Des statistiques inquiétantes
Comme les adultes, les jeunes qui ne bougent pas ont tendance à prendre du poids. Déjà, entre 2 et 5 ans, 15,2 % des jeunes Canadiens présentent un surpoids et 6,3 % souffrent d’obésité. Cela est inquiétant, car nous savons tous que les bonnes habitudes d’une vie saine s’acquièrent durant l’enfance. À mesure que l’on vieillit, nous avons souvent tendance à relâcher ces bonnes habitudes. Mais si on ne les a jamais acquises durant l’enfance, la sédentarité risque fort de devenir un mode de vie menaçant pour la santé des générations qui nous suivent.
Lorsque j’étais jeune, dès mon retour de l’école ou durant les jours de congé et tout au long des vacances, nos parents nous envoyaient jouer dehors. Pas question de demeurer dans la maison; il fallait que ça bouge et, dans mon cas, Dieu sait que ça bougeait. Quand venait l’heure des repas, nos mères devaient nous appeler à plusieurs reprises pour nous convaincre de mettre fin à nos jeux et de rentrer manger.
Même les grands froids de l’hiver n’étaient pas une excuse pour demeurer dans la maison. On s’habillait plus chaudement et, pour ne pas geler, on n’avait pas le choix, il fallait bouger.
Aujourd’hui, toutes les raisons sont bonnes pour ne pas sortir : il pleut, il fait froid et, bien souvent, les parents sont les premiers à retenir leurs petits à l’intérieur de peur qu’ils attrapent un rhume, se blessent ou s’éloignent un peu trop. On veut les garder à vue.
La multiplication des écrans
Il faut aussi tenir compte de la multiplication des écrans pour expliquer la sédentarité des jeunes. Au Canada, il y a en moyenne 3,8 téléviseurs et 2,1 ordinateurs par famille. Cela sans compter tous les autres jeux électroniques grâce auxquels nos jeunes développent une grande dextérité au niveau de leurs deux pouces. Il est donc bien plus facile d’écraser un jeune devant un écran et de pouvoir l’avoir à l’œil.
Il n’est pas rare, aujourd’hui, de voir des télévisions dans les chambres des enfants ou encore des ordinateurs. Les parents n’ont alors aucun contrôle sur le nombre d’heures que leurs enfants passent devant ces écrans. Il faut aussi mentionner que, bien souvent, les parents n’ont aucune idée du genre d’émissions que regardent les jeunes ou encore des sites qu’ils fréquentent sur Internet.
J’ai été estomaqué d’apprendre que les jeunes de 6 à 18 ans passent six heures par jour devant un écran. C’est presque autant de temps que celui passé à l’école.
À qui la faute?
Quand survient un problème, on a souvent tendance à vouloir trouver un coupable. Même si cela ne contribue généralement pas à régler le problème, ça nous rassure de savoir qu’il y a un coupable, surtout lorsque ce n’est pas nous.
Dans le dossier qui nous intéresse ici, il faudrait avoir le courage d’admettre que nous avons tous une part de responsabilité. À l’étape de l’enfance, ce sont les parents qui doivent avoir le contrôle sur leurs enfants et les orienter vers de bonnes habitudes de vie. Encore faut-il ne pas se contenter de prononcer de beaux discours et faire le contraire de ce que l’on prêche.
En bas âge, les jeunes sont comme des éponges qui épousent facilement le comportement des adultes avec lesquels ils vivent. L’exemple que l’on donne prend donc une importance capitale.
Alors, tous ensemble, on fait un petit effort, on bouge et, surtout, on va jouer dehors.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les parents : «Les enfants, c’est comme les pets, on ne supporte que les siens.»