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La facture s'en vient
 

Depuis des décennies, les dirigeants politiques québécois, tous partis confondus, n’ont pas exercé un contrôle judicieux sur les finances de notre province. Nous avons vécu et continuons de vivre sur une carte de crédit comme si la marge était illimitée.

Si un individu peut se permettre de faire faillite pour annuler ses dettes, un état ne le peut pas. Un jour, tôt ou tard, quelqu’un devra payer. Or, il semble que la facture soit sur le point d’arriver.

Des chiffres qui font peur
La dette du gouvernement du Québec atteint présentement 127 milliards. Ce montant n’inclut pas les dettes des hôpitaux, des commissions scolaires, d’Hydro Québec et des autres sociétés publiques, toutes garanties par le gouvernement. En 1991, la dette québécoise était de 37,6 milliards, ce qui signifie qu’en moins de 20 ans, notre dette collective a crû de 238 %.

Avec 23 % de la population canadienne, la dette du Québec représente 40 % des dettes de toutes les provinces du Canada. Si cette dette était répartie sur chaque citoyen québécois, poupons inclus, chacun de nous devrait 16 336 $.

De savants économistes nous diront qu’il ne faut pas considérer le montant global de la dette, mais qu’il faut plutôt évaluer celle-ci en rapport avec le produit intérieur brut (PIB) qui représente la valeur de tout ce que nous produisons en biens et services. Or, la dette du Québec représente 42 % de notre PIB. En Ontario, c’est

25 % et au Canada, c’est 32 %.

À chaque année, les intérêts sur cette dette accaparent plus de 9 milliards sur un budget global de 66,1 milliards, soit 13,6 % de l’ensemble des dépenses qui s’en vont ainsi en pure perte.

Il ne faut donc pas être surpris que notre niveau de vie soit le plus bas au Canada à 38 898 $ par habitant. Nos voisins Ontariens, pour leur part, ont un niveau de vie de 45 472$.

Le Québec est présentement la province la plus endettée au Canada et ses citoyens sont les plus taxés et les plus pauvres. Notre revenu personnel disponible, après paiement des impôts, est inférieur de 3 477 $ au revenu des autres citoyens canadiens.

Des solutions douloureuses
Comment mettre fin à cette hémorragie? Ce ne sera pas facile et ça demandera beaucoup de courage à nos politiciens, une denrée rare. Nos dirigeants ont toujours préféré camoufler la réalité, nous faire croire que tout va bien, ajouter de nouveaux services et nous donner l’illusion que tous les services gouvernementaux sont gratuits. Il n’y a pourtant rien de gratuit.

Les Libéraux de Jean Charest ont amorcé une préparation psychologique dernièrement, parlant d’augmentation de tarifs, de taxes, de coupures dans divers services. Peu importe les moyens qui seront choisis, ça va faire mal et il faut s’attendre à mettre la main dans nos poches une fois de plus.

Mais il n’y a pas que les politiciens qui devront faire preuve de courage. Les citoyens ont aussi une part de responsabilité dans la situation que nous vivons. Il faudra cesser de s’abreuver constamment aux mamelles gouvernementales à chaque fois que l’on désire quelque chose.

C’est bien beau des garderies à 7 $ par jour, des frais de scolarité les plus bas en Amérique du Nord, une assurance médicaments, des congés parentaux d’un an, des tarifs d’électricité bas, mais qui va payer tout ça? On ne peut continuer à pelleter en avant en laissant aux générations qui suivent le soin de payer la facture.

Au rythme où nous dépensons, nous nous dirigeons vers un mur. Ou bien nous continuons au même rythme en fonçant en ligne droite sur ce mur, ou bien nous amorçons un virage qui nous permettra d’éviter le pire.

La première étape consistera à arrêter la progression de notre dette. Après quoi on pourra songer à la rembourser. Comme citoyens et contribuables québécois, nous avons le choix de décider si nous ferons partie du problème ou de la solution. Oublions les acquis et le modèle québécois et agissons de façon responsable en cessant d’hypothéquer les générations qui suivent et en vivant selon nos moyens.

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à nos dirigeants politiques et aux citoyens que nous sommes: «Ce n’est pas parce que nous osons que les choses sont difficiles, mais plutôt parce que nous n’osons pas.» Sénèque

 
 
Lien permanent | Commentaires (4) | Publié le octobre 7, 2009 12:19 AM

on ne peut pas être plus réaliste que ça; c'en est rendu que je dis à mes deux fils diplomés universitaire d'étudier la possibilité d'aller travailler dans un autre pays, n'entrevoyant aucun avenir intéressant pour le Québec; cependant, je ne sais pas où: peut-être dans un pays émergent!!!

 
 
Publié par André Spénard | octobre 7, 2009 8:49 AM

Les Albertains payent leur essence au prix du marché et la province engrange les pétro dollars... et seulement en partie, car les pétrolières se sucrent le bec en premier. Nous ici, on paye aussi l'essence au prix du marché sans aucun bénéfice et on s'adapte à toutes les hausses... nous n'avons pas le choix.

Je ne comprends pas encore pourquoi on ne fait pas la même chose au Québec avec notre électricité. On paye 0,063 $ le KWh alors qu'à New-York, c'est plus de 0,16 $ le KWh et près de 0,20 $ à San Francisco. Si on payait notre électricité un peu plus cher, peut-être même pas au prix du marché, les gens en gaspilleraient moins, il y en aurait plus pour l'exportation, on contribuerait à la diminution des GES chez nos voisins et Hydro-Québec (donc le gouvernement... donc nous tous) engrangerait les électro dollars à 100 %. Et je suis sûr qu'on s'adapterait très bien... comme pour tout le reste d'ailleurs.

Voilà un choix de notre société, fait dans les années 70, qu'il faudrait revoir à notre plus grand avantage à tous.

 
 
Publié par Vincent Lagueux | octobre 9, 2009 6:20 AM

j'ai ete tellement surpris par vos propos que ca m'a pris un peu de temps avant de commenter.
la facture s'en vient.

j'ai 66 ans et je suis une des personnes qui a endetté notre descendance pour un eternité et je suis un grand consommateur moi meme.

quand j'achetais quelque chose je partais du magasin avec ma facture et je savais que la facture devra etre payer dans un avenir raproché.nos dirigeants etaient comme la plupart d'entre nous.ils avaient la facture et s'en fichaient eperdument,les jeunes payeront devaient ils se dire.pas un de ces personnes ne se sont endettés de cette facon plus encore ils nous volaient carement pour en mettre plus dans leurs poches et ainsi faire grimper le fardeau de nos jeunes.j'ai entendu dire par real caouette il y a 60 ans exactement la meme phrase que la votre la facture s'en vient on l'a traité de tous les noms meme que l'on lui a servi cette phrase LA PIASTRE A CAOUETTE et aujourd'hui soinante ans plus tard les americains font exactement ce que m. caouette disait donner de l'argent au peuple et la crise va passer et il insistait pour que la banque du canada prete directement au peuple pour nous sauver l'interet. aujourd'hui on sauverait 9 milliards d'interets que nous donnons aux financiers.un autre exemple j'ai entendu dire par rené levesque ministre du gouvernement lesage d'acheter hydro quebec que ce serait l'achat du siecle il ajoutait que dans 20 ans ,hydro nous emettrait un cheque a tous les mois au lieu que d'une facture.au lieu de tout ca hydro se doit le c... et nous comme gouvernement on se doit encore plus.
qu'est ce que l'on va laisser a la generation,que dis-je aux generations futures?

on a administré sans aucun sens de l'avenir,on a gaspillé toutes les ressources,on a volé tout ce qu'il y avait a volé.
on leur laisse la facture. quelle belle heritage.

je suis content d'avoir 66 ans et de pouvoir deviner ce qui s'en vient,ce n'est pas la facture croyez moi.

 
 
Publié par pier-emil rodrigue | octobre 12, 2009 7:02 PM

Le Vérificateur général du Québec a parlé des horreurs financiers dans le communautaire dans son Rapport 2008-2009, Tome 1, chapitre 3. Des millions gaspillés annuellement pour venir en aide à de fausses victimes. Il existe 5 000 organismes communautaires au Québec sans contrôles sérieux de l'État. Le nettoyage des finances d'organismes sociaux parasites permettrait de diminuer notre dette nationale. Mais ça prendrait du courage politique pour faire cela.

 
 
Publié par Jean-Pierre Gagnon | octobre 13, 2009 8:02 AM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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