De plus, lorsque quelqu’un t’offre un cadeau, cela signifie généralement que l’on veut te faire plaisir. Et quelqu’un qui cherche à te plaire, ça risque fort d’être quelqu’un qui t’aime. Tu peux alors comprendre pourquoi, même à mon âge, j’aime encore recevoir des cadeaux.
J’ai été comblé
Dans mes années de jeunesse, Noël nous réservait toujours plein de surprises. Même si mes parents n’étaient pas riches, nous savions toujours qu’il y aurait quelque chose pour chacun de nous au pied du sapin.
Dans ce temps-là, on ne passait pas nos commandes comme les jeunes d’aujourd’hui. Lors de l’ouverture de nos cadeaux, c’était la surprise totale. Souvent, le cadeau consistait en un objet que l’on avait espéré durant toute l’année. Cela rendait la surprise encore plus agréable. De nos jours, on oublie souvent que le désir et l’attente contribuent à donner encore plus de valeur au cadeau.
La semaine dernière, à la télé, j’écoutais des enfants dire qu’ils ne savaient pas trop ce qu’ils désiraient comme cadeau de Noël. C’est vrai que, pour les jeunes d’aujourd’hui, c’est souvent Noël à l’année. Lorsqu’ils désirent quelque chose, ils passent la commande et la livraison est instantanée, ou presque. Ils n’ont même plus le plaisir d’espérer, de rêver à ce qu’ils feront avec si jamais ils reçoivent le cadeau désiré.
Changer ton parcours
Quand je t’ai dit, au début de cette lettre, que ma demande ne viendrait pas perturber ton horaire, c’est que, finalement, je n’ai qu’une seule demande à t’adresser.
En ce Noël 2010, que dirais-tu, Père Noël, de changer de parcours pour tes livraisons? Finalement, tu livrerais exactement tous les cadeaux que tu as déjà prévu livrer, mais on ne changerait que les adresses de destination.
Au lieu de livrer le tout dans les continents riches comme l’Amérique du Nord et l’Europe, tu modifies le tracé prévu par ton GPS en te dirigeant en Haïti, en Afrique ou ailleurs sur la planète où tu sais que des millions d’enfants n’attendent rien de la nuit de Noël. Je sais que la voix féminine de ton GPS va être désorientée, mais elle dira «recalcule» et elle s’adaptera.
Non mais, Père Noël, peux-tu t’imaginer seulement une minute à quel point les enfants vivant dans des abris délabrés ou dans des camps de réfugiés seraient surpris en te voyant arriver avec ton traîneau, tiré par tes rennes et rempli de jouets qui leur seraient destinés. Ça, ce serait toute une surprise!
Dans les yeux de ces enfants, on pourrait voir briller cette magie de Noël qui ne brille plus beaucoup dans les yeux de nos petits monstres, habitués à recevoir tout ce qu’ils demandent.
À l’aide de ton cellulaire, tu pourrais prendre des photos, voire même tourner une vidéo montrant tous ces visages réjouis en train de déballer leurs cadeaux. À ton retour, tu placerais ces images sur Facebook et tous ceux qui ont accepté que tu livres leurs cadeaux ailleurs auraient accès à ces images.
Je parie que la vue de tous ces enfants, vivant enfin un instant de bonheur, constituerait un cadeau qui réchaufferait nos cœurs.
Je suis conscient que je rêve peut-être en couleurs, mais, à bien y penser, je crois que si on offrait aux gens une telle opportunité, on serait surpris du nombre de volontaires qui embarquerait dans mon rêve.
Et si toi, Père Noël, tu embarques aussi dans mon rêve, nul doute que, peu importe notre âge, plus personne n’osera mettre en doute ton existence.
Je profite de cette occasion pour vous souhaiter un Noël rempli d’amour. Prenez le temps de dire aux gens que vous aimez à quel point vous les appréciez.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à celles et ceux qui consacrent des heures au magasinage : « Aujourd'hui les gens savent le prix de tout et ne connaissent la valeur de rien.» Oscar Wilde