Mourir dignement
L’idée de mourir dignement est généralement bien acceptée dans notre société. Des campagnes de sensibilisation visant à combattre l’acharnement thérapeutique, la souffrance et le prolongement de la vie à outrance ont permis aux gens d’évoluer vers l’acceptation de la mort.
Lorsque l’on aborde le sujet de la mort, tout le monde rêve de mourir dans son sommeil, sans souffrir, sans devenir un fardeau pour ses proches. Mais la vie n’est pas équipée d’une «switch» que l’on peut placer à «on» ou à «off». Si la mort est un fait admis, son moment et sa façon nous sont inconnus et c’est bien ainsi.
Aujourd’hui, grâce à des chambres de fin de vie dans les hôpitaux ou des endroits comme la Maison Catherine-de-Longpré, les malades en phase terminale disposent de soins palliatifs leur permettant de finir leurs jours dans la dignité. De plus, la plupart des professionnels de la santé acceptent de soulager les souffrances des malades, même s’ils sont conscients que les médicaments utilisés peuvent contribuer à devancer quelque peu la mort. À ce stade, un jour ou deux ne fait pas une grande différence.
De plus en plus délicat
Les concepts euthanasie et suicide assisté sont toujours considérés comme des actes criminels au Canada.
Dans mon petit Larousse illustré, on définit ainsi l’euthanasie : «Acte d’un médecin qui provoque la mort d’un malade incurable pour abréger ses souffrances ou son agonie.» On prend soin d’ajouter que cela est illégal dans la plupart des pays. Mon Larousse introduit également le concept d’euthanasie passive en le décrivant ainsi : «Acte d’un médecin qui laisse venir la mort d’un malade incurable sans acharnement thérapeutique.»
Quant au suicide assisté, on parle alors de l’intervention d’un tiers qui aide délibérément une personne à s’enlever la vie. On atteint là un stade d’intervention plus avancé.
L’euthanasie et le suicide assisté ne font pas l’unanimité. Il sera très difficile de légiférer à ce sujet, car le sens des mots utilisés dans une loi laisse toujours place à l’interprétation. Que voulez-vous, il faut bien que les avocats gagnent leur vie!
De plus, l’euthanasie et le suicide assisté impliquent l’intervention d’une tierce personne qui accepte de poser un geste tout en sachant sciemment que cela provoquera la mort de l’autre. On ne parle plus ici d’une personne qui décide de s’enlever la vie par elle-même.
Présentement, selon le code criminel, une personne qui pose un tel geste s’expose à une poursuite, voire à une condamnation. C’est précisément à ce niveau que les protagonistes du droit à l’euthanasie et au suicide assisté prônent des changements à la loi afin de décriminaliser ces gestes.
Lorsque l’on analyse la question en prenant pour exemple le cas précis d’une personne souffrant d’une maladie incurable, on a parfois tendance à adoucir notre position. Mais, là encore, les valeurs de chacun doivent être prises en considération.
En ouvrant la porte à la décriminalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, il faut être conscient que le législateur devra encadrer très précisément leur recours. Personnellement, je dois vous avouer que je ne suis pas encore prêt à ouvrir la porte à une pratique libre de l’euthanasie et du suicide assisté.
Cependant, je reconnais qu’aborder le sujet peut contribuer à faire évoluer le débat, laissant à chacun le soin de décider en fonction de ses valeurs personnelles et de ses croyances. Il est probable que nous entendrons parler encore longtemps de ces concepts avant que la loi ne soit modifiée. À chacun sa conscience!
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à celles et ceux qui se croient éternels et, croyez-moi, ils sont nombreux : «Les hommes vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu.» Dalai-Lama