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Une rentrée grippée
 

La rentrée scolaire 2009 donne présentement lieu à une quasi-panique reliée à la grippe A H1N1, un nom qui ressemble plus à un code postal qu’à une maladie. Les dirigeants politiques et scolaires se sentent obligés d’intervenir pour élaborer des plans d’urgence et rassurer la population.

Tout cela me semble exagéré. Mais je comprends les politiciens d’agir ainsi. Si jamais la grippe devait frapper le Québec, les gens n’hésiteraient pas à blâmer les dirigeants, car, au Québec, il faut toujours trouver un coupable. Malheureusement, la «c’tacause» sévit encore.

Rappelons les faits
La grippe A H1N1 est apparue à l’automne dernier. Depuis, dans le monde entier, il y a eu 182 166 cas confirmés et 1 799 personnes sont décédées. Au Québec, les cas confirmés atteignent 2 666 et les décès sont de 24. Dans les deux cas, la terrible grippe a tué moins de 1 % de ceux et celles qui l’ont attrapée.

Je suis bien conscient que chaque victime en est une de trop, mais reconnaissez avec moi qu’on est encore loin de la grippe espagnole qui a fait des millions de morts sur la planète au début du siècle dernier.

D’ailleurs, à chaque année, la bonne vieille grippe fait plus de victimes au Québec et personne ne semble s’en préoccuper. Il faut tout de même ramener les choses dans leurs justes proportions.

Mesures préventives
Les autorités médicales ne cessent de nous rappeler l’existence d’abondantes mesures préventives de base que chaque individu peut prendre pour minimiser ses chances de contracter la fameuse grippe.

Les personnes plus à risque auront droit à la vaccination. Les autres peuvent facilement se couvrir la bouche avec un mouchoir de papier lorsqu’ils éternuent ou, en l’absence de mouchoir, tousser dans le pli de leur coude. De plus, nous savons tous que se laver les mains souvent avec de l’eau et du savon contribue à prévenir la contamination.

Ce sont là des mesures qui ne coûtent rien et qui sont à la portée de tous. Il s’agit de précautions de base que l’on devrait d’ailleurs adopter à l’année. C’est une simple question d’hygiène.

Responsabilité parentale
La première responsabilité appartient aux parents. Si ceux-ci constatent que leurs enfants ne vont pas bien et ont des symptômes qui se rapprochent de ceux de la grippe A H1N1, symptômes que l’on nous répète à satiété dans tous les médias, il faut garder les jeunes à la maison au lieu de les expédier à la garderie ou à l’école (la grande garderie).

Malheureusement, trop de parents préfèrent se débarrasser de leurs petits monstres en les envoyant à l’extérieur, là où ils pourront contaminer les autres et accroître les risques d’une véritable pandémie.

Quand les deux parents travaillent, je comprends qu’il ne soit pas toujours facile de garder un enfant à la maison, mais le travail ne nous dégage pas de nos responsabilités parentales. Il vaut parfois mieux garder un jeune à la maison un jour ou deux plutôt que de le voir revenir avec une bonne grippe qui l’immobilisera pour au moins une semaine.

Au Québec la tentation est forte de demander aux pouvoirs publics de prendre nos responsabilités, mais les gouvernements ne peuvent tout faire à notre place. Si un jeune arrive à l’école malade, le mal est déjà fait et sa présence à l’école ne le guérira pas. Bien au contraire, le fait de l’envoyer à l’école contribuera davantage à répandre la maladie qu’à le guérir.

La grippe A H1N1 risque fort de frapper dans les prochains mois et de nombreuses mesures sont déjà envisagées. Mais il faut reconnaître que chacun doit faire sa part. Cette grippe fera encore d’innocentes victimes, mais chacun de nous peut contribuer à limiter la propagation de cette maladie en adoptant des règles d’hygiène de base. Si chacun fait sa part, on devrait être en mesure d’éviter le pire.

À nous de jouer!

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à ceux et celles qui se rendent malades par crainte d’attraper une maladie quelconque : «Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon, vous n’en sortirez pas vivant.» Bernard Le Bovier de Fontenelle

 
 
Lien permanent | Commentaires (0) | Publié le août 26, 2009 2:04 AM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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