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Les crapules en cravate
 

Depuis peu, chaque mois nous apporte son lot de scandales financiers. Une crapule en qui tout le monde avait confiance a détourné des millions, faisant ainsi de nombreuses victimes.

Au Québec, les noms de Vincent Lacroix, Earl Jones, Lino P. Matteo, Themis Papadopoulos et Stevens Demers, pour ne nommer que ceux-là, ont fraudé des milliers d’investisseurs pour plus de 400 millions de dollars. On est encore bien loin de la performance de l’Américain Bernard Madoff avec ses 50 milliards de dollars; mais, comme le dit Elvis Gratton, : «Les Américains, y l’ont l’affaire.»

Des scénarios qui se ressemblent
Lorsque que l’on analyse chacune de ces grandes fraudes, on constate que les façons de faire de ces escrocs se ressemblent. Généralement, ces filous ne sont pas inscrites auprès des autorités qui régissent les placements, elles agissent seules ou en vase clos, elles promettent des rendements mirobolants et elles vous demandent de leur faire aveuglément confiance.

Ces crapules se spécialisent dans l’exploitation d’une grande faiblesse humaine : l’appât du gain. En plus de vous promettre des rendements miraculeux, certains iront même jusqu’à vous promettre que tout cela pourrait se faire à l’abri de l’impôt, puisque l’argent en question est investi dans des paradis fiscaux.

La victime idéale
Si ces crapules réussissent à soutirer des millions de dollars à des gens, c’est que tout le monde rêve de gagner le gros lot sans payer d’impôts. Il ne faudrait pas croire que toutes les victimes sont des imbéciles.

Des gens d’affaires avisés comme Placide Poulin et Herman Cloutier ont perdu des millions en faisant confiance à un beau parleur qui leur promettait la lune. Si ces gens, que l’on croirait bien informés, tombent dans le piège à l’occasion, on peut comprendre un petit investisseur de se laisser enjôler à son tour.

Il est humain de vouloir faire plus d’argent, d’obtenir des rendements supérieurs et de s’en glorifier à l’occasion. Mais cela ne devrait pas nous amener à faire confiance aveuglément à une personne que l’on connaît à peine.

La responsabilité de l’investisseur
Lorsque l’on écoute les témoignages des victimes qui, dans plusieurs cas, ont tout perdu, on ne peut que sympathiser avec elles. Mais après réflexion, il faut reconnaître que ces mêmes victimes ont une large part de responsabilité dans le drame qui les frappe.

L’investisseur a le devoir de prendre des précautions avant de confier son argent à quelqu’un d’autre. On peut vérifier auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) à savoir si la personne qui nous sollicite est officiellement inscrite et a le droit de pratiquer son métier. De plus, l’AMF offre gratuitement, à qui le désire, de la documentation permettant aux non-initiés de se familiariser avec le monde du placement.

Si vous décidez de faire travailler votre argent plutôt que de le laisser dans un compte de banque qui ne rapporte rien, il vous importe de bien choisir la personne avec qui vous travaillerez. Cette personne doit être inscrite à l’AMF, de préférence être liée avec une grande institution bénéficiant de la protection de l’assurance-dépôt, savoir vous écouter pour bien comprendre vos attentes, vous fournir un rapport régulier de l’utilisation de vos fonds et vous consulter régulièrement avant d’effectuer des transactions en votre nom.

Ce n’est pas un monde très compliqué, mais encore faut-il connaître au moins les principes de base. Je suis souvent choqué d’entendre des gens me dire qu’ils ne connaissent pas ça, qu’ils laissent leur courtier transiger sans les consulter ou encore qu’ils n’ont pas le temps de s’en occuper.

Les rouages du monde du placement, ça s’apprend et ça ne demande pas un temps fou. Si vous êtes prêt à faire le tour de deux épiceries pour sauver 0,25 $ sur une caisse de 24 bières ou si vous jouez au golf une fois par semaine, vous devriez être en mesure de prendre un peu de temps pour surveiller vos placements.

Il est souvent facile de blâmer les autres pour nos malheurs, mais il ne faut pas rejeter notre part de responsabilité dans tout ce qui nous arrive.

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les petits investisseurs qui n’osent pas poser une question par crainte d’avoir l’air idiot : «Vaut mieux poser une question idiote que de demeurer idiot en ne la posant pas.»

 
 
Lien permanent | Commentaires (0) | Publié le août 11, 2009 11:46 PM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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