Mauvaise cible
Depuis des décennies, les clubs de motoneige et de quad vivent en harmonie avec les producteurs agricoles. Des ententes sont prises entre les deux groupes afin de permettre aux premiers d’utiliser des espaces précis sur les terres des seconds.
Il arrive que certains utilisateurs de motoneige et de quad sortent des sentiers balisés et causent des dommages, mais il s’agit là d’exceptions et, généralement, les délinquants sont vite ramenés à l’ordre et les dirigeants des clubs savent remédier à la situation pour le plus grand bien de tous.
Ainsi, année après année, les amateurs de motoneige et de quad peuvent pratiquer leur sport favori sans que les producteurs agricoles aient à subir des dommages. Il faut dire que plusieurs motoneigistes et quadistes sont eux-mêmes des producteurs agricoles.
En choisissant pour cible les adeptes de ces sports, les producteurs agricoles se trompent de cible. Si on en veut au ministère de l’Agriculture ou au Gouvernement dans son ensemble, pourquoi ne pas s’attaquer directement à ces entités?
Les adeptes de la motoneige et du quad n’ont aucun pouvoir pour intervenir dans le litige entre les producteurs agricoles et le ministère de l’Agriculture. On les prend en otage en en faisant d’innocentes victimes. Sincèrement, il n’y a rien à comprendre dans cette stratégie de l’UPA.
Une industrie en péril
En Chaudière-Appalaches seulement, les retombées économiques annuelles reliées à la pratique de la motoneige et du quad sont de l’ordre de 40 M $. Ce n’est donc pas négligeable.
Les gens qui profitent de ces retombées sont des propriétaires de petits commerces qui vendent des motoneiges et des quads, qui possèdent des établissements commerciaux comme des restaurants et des hôtels dans des régions où l’activité est souvent réduite à sa plus simple expression au cours de la saison hivernale. Ce sont aussi des centaines de bénévoles qui tiennent à bout de bras 24 clubs de motoneige regroupant quelque 7 500 membres dans notre région. C’est à tout ce monde que l’UPA s’attaque.
Dans sa dispute avec le ministère de l’Agriculture, l’UPA prétend que les modifications que veut apporter le ministère au plan d’assurance stabilisation risquent de mener à la faillite des propriétaires de fermes.
Et portant, en boycottant l’industrie de la motoneige et du quad, l’UPA menace de faillite plusieurs commerces qui ne pourraient survivre à l’annulation d’une saison complète de leurs activités. Il est pour le moins étrange que l’on lutte pour éviter que certains de ses membres évitent la faillite en menaçant une autre industrie de faillite.
Franchement, c’est à n’y rien comprendre!
Ce n’est pas en mettant le feu à la maison du voisin que l’on va combattre l’incendie qui dévaste notre résidence. Non seulement les dirigeants de l’UPA se trompent de cible, mais ils jettent le discrédit sur la cause qu’ils veulent défendre, aussi légitime soit-elle.
Il n’est pas trop tard pour modifier la stratégie adoptée par l’UPA. Plutôt que de s’attaquer à des innocents, les dirigeants de l’UPA gagneraient à faire pression directement sur le Gouvernement.
Si les producteurs agricoles persistent dans leur entêtement, comme Jean Charest qui refuse une enquête publique, ils ne gagneront rien. Ils risquent même de s’aliéner une partie importante de la population.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux dirigeants de l’UPA : «Ce n’est pas en perfectionnant la bougie que l’on a découvert l’électricité.»