Paperasse inutile
Dans l’édition du 4 août dernier, ma chronique s’intitulait : «Notre bilan au volant» et, faisant référence au boulevard Lacroix, j’écrivais : «Depuis que cette artère a été élargie à quatre voies, il est tentant d’accroître sa vitesse, mais la densité de la circulation devrait nous inciter à un peu plus de prudence.»
Je dois avouer que j’ai péché. Je me suis fait prendre par le cinémomètre photographique (le nom officiel du radar photo). Je roulais à 70 km/h dans une zone de 50. Honte à moi!
Dans les jours qui ont suivi, j’ai reçu par «Poste prioritaire» une enveloppe contenant un document de 12 pages de format 81/2 X 14 pouces. Vous avez bien lu : 12 pages. Comme si cela ne suffisait pas, il y avait en plus un avis du Bureau des infractions et amendes et une enveloppe pour le paiement de mon amende.
Dans le document de 12 pages, il y a d’abord une page d’introduction de seulement trois paragraphes. Suivent un constat d’infraction et un avis de réclamation sur une pleine page, une liste d’informations importantes, un coupon-réponse, un rapport d’infraction général, un deuxième rapport d’infraction général avec photo en perspective de mon auto, un troisième rapport d’infraction général avec, cette fois, une photo en gros plan de mon auto, un formulaire de déclaration identifiant le conducteur, une déclaration du conducteur qui se reconnaît coupable ou non et en cas de plaidoyer de non-culpabilité, une déclaration du propriétaire du véhicule dans laquelle il doit identifier la personne qui conduisait son véhicule. Rien de moins.
L’amende est de 55 $, mais s’ajoutent des frais de 25 $ et une contribution de 10 $ pour un grand total de 90 $. Les frais et la contribution représentent 64 % de l’amende.
Que de paperasse inutile!
Gaz de schiste
Le gaz de schiste, une source d’énergie dont le grand public n’avait jamais entendu parler jusqu’à tout récemment, est en train d’embraser le Québec des régions. Des réunions publiques ont donné lieu à des échanges virulents entre les promoteurs, qui veulent exploiter cette source d’énergie, les écologistes qui s’y opposent et les résidants des régions concernées qui sont inquiets.
Si vous croyez que nous ne sommes pas concernés, détrompez-vous. En effet, des permis d’exploration sur le territoire de la Beauce ont été accordés par le Gouvernement du Québec à l’entreprise Junex inc.
Ne partons pas en peur pour autant, car aucun puits d’exploration n’a encore été foré en Beauce.
Personnellement, ce qui m’inquiète dans ce dossier, comme dans plusieurs autres dossiers reliés à l’énergie, c’est l’attitude braquée qu’adoptent les clans qui s’affrontent. D’une part, des promoteurs, qui désirent exploiter cette énergie, n’en font ressortir que les avantages. D’autre part, les écolos n’en font ressortir que les dangers. La population est prise entre les deux clans et finit souvent par se faire une opinion sans disposer de toutes les informations.
Je ne suis pas en mesure d’affirmer que je suis pour ou contre l’exploration du gaz de schiste. Cependant, je me dis qui si le Québec dispose d’une ressource énergétique importante, pourquoi ne pourrait-on pas l’exploiter pour le bénéfice de l’ensemble de la population tout en réglementant son exploitation de façon à respecter l’environnement?
Ne pourrait-on pas trouver des spécialistes qui nous informeraient objectivement sur le sujet, tout en faisant ressortir les avantages et les risques de façon à nous aider à prendre une décision éclairée? Nous aurons certainement l’occasion d’y revenir.
Commission Bastarache
Plusieurs lecteurs me disent qu’ils apprécieraient que je traite de la Commission Bastarache. Même si le sujet m’intéresse au plus haut point, les réseaux de télé et les quotidiens en font déjà un traitement très abondant.
Je préfère attendre la fin de la Commission et le rapport du Commissaire pour en faire un bilan. D’ici là, ce que j’ai vu et entendu à date n’a rien de bien édifiant. Cet exercice risque fort d’accroître le cynisme des citoyens à l’égard de la justice et de la politique et cela est fort déplorable.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les témoins de la Commission Bastarache : «L’oubli et le rien sont mieux que mémoire et tristesse.»