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Coup de massue
 

La semaine dernière, les Beaucerons ont reçu un coup de massue en plein front lorsque le propriétaire du Groupe RGR, Rolland Veilleux, a annoncé à ses employés qu’il fermerait en juillet prochain les cinq usines de couture toujours en opération en Beauce.

D’un seul coup, 400 travailleuses et travailleurs se retrouvent au chômage, ne sachant trop ce que l’avenir leur réserve. Pour Rolland Veilleux, c’est la fin d’un long combat pour assurer la survie de son entreprise qui prend fin abruptement. À 69 ans, ce n’est certainement pas le scénario qu’il avait élaboré comme entrepreneur.

Pas un cas unique
Malheureusement, cette nouvelle n’est pas la première du genre en Beauce. Le secteur du vêtement a longtemps été un fleuron de notre économie, chaque village possédant son usine de couture qui fournissait du travail à des milliers d’employés à majorité féminine.

Nous savons tous qu’il ne s’agissait pas des emplois les plus rémunérateurs, mais des milliers de Beauceronnes y gagnaient bien leur vie, apportant souvent un deuxième salaire à la maison, ce qui permettait aux familles de chez nous de vivre honorablement.

Le Groupe RGR est l’un des derniers à lâcher prise. Dans l’ensemble de ces cas, nous ne sommes pas en présence de propriétaires qui, par caprice ou par goût d’empocher encore plus de profits, ont mis tout le monde à la porte pour aller produire ailleurs à meilleur marché.

Des propriétaires beaucerons
Dans plusieurs cas similaires, le fait que les propriétaires de ces entreprises soient eux-mêmes des Beaucerons, vivant toujours ici, a probablement contribué à prolonger la vie de ces usines.

Nous avons eu un bel exemple de ce phénomène récemment lorsque Manac a annoncé la fermeture de son usine de Trois-Rivières et le transfert de la production à l’usine principale de Saint-Georges. Parions que, si les propriétaires étaient des résidants de Trois-Rivières, c’est l’usine de Saint-Georges qui aurait probablement été fermée. Manac avait d’ailleurs pris une décision semblable en 2004 lorsque l’on avait décidé de fermer l’usine d’Orangeville, en Ontario.

Une part de responsabilité
En tant que consommateurs, nous avons une part de responsabilité dans ce phénomène de fermeture de nos usines. Lorsque nous achetons, nous nous contentons trop souvent de ne regarder que le prix, souhaitant toujours payer le moins cher possible. Rarement nous regarderons d’où provient le produit que nous achetons.

En cherchant toujours à payer moins cher, nous mettons la pression sur les détaillants et sur les fabricants qui doivent chercher, par tous les moyens à leur disposition, à nous fournir des produits à bon marché.

Ces produits, ils proviennent de pays où les travailleurs ont un salaire ridicule, sont souvent des enfants exploités par des fabricants sans scrupules, et se retrouvent dans des usines ou des ateliers où la sécurité n’est pas une préoccupation. Ces employés doivent souvent s’éreinter au boulot dix à douze heures par jour, au moins six jours par semaine.

Il devient facile pour ces fabricants d’offrir des produits à des prix ridicules. Mais ce phénomène n’apporte rien de positif à nos économies. Les travailleurs de ces usines, souvent asiatiques, ne paient aucun impôt chez nous, comme leurs employeurs d’ailleurs.

Pendant ce temps, ici, les travailleurs qui perdent leurs emplois ne paient plus d’impôts, paient moins de taxes parce qu’ils consomment moins et, se retrouvant dans le besoin, font appel à nos mesures sociales qui finissent par coûter cher à l’ensemble de la société. Ils n’ont malheureusement pas d’autre choix.

Pendant que nous nous réjouissons d’avoir payé tel produit beaucoup moins cher, nous travailleurs sont au chômage et nos usines ferment. Jusqu’où ce phénomène nous conduira-t-il?

Il me semble que l’on devrait collectivement prendre l’habitude de regarder d’où provient un produit avant de l’acheter et à être prêt à payer un peu plus pour un produit fabriqué ici, par des travailleurs de chez nous qui paient des impôts et des taxes à nos gouvernements. Ensemble, finalement, nous serions tous gagnants.

Pour une fois que nous détenons un pouvoir, à nous de l’exercer pour le bénéfice de la collectivité.

«Made in China». Ça crée des jobs en Chine, pas ici.

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux travailleurs qui ont perdu leur emploi au cours de la dernière année : «Avec le temps, la blessure guérit. La cicatrice reste, mais la douleur n’est plus perceptible.»

 
 
Lien permanent | Commentaires (2) | Publié le février 23, 2011 12:43 AM

Je suis entièrement d'accord avec vous, les gens ont une influence sur notre économie mais la seule chose qu'ils regardent , malheureusement, c'est l'économie qu'ils peuvent faire en achetant des produits fait " Made in China " ou du même genre.Je fais la remarque aussi à ma conjointe, qui travaille justement dans le vêtement, qu'elle ne regarde jamais la provenance mais seulement le prix. Je lui dit que si tout le monde ferai comme elle bientôt elle n'aurait plus d'emploi et après un certain temps plus d'assurance-emploi. Et comment feras-tu après pour acheter tes vêtements " pas cher " fabriquer ailleur ??? Ceci est un travail de moine, sensibilisé les gens à acheter Québécois ou Canadien n'est pas de tout repos et ,comme le fergeron qui tape et tape sur la pièce de fer, il faut répéter et répéter pour que les gens prennent conscience de leurs gestent sur notre économie $$$$

 
 
Publié par Roch Lessard | février 23, 2011 10:56 AM

La semaine dernière j'ai dû me rendre a Levis pour des soins a l'hôpital et j'y ai été très bien traiter. Comme j'avais froid je demande une couverture supplémentaire, on m'apporte un autre drap exactement comme celui que j'avais déja . Avant de partir je vois l'étiquette du drap qui est fait de 80% de cotton et 20% de polyester et made in COMBOLDGIA et la jacquette d'hôpital que j'ai porter avait la même étiquette. C'est incroyable les hôpitaux du gouvernement Québecquois feraient affaire avec des pays etrangés pour la literie, les jacquettes et quoi encore.Ceci est vrai j'ai apporter ces étiquettes chez moi, parce que je trouve anormal que des usines ferment leur portes et quand même temps le gouvernement va se servir allieurs.
Peut-être q'au Comboldge un drap de cotton et un peu de polyester c'est correct mais pas ici quand on gêle l'hiver.

 
 
Publié par Danielle Gilbert | février 23, 2011 10:04 PM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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