Changer ses paradigmes
Les opposants au site du centre-ville évoquent toujours l’argument du stationnement. Les dirigeants municipaux ont clairement démontré qu’en dedans d’un rayon de 300 mètres de la salle de spectacles, il y a 623 espaces de stationnement public disponibles, ce qui est largement suffisant. Si l’on s’éloigne jusqu’à 400 mètres, on retrouve alors 782 espaces.
J’admets que ces espaces, du moins en partie, sont souvent utilisés par les gens qui travaillent ou magasinent au centre-ville. Personnellement, depuis des lunes, chaque fois que je me rends dans un commerce du centre-ville, je n’ai aucune difficulté à trouver du stationnement. Il m’arrive de ne pas trouver une place à la porte même du commerce où je me rends, mais ce n’est pas un problème.
Quand je me rends à un spectacle à Québec, je ne puis me stationner à la porte de la salle de spectacles. Pourquoi devrait-il en être autrement à Saint-Georges? J’ai eu l’occasion de faire le tour du Québec de vivre dans d’autres régions et de visiter une trentaine de pays sur la planète. Dans la très grande majorité des cas, les salles de spectacles sont en plein centre-ville et cela crée un achalandage très profitable pour les commerces situés dans la périphérie. Une fois de plus, pourquoi devrait-il en être autrement à Saint-Georges?
Combien de fois?
Les Amants de la Scène présentent 45 spectacles au cours de leur saison 2009-2010. Il y en a 14 les vendredis et 17 les samedis. Admettons qu’il y ait parfois des problèmes les vendredis, il n’y a pas foule au centre-ville, au sud du pont, les samedis. Et si, pour profiter des espaces de stationnement les plus près, les gens décident de se rendre au centre-ville plus tôt pour souper au restaurant ou faire un brin de magasinage, ce sera tant mieux pour les commerçants qui en profiteront.
Un premier pas
On parle de revitaliser le centre-ville de Saint-Georges depuis 1995. Jusqu’à date, on s’est contenté d’en parler et rien n’a été fait. La construction d’une salle de spectacles pourrait devenir un premier pas pour la réalisation d’un plan d’ensemble de revitalisation de notre centre-ville qui en a bien besoin.
C’est dans cette perspective que je me rallie au projet adopté par le Conseil de Saint-Georges. Si on se contente de construire un complexe culturel sans plus, c’est un mauvais choix. Mais si on situe ce projet dans une perspective à moyen et long terme, j’embarque.
Lorsque les conseillers Serge Thomassin et Lionel Bisson ont justifié leur vote en faveur du centre-ville en faisant miroiter la possibilité d’une passerelle au-dessus de la rivière qui permettrait de circuler de la première avenue jusqu’à l’Arboretum, en passant par le Centre Marie-Fitzbach, le site de l’église St-Georges, le futur musée situé au Foyer du Bon-Pasteur et le Parc Lacasse, j’y ai vu une opportunité que l’on n’a pas le droit de rejeter.
La décision n’a sans doute pas été facile à prendre pour nos élus, mais cette décision est à la fois courageuse parce qu’elle ne fait pas l’unanimité et visionnaire parce qu’elle nous oblige à penser à long terme.
Maintenant que la décision est prise, j’ose espérer que les citoyennes et citoyens de Saint-Georges seront en mesure de se rallier derrière ce beau projet qui dotera notre ville et notre région d’une infrastructure de qualité et qu’ils oublieront leurs petites querelles personnelles qui ne mènent à rien.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux dirigeants municipaux de Ville de Saint-Georges qui ont voté en faveur de la construction du complexe culturel au centre-ville : «Ne cherche pas d’explication. Tes amis n‘en ont pas besoin et tes ennemis ne vont pas te croire de toute façon.»