Des échecs importants
Depuis plusieurs années, notre système d’éducation connaît des ratés que l’on ne peut nier. Nos jeunes ne savent plus écrire, non pas parce qu’ils sont plus imbéciles que leurs parents, mais tout simplement parce que des bonzes du ministère de l’Éducation ont décidé que cela n’était plus important.
Aujourd’hui, ce problème atteint des proportions telles qu’une majorité de nouveaux enseignants sont incapables de réussir un test de français peu compliqué. Comment voulez-vous que ces nouveaux enseignants soient en mesure d’apprendre aux autres ce qu’ils n’ont pas appris eux-mêmes?
Les gens qui oeuvrent dans le monde de l’éducation ont tous eu l’occasion de constater que, lorsque tu ne contrôles pas bien ta langue maternelle, tu éprouves des difficultés dans les autres matières. Si tu as de la difficulté à lire, tu auras de la difficulté à comprendre les données d’un problème mathématique. De plus, si tu ne maîtrises pas bien ta langue maternelle, tu auras de la difficulté à apprendre d’autres langues.
Une connaissance adéquate d’une langue est à la base du succès dans plusieurs autres matières. Il y a pourtant des années que l’on a fait ce constat, mais on s’entête à continuer dans le même chemin qui mène à l’échec.
Le ratio prof-élèves
Lors de la dernière campagne électorale provinciale, la Ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, avait promis de réduire le radio prof-élèves dans les classes afin que les enseignants puissent offrir un meilleur services à des groupes contenant moins d’élèves. Comme vous, j’avais compris de cette promesse que, dans l’ensemble des écoles, les professeurs auraient moins d’élèves par classe et pourraient améliorer l’encadrement de chacun.
Que j’étais donc naïf! Comme d’habitude, la Ministre n’a pas tenu parole. Pire encore, elle a tripoté les normes de son ministère de façon à ce que des écoles n’aient plus droit à ce ratio réduit.
Pour que les écoles aient droit à des classes moins nombreuses, il faut qu’elles soient établies dans des milieux défavorisés et cette classification repose sur une liste de critères mis de l’avant par le ministère de l’Éducation. Or, pour l’année scolaire en cours, alors que l’on s’attendait à une réduction du ratio prof-élèves, la Ministre a modifié les normes d’application de ce programme et il en a résulté que 105 écoles ont gagné, alors que 150 ont perdu leur statut. Finalement, il y a 45 écoles de moins au Québec qui ont droit à un ratio réduit.
Ce système donne même lieu à des aberrations. À titre d’exemple, une même école peut bénéficier d’un ratio réduit en première et deuxième années, mais pas à partir de la troisième année. Comme si seulement les jeunes du premier cycle du primaire étaient défavorisés.
Le bien de l’enfant
Le budget de l’éducation au Québec atteint les 14,4 milliards de dollars, soit 22 % de l’ensemble du budget de la province. Quand les dirigeants du monde de l’éducation prennent la parole, ils répètent à satiété que ce qui les guide avant tout, c’est le bien de l’enfant. Permettez-moi d’en douter.
Pendant que nos commissions scolaires réalisent des surplus dont le gouvernement s’empresse de saisir, des jeunes sont obligés de faire du porte-à-porte pour vendre du chocolat afin d’acheter des équipements pour les cours d’école, on réduit les heures de travail des concierges dans les écoles, on manque d’argent pour acheter du savon dans certaines écoles.
Arrêtons de faire de beaux discours et concentrons nous sur les jeunes avant tout. Ils ont droit à une éducation qui leur donnera les munitions suffisantes pour leur permettre d’être des citoyens éclairés.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux dirigeants scolaires: «Quand on ne franchit jamais les limites, on se réveille un matin cerné de toutes parts.» Robin Williams