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L'euthanasie, un sujet fort délicat
 

Le gouvernement québécois a mis sur pied une «Commission sur la question du droit de mourir dans la dignité.» Le sujet est tellement délicat qu’après seulement une semaine d’audiences, on a jugé bon d’en modifier le nom pour «Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité.»

Les médecins, infirmières, théoriciens, éthiciens et autres spécialistes qui se sont exprimés ont vite fait déborder le sujet sur l’euthanasie et le suicide assisté. À chaque fois que l’on évoque ces concepts, le débat s’anime. C’est normal, car cela heurte les valeurs humaines, morales et religieuses de chaque individu.

Mourir dignement
L’idée de mourir dignement est généralement bien acceptée dans notre société. Des campagnes de sensibilisation visant à combattre l’acharnement thérapeutique, la souffrance et le prolongement de la vie à outrance ont permis aux gens d’évoluer vers l’acceptation de la mort.

Lorsque l’on aborde le sujet de la mort, tout le monde rêve de mourir dans son sommeil, sans souffrir, sans devenir un fardeau pour ses proches. Mais la vie n’est pas équipée d’une «switch» que l’on peut placer à «on» ou à «off». Si la mort est un fait admis, son moment et sa façon nous sont inconnus et c’est bien ainsi.

Aujourd’hui, grâce à des chambres de fin de vie dans les hôpitaux ou des endroits comme la Maison Catherine-de-Longpré, les malades en phase terminale disposent de soins palliatifs leur permettant de finir leurs jours dans la dignité. De plus, la plupart des professionnels de la santé acceptent de soulager les souffrances des malades, même s’ils sont conscients que les médicaments utilisés peuvent contribuer à devancer quelque peu la mort. À ce stade, un jour ou deux ne fait pas une grande différence.

De plus en plus délicat
Les concepts euthanasie et suicide assisté sont toujours considérés comme des actes criminels au Canada.

Dans mon petit Larousse illustré, on définit ainsi l’euthanasie : «Acte d’un médecin qui provoque la mort d’un malade incurable pour abréger ses souffrances ou son agonie.» On prend soin d’ajouter que cela est illégal dans la plupart des pays. Mon Larousse introduit également le concept d’euthanasie passive en le décrivant ainsi : «Acte d’un médecin qui laisse venir la mort d’un malade incurable sans acharnement thérapeutique.»

Quant au suicide assisté, on parle alors de l’intervention d’un tiers qui aide délibérément une personne à s’enlever la vie. On atteint là un stade d’intervention plus avancé.

L’euthanasie et le suicide assisté ne font pas l’unanimité. Il sera très difficile de légiférer à ce sujet, car le sens des mots utilisés dans une loi laisse toujours place à l’interprétation. Que voulez-vous, il faut bien que les avocats gagnent leur vie!

De plus, l’euthanasie et le suicide assisté impliquent l’intervention d’une tierce personne qui accepte de poser un geste tout en sachant sciemment que cela provoquera la mort de l’autre. On ne parle plus ici d’une personne qui décide de s’enlever la vie par elle-même.

Présentement, selon le code criminel, une personne qui pose un tel geste s’expose à une poursuite, voire à une condamnation. C’est précisément à ce niveau que les protagonistes du droit à l’euthanasie et au suicide assisté prônent des changements à la loi afin de décriminaliser ces gestes.

Lorsque l’on analyse la question en prenant pour exemple le cas précis d’une personne souffrant d’une maladie incurable, on a parfois tendance à adoucir notre position. Mais, là encore, les valeurs de chacun doivent être prises en considération.

En ouvrant la porte à la décriminalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, il faut être conscient que le législateur devra encadrer très précisément leur recours. Personnellement, je dois vous avouer que je ne suis pas encore prêt à ouvrir la porte à une pratique libre de l’euthanasie et du suicide assisté.

Cependant, je reconnais qu’aborder le sujet peut contribuer à faire évoluer le débat, laissant à chacun le soin de décider en fonction de ses valeurs personnelles et de ses croyances. Il est probable que nous entendrons parler encore longtemps de ces concepts avant que la loi ne soit modifiée. À chacun sa conscience!

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à celles et ceux qui se croient éternels et, croyez-moi, ils sont nombreux : «Les hommes vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu.» Dalai-Lama

 
 
Lien permanent | Commentaires (2) | Publié le mars 10, 2010 7:40 AM

Monsieur Dutil , vous ne touchez que la pointe du iceberg. Il faudrait aussi réfléchir sur les dangers de dérive advenant une légalisation de l'euthanasie ou du suicide assisté. Je vous invite à lire l'article suivant: Un kit euthanasie dans les pharmacies belges à l'adresse:
http://lci.tf1.fr/science/2005-04/kit-euthanasie-dans-pharmacies-belges-4895910.html

La loi belge permet aux généralistes de pratiquer l'euthanasie au domicile du malade. Un kit spécial, contenant les produits adéquats, est disponible dans 250 pharmacies du pays.

Vous trouverez ci-dessous le commentaire d'un belge qui suivait l'article en question.
Ça m'a donné des frissons en pensant à une dérive possible au Québec.Peut-on s'imaginer une telle situation ...

Schnorkul, le 06 Juillet 2009 à 17h17
j'aimerais savoir quel medecin allez voir en belgique afin de discuter pour obtenir un kit d euthanasie. Mes parents et moi s'interrogeons sur ce kit , car j'ai un petit frère autiste (grave) qui as 20 ans, il souffre , ne trouvant pas d’etablissement adapté a son handicap et depuis nous savons que mon petit frere a subi des maltraitance là bas . Nous ne supportons plus de le voir souffrir à ce point. Pouvez vous nous aider à trouver un médecin generaliste . Merci

 
 
Publié par Linda Couture | mars 10, 2010 8:38 PM

MOURIR EN SANTÉ SERAIT L'IDÉAL

Tout le monde veut aller au ciel, mais personne ne veut mourir, dit-on. C'est un sujet qui porte à réflexions sérieuses et l'euthanasie doit devenir un grand débat de société. L'idéal est de regarder ce sérieux sujet, cas par cas. Ça ne doit pas être si drôle que ça pour les professionnels de la santé, de voir souffrir leurs patients, sans parvenir à les soulager.

Je connais personnellement des personnes âgées qui sereinement ont eux-mêmes exigées avec le support de leurs enfants et des professionnels de la santé qui les accompagnaient en fin de vie, de mettre un terme final à leurs souffrances insoutenables. Dans l'heure qui a suivit, elles sont décédées en douceur devant les personnes aimées. On appelle cela comment ? Peu importe.

Responsabilité de chacun et du gouvernement, Code de déontologie médical

Je lève mon chapeau à ces deux personnes âgées, ainsi qu'aux médecins qui ont eu l’humanité d’en finir avec ces souffrances, impossible à soulager sans médication forte. Cela conduit inévitablement au décès. Je n’appelle pas cela tout à fait l’euthanasie, mais plutôt, permettre à des êtres humains de terminer leurs jours plus dignement; du moins tant et aussi longtemps que le gouvernement n'amorcera pas de sérieuses discussions de société à ce sujet.

Je reste prudente pour me prononcer directement pour l'euthanasie. Il y a tellement de réflexions profondes à prendre pour nous d'abord. Ensuite, il est important d'en discuter avec nos proches, tout comme il devra y avoir des ajouts majeurs et humanitaires au code de déontologie médical.

Je crois aussi que si la souffrance physique chronique était beaucoup mieux soulagée, plusieurs n'écriraient pas leurs testaments biologiques pour être euthanasiés si rapidement que ça, advenant la légalisation de l'euthanasie.

Les douleurs chroniques invisibles

Hélas, les douleurs chroniques, invisibles et combien souffrantes et invalidantes pour les gens atteint, font atrocement souffrir mais pas mourir. On doit abolir les préjugés envers ces gens touchées par ce fléau, du matin au soir et du soir jusqu'au matin. Ces personnes doivent absolument obtenir un réel soulagement. Parce que les laisser souffrir et dépérir sans les soulagés, devient carrément inhumain et non professionnel.

Le testament biologique

Personnellement, je suis à rédiger mon testament biologique qui est un testament efficace de notre vivant, en prévention de trop grandes souffrances atroces insoutenables et non soulagées et pour les gens en fin de vie.

Vaut mieux choisir et écrire ses volontés de son vivant, advenant qu'il se trouve dans l'impossibilité de le dire ou de l'écrire, lorsque des jours plus sombres se pointeront le bout du nez; souvent sans avertir.

Mon opinion est encore partagée sur le sujet de l'euthanasie. Tout le monde veut aller au ciel, mais personne ne veut mourir, comme cite une chanson. L'idéal est encore de souhaiter mourir dans son sommeil sans aucune souffrance ou mourir debout et en santé. Pour cela, autant vivre comme si c'était toujours notre dernière journée. C'est plus facile à écrire qu'à pratiquer.

Patricia Turcotte
Saint Georges ( Québec )
Le 09 avril 2010

 
 
Publié par Patricia Turcotte | avril 9, 2010 9:56 PM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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