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Nous émergeons à peine d’une crise économique qui a eu des impacts importants dans notre région. Même si on parle de reprise, il faudra encore du temps pour que l’on retrouve le niveau d’emploi que nous connaissions en 2006. Le mal est fait, mais il ne sert à rien de s’apitoyer sur le passé; mieux vaut envisager l’avenir avec confiance et détermination puisque, si l’on ne peut changer le passé, on peut influencer l’avenir.

Il y aura bientôt 20 ans que les dirigeants de Saint-Georges n’ont pas senti le besoin de réunir autour d’une même table les forces vives de notre milieu pour échanger sur notre avenir.

De nombreux défis
Au cours des prochaines années, notre région devra relever de nombreux défis. Comme partout ailleurs, la réalité démographique, marquée par une baisse de la population, rendra plus difficile le recrutement de la main-d’œuvre nécessaire pour nos entreprises manufacturières, de services ou commerciales.

De plus, si nos jeunes qui vont étudier à l’extérieur décident de demeurer dans les grands centres urbains, cela accentuera le problème de la relève.

Le renouvellement de la population est un défi constant pour les régions. On connaît plusieurs régions qui se vident lentement, mais sûrement de leur population. Il devient alors difficile d’y assurer le maintien et le développement des services.

Heureusement, nous n’en sommes pas encore là dans la MRC Beauce-Sartigan. De 2001 à 2008, la population de notre MRC est passée de 48 836 à 50 514 habitants, ce qui représente une croissance d’à peine 0,5 % annuellement.

Profiter de nos forces
Notre région n’est pas dépourvue d’attraits. Sur le plan économique, nous continuons de pouvoir compter sur la présence d’une foule de PME qui résistent souvent mieux aux crises à cause de leur capacité à réagir rapidement.

L’infrastructure manufacturière de la Beauce ne repose pas seulement sur une ou deux grosses entreprises qui risquent d’entraîner l’ensemble d’une région dans la tourmente lorsqu’elles sont en difficulté. Pour bien comprendre cette réalité, pensons aux régions du Saguenay et du Lac-St-Jean qui sont largement dépendantes de l’aluminium et de la forêt. Chez nous, la diversité de nos entreprises fait en sorte que toutes sont rarement en difficulté en même temps.

Au cours des dernières années, plusieurs entreprises de services, notamment dans le secteur de la nouvelle économie, ont vu le jour et se sont développées grâce au programme gouvernemental qui a soutenu ce secteur. Quant aux commerces, notre région est bien pourvue et il est possible de faire tous ses achats sans avoir à aller à l’extérieur.

Du côté scolaire, notre région est également bien desservie. En plus des niveaux primaires et secondaires, la Beauce compte sur une Cégep et un Centre universitaire permettant à nos jeunes de recevoir une formation complète dans plusieurs domaines, sans avoir à quitter la région.

Enfin, même en situation de crise économique, la Beauce a continué à avoir un taux de chômage inférieur au taux moyen canadien. À mesure que la reprise se concrétisera, il y aura suffisamment de travail chez nous pour notre main-d’œuvre et l’on risque même d’en manquer d’ici peu.

Le «timing» est bon
La décennie qui débute nous forcera à évaluer nos forces et nos faiblesses de façon à bien se positionner pour affronter les défis qui nous attendent.

Tant à Ottawa qu’à Québec, nos gouvernements sont confrontés à des niveaux d’endettement inquiétants. Des décisions majeures devront être prises si l’on ne veut pas continuer à hypothéquer les générations qui vont suivre. Qu’on le veuille ou non, ça va faire mal et il nous faut apprendre à compter de moins en moins sur les gouvernements. Il faudra se prendre en main.

Pour réussir une telle démarche, j’invite nos dirigeants locaux et régionaux à réunir autour d’une même table les intervenants des secteurs économique, social, culturel, syndical, politique et autres afin de choisir ensemble les voies que nous voulons emprunter pour préparer un avenir prometteur pour l’ensemble de notre population.

Qui osera relever ce défi?

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux forces vives du milieu qui auront à se pencher sur notre avenir collectif : «Ayez suffisamment confiance en vos moyens et en la vie pour emprunter les chemins les moins fréquentés.» Don Thain, professeur à l’Université Western Ontario.

 
 
Lien permanent | Commentaires (0) | Publié le février 17, 2010 8:24 AM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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