Où s’en vont les Conservateurs?
Les Conservateurs de Stephen Harper dirigent un gouvernement minoritaire depuis 2 272 jours, un record dans l’histoire politique canadienne. Lors des élections de 2004, 2006 et 2008, Stephen Harper n’est jamais parvenu à donner un gouvernement majoritaire à son parti.
De plus, si l’on en croit les plus récents sondages, si des élections générales étaient tenues cet été, le Canada se retrouverait à nouveau avec un gouvernement minoritaire. Ce n’est pas un bilan tellement reluisant pour un chef de parti.
D’où vient cette idée de vouloir abolir le caractère obligatoire du formulaire long du prochain recensement de Statistique Canada? Quand nous a-t-on parlé de ce projet? Jamais!
Le ministre responsable du recensement, Tony Clement, a même poussé l’audace jusqu’à tenter de nous faire croire que ce changement faisait suite à une recommandation de Statistique Canada. La démission et le démenti du principal responsable de Statistique Canada, Munir Sheikh, ont poussé Tony Clement à reconnaître que sa prétention était fausse.
Il n’y avait pas urgence d’agir dans ce dossier puisque depuis 2001, le Commissaire à la vie privée du Canada n’avait reçu qu’un total de trois plaintes à ce sujet. Imaginez; trois plaintes en 10 ans. De plus, quand M. Clement dit que les citoyens qui refusent de remplir le formulaire long s’exposent à une peine de prison, il oublie de nous dire qu’en 2006, lors du dernier recensement, 95 % des Canadiens qui avaient reçu ledit formulaire l’ont rempli tel que requis. Quant aux autres, personne n’a purgé une peine de prison et il semble qu’aucune amende n’ait été payée par les récalcitrants.
Alors, pourquoi s’attarder à ce dossier? Tout au long de sa vie, un adulte canadien pourrait devoir répondre à ce formulaire long deux fois. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat!
Le recensement canadien est l’un des plus réputés dans le monde entier. Stephen Harper, alors qu’il rédigeait une thèse à l’université, disait avoir eu de la difficulté à reproduire certaines données parce qu’on avait effectué un changement dans la collecte des données à Statistique Canada. Pourtant, aujourd’hui, c’est ce même Stephen Harper qui veut mettre la hache dans la façon rigoureuse de collecter des données. Son projet a vite fait l’unanimité contre lui.
Les véritables motivations des Conservateurs prennent plutôt racine dans la philosophie de droite qui les anime. S’ils désirent modifier la philosophie de base du gouvernement canadien en prônant une politique de droite visant à réduire l’importance de l’État, qu’ils le fassent en toute transparence, dans le cadre d’une campagne électorale et les contribuables seront alors à même de choisir.
D’ici là, les Conservateurs ne doivent pas oublier qu’une majorité d’électeurs se sont opposés à leur programme lors des trois dernières élections générales.
Remaniement à Québec
Mercredi dernier, Jean Charest a procédé à un remaniement ministériel qui ne passera pas à l’histoire. Pour qualifier ce remaniement, tous les clichés habituels pourraient être utilisés : jeu de chaise musicale, simple brassage de cartes, trios différents pour une même équipe, etc.
Toujours est-il que le seul nouveau venu au sein du cabinet est un revenant, Jean-Marc Fournier, qui effectue un retour en politique après une absence d’un peu plus de deux ans. Comme s’il ne disposait d’aucune relève au sein de sa députation libérale, le Premier ministre Charest a choisi de conserver ses mêmes soldats. Il devra vivre avec ce choix.
Dans le cadre de ce remaniement, le député de Beauce-Sud, Robert Dutil, a eu droit à une promotion. Il est passé du silencieux ministère du Revenu à celui de la Sécurité publique. En devenant le grand patron de la Sûreté du Québec, M. Dutil prend du galon et il sera beaucoup plus présent dans l’actualité politique québécoise. De plus, on lui a confié le rôle de leader adjoint de l’Assemblée nationale.
Robert Dutil n’a pas la réputation de s’emporter pour rien, ce qui devrait contribuer à rehausser le niveau des débats à l’Assemblée nationale.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine au chef conservateur, Stephen Harper : «L'impatience de gagner risque de te faire perdre.»