéal.

Les deux dernières années n’ont pas été faciles en Beauce où des milliers d’emplois ont disparu. L’économie de notre région repose en grande partie sur des entreprises manufacturières de petite et moyenne dimension. Même si nos dirigeants politiques se plaisent à affirmer que tous les emplois perdus durant la dernière crise économiques ont été remplacés par de nouveaux emplois, il faut reconnaître que ces nouveaux emplois n’ont pas tous été comblés par celles et ceux qui ont perdu le leur.

Au Québec, en 2000, le secteur manufacturier représentait 19 % de tous les emplois. En 2010, la proportion n’est plus que de 13 % et cela n’ira pas en s’améliorant. Lentement, mais sûrement, le parc industriel de la planète déménage en Asie.

Faire appel à un banque alimentaire n’a rien de réjouissant pour des gens. Vous me direz qu’il y a certainement quelques profiteurs parmi eux et vous avez probablement raison. Mais, personnellement, je préfère me tromper à l’occasion en donnant à manger à une personne qui abuse du système plutôt que de risquer d’en pénaliser une autre qui est vraiment dans le besoin.

En guise de conclusion, réjouissons-nous de l’existence d’un organisme comme Moisson Beauce et espérons n’avoir jamais à en utiliser personnellement les services.

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à celles et ceux qui ont de la difficulté à croire qu’il existe une solution à leurs problèmes : «Aussi grand que soit un trou, il y a toujours quelque chose autour». François Cavanna

 
 
Lien permanent | Commentaires (1) | Publié le février 1, 2011 11:42 PM

Bonjour M. Dutil,

Merci beaucoup pour cet éditorial... ce que vous dites est très vrai, malheureusement, il y a encore beaucoup de préjugés envers les banques alimentaires et pourtant beaucoup de travail de terrain s'effectue...

Je vous remercie pour votre intérêt à notre cause.. je souhaite aussi vous mentionner que les 6000 personnes que nous aidons, ce sont les chiffres par mois donc annuellement ce sont plus de 72 000 personnes aidées.. Évidemment parfaois, une personnes revient entre 3 et 4 fois avant de reprendre le contrôle sur sa situation ..

Félicitations pour votre bon travail.. chronique que je lis à chaque semaine avec grand intérêt!

Nicole Jacques
Moisson Beauce

 
 
Publié par Nicole Jacques | février 3, 2011 9:18 AM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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