Des chiffres qui parlent
En 2007-2008, le taux de décrochage scolaire au Québec atteignait 25,7 %, soit un peu plus d’un élève sur quatre. Dans la grande région Chaudière-Appalaches, ce même taux est de 17,8 %, soit le taux le plus bas dans l’ensemble de la province.
Si l’on s’approche davantage de notre milieu de vie et que l’on regarde les chiffres obtenus par la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin, on constate que le taux de décrochage en Beauce est de 16,7 %, soit l’un des meilleurs au Québec.
Même si je me réjouis de ce résultat, il ne faudrait pas en conclure que je suis à l’aise avec un tel taux de décrochage. Personnellement, je considère qu’un seul décrocheur en est un de trop, mais il faut être réaliste.
La Beauce a longtemps été identifiée comme une région où le niveau de scolarisation était l’un des plus bas. Je fais ici référence aux informations publiées par Statistiques Canada indiquant qu’en 2006, 27,3 % des Beaucerons n’avaient aucun diplôme, alors que la moyenne au Québec était de 17,1 %.
Cette réalité, constatée dans les années 1980, avait même donné lieu à la mise en place de l’opération Défi Éducation 2000 qui visait à sensibiliser la population beauceronne à l’importance de l’éducation afin d’améliorer le taux de diplômation de nos jeunes.
Investir en soi
J’admets facilement que l’université n’est pas faite pour tout le monde. Cependant, partir dans la vie sans posséder au moins un diplôme de Secondaire V n’est pas ce que l’on appelle mettre les chances de son bord.
Aujourd’hui, même les emplois dans les usines exigent un minimum de formation pour travailler avec des appareils de haute technologie, des outils numériques et ainsi de suite. Le travailleur doit donc posséder un minimum de connaissances lui permettant d’utiliser des outils de production modernes.
Le jeune qui ne complète même pas son cours secondaire risque fort de se retrouver dans des emplois moins intéressants. De plus, avec une éducation minimum, le travailleur sera souvent condamné à des conditions de travail minimum (salaires, avantages marginaux, sécurité d’emploi, etc).
Je comprends que les jeunes d’aujourd’hui, qui rêvent de posséder leur auto, leur cellulaire et tous les autres gadgets qu’ils se plaisent à considérer nécessaires, ont hâte de gagner un peu d’argent.
Mais ils devraient savoir que le temps qu’ils passent sur les bancs de l’école constitue le meilleur investissement qu’ils ne pourront jamais faire tout au long de leur vie. L’obtention d’un diplôme leur permettra de choisir leur emploi, de négocier de meilleures conditions et d’acquérir ainsi une liberté fort précieuse. Au lieu de devoir accepter n’importe quoi, le travailleur disposant d’un diplôme aura un meilleur contrôle sur sa vie professionnelle.
Des résultats encourageants
Les récentes données du ministère de l’Éducation démontrent clairement que les résidants de la Beauce sont plus sensibilisés à l’importance de l’éducation. Depuis plusieurs années, des efforts constants ont été faits par le monde scolaire afin de sensibiliser les jeunes.
Il importe de rappeler qu’il a aussi fallu sensibiliser les employeurs de la région qui succombaient souvent à la tentation d’embaucher un jeune qui n’avait pas encore complété sa formation secondaire pour combler un poste vacant. Plusieurs employeurs ont compris que, s’ils permettaient à nos jeunes de compléter une formation minimum, ils bénéficieraient d’une main-d’œuvre plus compétente. Ainsi, le travailleur et l’employeur sont tous deux gagnants.
Il est à souhaiter que ce taux de décrochage scolaire continue à diminuer au cours des prochaines années. La pénurie de main-d’œuvre que nos entreprises ont ressentie avant la récession économique qui s’achève sera bientôt de retour, car les lois de la démographie ne mentent pas.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux personnes impliquées dans le monde de l’éducation : «Tu ne vas pas à l’école pour entrer dans un moule, mais pour en sortir.» Alfred Desrochers, poète.