L’avènement de nouveaux outils de communication comme Internet, les cellulaires avec lesquels on peut prendre des photos ou tourner des vidéos et la diffusion de tout ce matériel sur des sites comme You Tube ou autres comporte des responsabilités.
Au cours des dernières semaines, nous avons assisté à la publication de divers documents sous le sceau de la confidentialité. Pourtant, les informations transmises revêtaient une grande importance et, souvent, leur publication a eu des impacts majeurs.
La publication de documents sur la guerre en Afghanistan sur Wikileaks et les images de deux musulmanes prenant l’avion à Toronto sans dévoiler leur visage sont deux cas, parmi tant d’autres, qui nous amènent à nous questionner sur leur pertinence.
De nos jours, les nombreux canaux d’information comme RDI et LCN, en ondes 24 heures par jour, ne font pas nécessairement toutes les vérifications que l’on devrait avant publication. De peur d’être devancé par un concurrent, on met le tout en ondes, quitte à se rétracter ou s’excuser par la suite. Mais tout cela n’est pas sans conséquence.
Vérifier la provenance
Dans certains cas, après vérification, on découvre que la personne qui a envoyé une information avait des intentions bien précises en agissant ainsi. Ou bien on veut détruire une réputation, défendre une cause politique, religieuse ou autre ou tout simplement se payer une petit instant de gloire.
Il n’est pas dans mes intentions de souhaiter une réglementation sévère concernant l’utilisation de ces nouveaux outils. Je crois trop à la liberté de l’information pour vouloir en limiter la circulation.
Cependant, les diffuseurs ont une responsabilité que tous n’assument pas avec la même rigueur, malheureusement.
Il est toujours facile, sous le sceau de la confidentialité, d’affirmer des choses. Les lignes ouvertes à la radio, les commentaires sur Internet et les commérages ici et là permettent de véhiculer toutes sortes d’informations dont la véracité n’a pas été vérifiée. Des réputations peuvent être ainsi entachées sans que la personne attaquée puisse se défendre.
J’admets qu’un journaliste souhaite protéger une source qui lui a confié une information importante, laquelle source ne peut être identifiée sans mettre sa vie ou son emploi en jeu. Dans un tel cas, le journaliste connaît la source en question et a pu vérifier le sérieux des informations transmises avant de les publier. Dans un tel cas, l’anonymat est tout à fait acceptable, surtout lorsque la révélation des informations permet de mettre à jour un scandale comme celui des commandites au Canada. Mais ces cas sont plutôt rares.
La libre circulation des informations peut obliger les dirigeants à faire preuve d’une plus grande transparence, ce qui est bon pour la démocratie. Mais il ne faudrait pas tomber dans l’abus contraire en se permettant de lancer n’importe quelle rumeur comme si c’était la vérité.
Dans nos démocraties, la libre circulation de l’information a une grande valeur. Mais cela doit se faire dans le respect des gens et avec un souci de responsabilité qui incombe à chacun.
Avoir le courage de ses opinions
Il m’arrive souvent de recevoir des commentaires suite aux opinions que j’émets dans cette chronique. J’apprécie d’ailleurs le fait que des gens prennent le temps de me faire part de leur opinion et de me suggérer des sujets à aborder. Notez que même les opinions contraires aux miennes sont bien reçues.
Cependant, je dois vous confier que je n’accorde aucune importance aux commentaires anonymes. Ceux qui utilisent des pseudonymes ou qui ne daignent même pas signer une lettre qu’ils m’envoient ne méritent pas mon attention. D’ailleurs, ces lettres prennent vite le chemin du bac de récupération.
Personnellement, je ne me cache pas pour émettre mes opinions. Ma signature apparaît et on a même pris soin d’ajouter ma photo pour que ceux qui me croisent puissent me reconnaître. Difficile de se camoufler en procédant ainsi.
À mes yeux, une personne qui n’a pas le courage de ses opinions ne mérite pas notre respect. Faites comme moi et jouez à visage découvert; ainsi, vous mériterez mon respect, même si votre opinion diffère de la mienne.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux gens qui n’ont pas le courage d’exprimer leurs opinions en toute franchise : «Les personnes sans caractère n’ont pas d’ennemis, mais ils n’ont pas d’amis non plus.»