Des pays endettés
Au cours des derniers mois, la Grèce a défrayé les manchettes à cause d’un niveau d’endettement démesuré. Sans l’aide des autres pays européens et du Fonds monétaire international (FMI), la Grèce était sur le point de se retrouver en défaut de paiement. On était au bord de la faillite.
Malheureusement, la Grèce n’est pas un cas unique. D’autres pays sont dans une situation économique précaire. Alors que la dette globale de la Grèce représentait 102,6 % de son produit intérieur brut (PBI), celle du Québec se situe à 94 % de son PIB. Le Québec, s’il était un pays, serait le cinquième plus endetté des pays industrialisés.
Un pays ne peut pratiquement pas faire faillite. Pour rencontrer ses obligations financières, il peut couper dans ses dépenses, augmenter les impôts, les taxes et les tarifs, mais tout cela se fait au prix de sacrifices énormes que subiront ses concitoyens. Et l’argent des contribuables ainsi utilisé n’est plus disponible dans les poches des consommateurs pour faire rouler l’économie. Enfin, un pays qui ne connaît pas de croissance s’enlise.
Des citoyens endettés
Malheureusement, il n’y a pas que les pays qui sont lourdement endettés. C’est aussi le cas des individus. Et les individus, eux, ne sont pas à l’abri de la faillite. De 2008 à 2009, le nombre de faillites individuelles au Canada a augmenté de 31 %.
Chaque Canadien, adultes et enfants compris, a une dette de 41 740 $. Si l’on répartit cette même dette sur les adultes seulement, on constate que la dette de ces derniers représente 146 % de leurs revenus annuels. Ainsi, si un adulte utilisait tous ses revenus annuels pour payer ses dettes, il aurait besoin de presque un an et demi. Les Canadiens sont au septième rang des contribuables les plus endettés de la planète. Individuellement, on ne fait guère mieux que nos dirigeants politiques. Ce n’est pas très joli.
Raisons multiples
Plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation. Le crédit est devenu trop facile. N’importe qui peut disposer de plusieurs cartes de crédit, plusieurs commerces offrent différents plans permettant de ne rien payer avant un an et même plus et les banques offrent des marges de crédit à presque tout le monde.
Ce crédit facile devient vite un piège pour les acheteurs compulsifs et les voisins gonflables. À titre d’exemple, la grande majorité des détenteurs de cartes de crédit au Canada sont incapables de régler en entier leur solde mensuel. À près de 20 % de taux d’intérêt, il devient difficile de voir la lumière au bout du tunnel.
En plus du crédit facile, il faut aussi tenir compte des salaires. En 1986, le salaire moyen d’un travailleur canadien était de 25 000 $. Vingt-trois ans plus tard, en 1989, ce même salaire moyen atteint 45 055 $. Ne sautez surtout pas à la conclusion que le salaire moyen a presque doublé, ce serait une grave erreur.
En effet, il faut tenir compte de l’inflation. La valeur réelle du 45 055 $ de 2009 équivaut à 25 505 $ de 1986. En 23 ans, les salaires ont donc stagné. On ne s’est pas appauvri, mais on ne s’est pas enrichi non plus.
À moins de gagner un gros lot à la loterie, chaque individu doit emprunter un jour ou l’autre pour se procurer une maison ou une auto. L’important, c’est de ne pas emprunter au-delà de ses capacités de payer. Il nous faut être conscient que ce n’est pas combien on gagne qui importe, mais plutôt combien on dépense.
Les personnes qui savent contrôler leur crédit seront toujours en bonne position le moment venu de faire un achat important. Ça négocie toujours mieux quand on peut payer comptant ou que notre dossier de crédit est excellent.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux personnes qui devront contracter un emprunt prochainement : «Empruntez toujours votre argent aux pessimistes. Ils ne s’attendent pas à ce que vous les remboursiez.»