Le Club des ex
La semaine dernière, 15 personnalités québécoises ont publié une lettre ouverte adressée au ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand. Dans cette lettre, les signataires recommandaient plusieurs mesures pour améliorer l’état des finances publiques du Québec, lesquelles se trouvent dans un état lamentable.
On peut être d’accord avec certaines des mesures proposées ou s’y opposer, mais là n’est pas le propos de cette chronique.
Personnellement, ce qui m’a surpris, c’est de retrouver, dans la liste des signataires de cette lettre, les noms de plusieurs anciens dirigeants ayant occupé des postes de toute première importance au sein du gouvernement québécois.
Parmi ces noms, on retrouve Lucien Bouchard, ex-Premier ministre, Joseph Facal, ex-président du Conseil du Trésor, Michel Audet, ex-ministre des Finances et Monique Jérôme-Forget, ex-ministre des Finances, celle-là même qui a préparé le dernier budget qui devrait se solder par un déficit de près de 5 milliards de dollars au 31 mars prochain.
Je me surprends à constater que, soudainement, ce nouveau club des ex semble connaître les solutions à apporter aux problèmes du Québec d’aujourd’hui. La situation critique de nos finances n’est pas un problème survenu il y a quelques mois. Les gouvernements péquistes et libéraux qui se sont succédé au cours des 20 dernières années méritent tous une part du blâme.
Quand je prends connaissance des suggestions avancées, mon premier réflexe est de me dire : pourquoi n’avez-vous pas agi pendant que vous étiez au pouvoir? Si vous connaissiez les solutions, pourquoi ne pas les avoir appliquées?
Analyser l’air
Finalement, j’en suis venu à penser que le problème est ailleurs.
Lorsque l’on parle à un individu qui se dit intéressé à se présenter comme député, celui-ci a généralement de bonnes idées, des intentions louables et il se dit disposé à travailler pour le bien de ses concitoyens.
C’est à peu près la même chose qui se passe durant une campagne électorale. Peu importe le parti qu’ils représentent, tous les candidats disent avoir trouvé les moyens pour améliorer le sort des pauvres citoyens que nous sommes.
Et pourtant, une fois élus, les députés, dès qu’ils se présentent à l’Assemblée nationale, semblent avoir oublié leur discours électoral. Il suffit de quelques jours passés dans l’édifice du Parlement pour que l’on commence à changer son discours, à adopter la langue de bois, à ne tenir que des propos politiquement corrects, en somme, à se mouler dans un nouveau costume qui, finalement, ne fait à personne.
Quand j’observe ce phénomène étrange, je me dis que, si tant d’individus adoptent un comportement aussi étrange allant à l’encontre des propos qu’ils tenaient il y a quelques jours à peine, le problème doit être à l’intérieur de l’enceinte du Parlement.
Alors, à titre d’élément de solution, j’aimerais suggérer à nos dirigeants politiques de procéder dans les plus brefs délais à l’analyse de l’air qui circule à l’intérieur du Parlement. On sait qu’il s’agit d’un vieil édifice, alors il est possible que la ventilation soit déficiente et contribue à répandre dans cette auguste enceinte de l’air infecté d’un virus quelconque attaquant le cerveau de nos élus. Cela expliquerait bien des choses.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les citoyens que nous sommes : «Une société se meurt quand l’individu ne l’entend pas. L’individu se meurt quand la société ne l’entend pas.» Renaud Longchamps, poète beauceron.