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L'église catholique dans la tourmente
 

La révélation de nombreux cas de pédophilie impliquant des prêtres de l’Église catholique dans plusieurs pays a ébranlé les colonnes du Vatican.

La pédophilie constitue un crime grave, peu importe qui le commet. On a tendance à être encore plus sévère lorsque le crime est commis par ceux que l’on nous a appris à voir comme des représentants du Seigneur. Mais, que le coupable soit un prêtre, un médecin, un entraîneur de hockey ou un père de famille, ce crime demeure l’un des plus odieux, car il s’attaque à des victimes jeunes et innocentes dont la vie risque d’être ruinée.

La culture du silence
Ce qui me renverse dans toute cette affaire, ce n’est pas qu’il y ait eu des cas de pédophilie au sein du clergé. Comme tout autre personne, le prêtre est un humain exposé à l’imperfection. Son crime de pédophilie n’est pas pire que celui d’un autre, mais il n’est pas moins grave non plus.

Personnellement, en tant que chrétien, je suis scandalisé par la position de l’Église qui, depuis des décennies, connaissant bel et bien l’existence de tels cas de pédophilie, a adopté la culture du silence.

Au lieu de dénoncer ces prêtres déviants, au lieu de leur retirer leur statut de prêtre, au lieu de les livrer à la Justice, au lieu de compatir avec les victimes, l’Église catholique romaine a sciemment choisi de fermer les yeux, de simplement déplacer le problème en transférant les prêtres coupables dans une autre paroisse ou un autre diocèse pour qu’ils puissent, en toute impunité, agrandir leur territoire de prédateurs sexuels.

Face à cette attitude, j’utilise les mots du Cardinal de Montréal, Jean-Claude Turcotte qui, commentant les récents événements, déclarait que cela était : «…inacceptable et inexcusable.»

Un peu d’humilité
Comme si les vieux bonzes de l’Église n’avaient encore rien compris, ils ont préféré réagir en tirant sur les messagers, reprochant aux médias d’étaler ces cas et invoquant même la théorie du complot contre le Pape et l’Église.

On ne devrait pas être surpris de la révélation de tous ces cas, car plusieurs étaient déjà connus des plus hautes instances de l’Église. De nombreux documents circulant au sein même de l’institution en fournissent des preuves irréfutables.

Au lieu de crier à la persécution, les dirigeants de l’Église catholique devraient faire preuve d’un peu d’humilité, penser aux victimes et présenter un plan de mesures précises expliquant aux fidèles quelle sera l’attitude officielle de la vénérable (?) institution lorsque surviendront des cas similaires, car, malheureusement, il y en aura d’autres.

Faire la différence
Même si les cas de pédophilie impliquant des prêtres sont déjà trop nombreux, il ne faudrait pas que nous tombions dans le piège de la généralisation en soupçonnant tous les membres du clergé d’être des pédophiles potentiels.

Au cours de ma vie, j’ai été en contact avec de nombreux prêtres. À l’époque de ma jeunesse, dans les années 50 et 60, l’Église était omniprésente au Québec. Les écoles et les hôpitaux étaient dirigés par des frères ou des religieuses.

Lorsque j’ai fréquenté le petit Séminaire de Saint-Georges, la presque totalité de nos professeurs étaient des prêtres. Nous devions même avoir un directeur spirituel que nous rencontrions à toutes les deux semaines. Le mien, après avoir compris qu’il ne servait à rien de tenter de me convaincre que la masturbation était un péché, me parlait plus souvent de hockey que de spiritualité.

Parmi tous ces prêtres que j’ai côtoyés, aucun n’a tenté quoi que ce soit sur ma personne. J’en viens donc à la conclusion que, au sein du clergé comme dans tout autre profession, la grande majorité des membres sont d’honnêtes personnes qui, malgré leurs imperfections, accomplissent un travail admirable. Il ne faudrait pas oublier que, présentement, eux aussi souffrent de la situation actuelle.

Sachons différencier l’ivraie du bon grain, tout en souhaitant que les coupables aient le châtiment qu’ils méritent. Personnellement, j’ai appris à faire la différence entre la Foi et la religion. La seconde est une création des hommes pour exercer un pouvoir, sans plus.

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les catholiques déçus par les récentes révélations de cas de pédophilie dans l’Église : «Vous pouvez vous désoler que les roses ont des épines, mais vous pouvez aussi vous réjouir que les épines ont des roses.» Tom Wilson

 
 
Lien permanent | Commentaires (3) | Publié le avril 14, 2010 1:45 PM

Bonjour Mr Dutil,

J'aimerais réagir à votre propos : « Personnellement, j’ai appris à faire la différence entre la Foi et la religion. »

Il ne faut pas oublier que la Foi est toujours religieuse et que la Religion comporte toujours une Foi.
En séparant les deux, on peut avoir une Foi sans Religion, c'est à dire qui est complètement individuelle que l'on moule à nos désirs et nos inclinations. Ce qui rend difficile le partage de la Foi en terme de culte publique et qui peut minimiser la recherche de la Vérité.
Ou alors, on a une Religion sans Foi. C'est à dire une système religieux à laquelle on adhère sans conviction profonde. Cela n'est alors rien de plus qu'une activité sociale comme le bowling ou un club de cartes.
À mon avis, il est difficile de vivre pleinement une vie religieuse épanouie si on a pas ces deux éléments combinés.

Cordialement,
Miguel

 
 

Je suis absolument d'accord avec Miguel sur son rapport Foi/Religion.

Maintenant suite au texte de Monsieur Dutil à propos des cas de pédophilies en Église, sans vous donner mon avis, il faudra peut-être se demander un jour à qui peut bien profiter tout ce remue-ménage en Église alors qu'il y aurait, autant sinon, plus de cas chez nos amis protestants, ou les pasteurs ont droit au mariage ?
Je vous laisse lire (objectivement) l'avis du Cardinal Bertone, suivi d'un spécialiste en étymologie..

Cardinal Bertone:
Il affirme que de nombreux psychologues et psychiatres ont démontré qu’il n’y avait aucun lien entre le célibat et la pédophilie.


Maintenant sur l'étymologie..

Il s’agit d’une simple question de bon sens.
L’éthymologie dans nos temps obscurs n’est plus enseignée, et pour cause…

En grec ancien, l’homosexuel est désigné avec le terme pédéraste (παιδεραστής) : c’est celui qui est amoureux des jeunes garçons… mais néanmoins pubères ! Le pédophile n’existe pas en grec ancien mais on rencontre celui de philopaide (φιλόπαις, -αιδος) : c’est celui qui aime ses enfants ou celui qui aime les enfants, comme le philosophe est celui qui aime la sagesse.
Le pédophile est un mot créé à partir du grec : c’est la construction inversée de philopaide (les lettres αι sont parfois retranscrites avec un e). Ce suffixe -phile est gênant car la philia (φιλία) grecque n’a rien de pervers. En grec moderne, philos (φίλος) désigne l’ami. Le francophile, c’est celui qui aime la culture française et non celui qui viole les jeunes Français !

La racine péd- désigne l’enfant et se rencontre aussi chez le pédiatre (en grec moderne παιδιάτρος) : le médecin (ιατρός) des enfants.

Claude.

 
 

Dire qu'il y en a encore qui croient en cette organisation... en continuant à vous marier et à baptiser vos enfants, vous endossez, indirectement, tous ce que fait et dit l'église.

 
 
Publié par Jean Savoie | avril 20, 2010 3:09 PM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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