Décisions difficiles
Alors que plusieurs pays européens frôlent la faillite et que la reprise américaine se fait attendre, notre situation n’est tout de même pas si pire. Cependant, nos dirigeants politiques seront confrontés à de nombreux défis pour éliminer progressivement les énormes déficits budgétaires.
Si Jean Charest devait avoir hâte au 31 décembre pour que prenne fin une année catastrophique, il ne doit pas s’attendre à ce que la grogne populaire s’estompe du jour au lendemain. Son taux de popularité atteint des profondeurs abyssales et il est clair que les gens ne lui font plus confiance. Il lui sera difficile de renverser cette tendance profonde.
Ce qui n’aidera pas sa cause, c’est que 2011 voit arriver de nombreuses augmentations de tarifs des services gouvernementaux. Depuis déjà cinq jours, nous payons 1 % de plus en taxe de vente. Cela rapportera près de 1,4 milliard de dollars dans les coffres de l’État. Et ce n’est qu’un début. Une autre augmentation de 1 % est prévue pour le 1er janvier 2012.
Lors de votre prochain rapport d’impôt, vous constaterez que des frais de 25 $ vous seront chargés comme taxe des soins de santé. Ce montant passera à 100 $ en 2012 et à 200 $ en 2013. Le permis de conduite coûtera 1,25 $ de plus, alors que l’immatriculation de votre véhicule augmentera de 2,05 $. L’assurance parentale viendra chercher 12,40 de plus dans vos poches. À compter du 1er avril, et ce n’est pas un poisson d’avril, nous paierons 1 sous de plus le litre d’essence, cela sans compter les augmentations des pétrolières. Quant au litre de lait, nous devrons débourser au moins 4 sous de plus à compter du 31 janvier. Enfin, la bouteille de vin nous coûtera 5 sous de plus dès le 1er février.
Pris individuellement, ces montants semblent insignifiants, mais globalement, cela représente plusieurs centaines de dollars en moins dans nos poches. Cela sans compter les mauvaises nouvelles que nous réserve le prochain budget provincial.
Le fédéral n’est pas en reste, car nous savons déjà que le taux de cotisation de l’assurance-emploi sera majoré de 3,7 %, parce que le gouvernement conservateur s’est accaparé les milliards de dollars de surplus de ce programme.
Le prochain budget fédéral nous réservera certainement quelques mauvaises surprises si les Conservateurs veulent venir à bout des déficits astronomiques qui gonflent notre dette. D’ici 2015, les prévisions budgétaires fédérales prévoient ajouter quelque 170 G $ à la dette nationale. Même si le ministre des Finances, Jim Flaherty affirme qu’il pourra éliminer les déficits sans augmenter les taxes et les impôts, je demeure sceptique.
Mais, qui sait? Peut-être serons nous appelés aux urnes au fédéral.
Baptiste paiera
Quand nos dirigeants politiques pigent ainsi à deux mains dans nos poches, cela signifie que chaque contribuable se retrouve avec moins d’argent pour dépenser. Et quand les contribuables dépensent moins, la consommation s’en ressent, ce qui ralentit la reprise économique.
Et pourtant, le contribuable canadien ne jouit pas d’une situation financière très solide. Les ménages canadiens ont atteint un record d’endettement en 2010; le total de leurs dettes représentants 148 % de leurs revenus. Les dettes hypothécaires ne sont pas nécessairement négatives, puisqu’elles sont garanties par des résidences qui, à la longue, devraient prendre de la valeur. Mais ce n’est pas le cas des dettes pour acheter une auto et des biens de consommation ou encore des soldes de cartes de crédit impayés.
Finalement, l’optimisme des Canadiens tient probablement au fait que 2010 a été une année terrible. On se dit que 2011 ne pourra être pire. On se le souhaite!
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à celles et ceux qui courent après le bonheur : «Le bonheur, c’est comme le sucre à la crème, si t’en veux, tu t’en fais.» Andrée Lachapelle