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Plate télé
 

Depuis le début de la période des Fêtes, j’ai eu l’occasion de regarder la télé plus souvent qu’à l’habitude. Je ne suis pas un grand consommateur de télé. Et, franchement, ce n’est pas en regardant la série de vieux navets qu’on nous offre présentement que je risque de devenir un maniaque du petit écran.

Pourtant, ce n’est pas le choix des canaux et des émissions qui manque. Mais, quantité et qualité sont loin d’être des synonymes.

De nombreux canaux
Les gens de mon âge se souviennent d’une époque pas si lointaine où nous avions le choix entre moins de dix canaux.

Les canaux traditionnels comme Radio-Canada et TVA continuent de nous présenter un grand nombre de téléromans à saveur mélodramatique. On pleure ou on rit selon les sujets abordés, mais, bien souvent, on nous remâche les mêmes thèmes apprêtés à une sauce différente.

L’arrivée plus ou moins récente de canaux spécialisés avait suscité beaucoup d’espoirs, mais, avec le temps, ces espoirs n’ont pas été comblés.

À ARTV, c’est un véritable ramassis de vieilles émissions. Que l’on nous ramène «Quelle famille» avec Janette Bertrand et sa tribu en noir et blanc a de quoi faire croire à nos enfants que leurs parents vivaient au temps de l’Antiquité. Avec des émissions comme «Un tueur si proche», «Homicides» et «J’ai frôlé la mort», le Canal Découvertes devrait changer son nom pour «Canal Catastrophes».

De son côté, le Canal Évasion a au moins le mérite de nous faire découvrir des coins plus ou moins exotiques de la planète. À Historia, on s’éloigne souvent de la vraie histoire, mais il y a parfois des retours dans le temps qui enrichissent notre mémoire.

RDI et LCN, les canaux d’information continue, nous répètent les mêmes nouvelles à longueur de journée. On dirait la même cassette qui tourne sans fin. Même que, durant certaines heures de la journée, LCN se contente de nous présenter des émissions préenregistrées.

Qui aurait pensé, il y a quelques années, que l’on pourrait compter sur un canal qui nous parlerait de météo 24 heures sur 24? Même si un tel canal existe, on peut constater que la météorologie demeure une science inexacte et que les prévisions sont souvent erronées.

Mais, je dois vous avouer que les deux canaux qui me font le plus rigoler sont Séries+ et Canal Vie. Le premier nous présente des enquêtes policières plus ou moins rocambolesques. Que ce soit «CSI :Miami», «CSI :Les Experts» ou «Washington Police», à tout coup, en moins d’une heure, tous les crimes sont résolus et les coupables arrêtés. Je me demande pourquoi Jean Charest n’a pas encore créé un «CSI : Québec». En quelques jours tous les magouilleurs de l’industrie de la construction, tous les chefs syndicaux corrompus et tous les systèmes d’enveloppes brunes ou blanches seraient connus et condamnés. Plus besoin d’une enquête publique.

Quant au Canal Vie, quel ramassis d’émissions fourre-tout. On ne fournit plus de rénover des appartements ou de métamorphoser des femmes qui se portent volontaires pour se faire refaire le portrait. La coupe de cheveux, le maquillage et les vêtements, tout y passe. À ce même canal, on a fait un héros de César, l’homme qui parle aux chiens. César nous a permis de constater que, généralement, le problème majeur entre le maître et le chien, c’est que le vrai maître a quatre pattes. Et que dire de Super Nanny, cette femme forte qui montre aux parents comment venir à bout de leurs petits monstres.

Tendances
Il y a aussi toutes ces émissions de télé-réalité dont la réalité laisse souvent à désirer, comme «Occupation double» qui devrait être re-baptisée «O-cul-pation double.»

On pourrait également parler des dizaines d’émissions où des chefs, plus ou moins connus, nous livrent leurs secrets culinaires pour mieux vendre leurs livres de recettes. Depuis, peu, la mode des émissions sur la santé a fait son apparition. Si tous les médecins présents à ces émissions pratiquaient dans leurs cliniques, peut-être que les listes d’attente diminueraient.

Mais, pour le mâle que je suis, heureusement que RDS, Sportsnet et TSN sont là pour nous permettre d’assister à tous les événements sportifs majeurs. Ça, c’est de la vraie télé-réalité.

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les «télévores» : «Est-ce que l’on nous vend des téléviseurs à écran plat parce que les émissions sont plates à regarder?»

 
 
Lien permanent | Commentaires (1) | Publié le décembre 30, 2010 9:53 AM

Vous avez bien raison M.Dutil.

Il y a quand même quelques bonnes émissions comme La facture, JE, Découverte les stupéfiants et quelques bons reportages à Télé-Québec et sur certains autres canaux. Mais en général ce sont des émissions, souvent largement subventionnées par nos gouvernements, pour faire travailler des gens et vendre leurs produits.

Mais, ce que j'aimerais, c'est de pouvoir payer seulement pour les chaînes que je veux regarder.
Actuellement on nous vend des "forfaits" par groupe de chaînes, que vous aimiez ou pas...
Une dizaines de postes me suffirais amplement.
Mais que voulez-vous, notre société est ainsi faite, il faut toujours payer pour les canards boiteux. J'écoute rarement les canaux Anglais mais Cogeco m'oblige à payer pour en avoir une douzaine...!

 
 
Publié par Réjean B. | janvier 2, 2011 11:57 PM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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