Légende urbaine
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les Américains sont hantés par la crainte du terrorisme. Des mesures de sécurité d’envergure ont été mises en place et un voyage en avion peut vite se transformer en véritable cauchemar.
Il faut dire qu’au temps de la présidence de George W. Bush, les politiciens ont profité du climat de terreur engendré par les attentats pour multiplier les mesures de contrôle parfois exagérées et, surtout, pas toujours très fiables.
Une majorité d’Américains est encore convaincue que les terroristes qui ont détourné les quatre avions en septembre 2001 avaient atteint le territoire américain via le Canada. Cette croyance les a d’ailleurs amenés à qualifier les frontières canadiennes de «passoires»
Pourtant, nous savons tous que, lorsque nous entrons dans un pays, ce n’est pas aux douanes du pays d’où l’on sort que l’on doit s’arrêter, mais plutôt aux douanes du pays où l’on entre.
Donc, si les terroristes du 11 septembre 2001 étaient réellement passés par le Canada pour se diriger aux Etats-Unis, c’est aux douanes américaines qu’ils auraient dû être interceptés. Si on ne l’a pas fait, c’est là que la «passoire» se trouve.
Pourtant, on sait maintenant que les terroristes en question étaient aux Etats-Unis depuis un certain nombre d’années et que c’est même dans ce pays qu’ils ont suivi leurs cours pour apprendre à piloter. Il a même été prouvé que durant leurs cours, ils ne voulaient pas apprendre à atterrir. Il me semble que si j’étais instructeur et qu’un étudiant me disait qu’il n’a pas besoin d’apprendre comment faire un atterrissage, cela soulèverait un petit doute dans mon esprit. Si personne n’a rien saisi, inutile de vouloir blâmer un pays étranger.
Il est vrai que, lorsque l’on se croit tout-puissant et invulnérable, il n’est pas de bon ton d’admettre ses lacunes. C’est bien plus facile, pour un dirigeant politique, de convaincre ses concitoyens que le malheur que nous vivons est la responsabilité des autres.
Libre circulation
L’obligation faite aux citoyens canadiens de posséder un passeport pour aller aux Etats-Unis va à contre-courant. En Europe, depuis déjà plusieurs années, tous les citoyens des pays membres de la Communauté européenne peuvent circuler d’un pays à l’autre sans même s’arrêter aux douanes.
On favorise ainsi la libre circulation entre pays membres et amis. Il est vrai que cela comporte un certain niveau de risque, mais le territoire européen n’a pas eu à subir de graves attentats depuis que cette libre circulation a été mise en place.
Depuis que le Canada et les Etats-Unis existent, les citoyens de ces deux pays pouvaient franchir les frontières sans avoir à présenter un passeport. Il est vrai que les Etats-Unis connaissent certains problèmes à leur frontière avec le Mexique. Quotidiennement, des centaines de Mexicains tentent d’entrer illégalement sur le territoire américain. Pour contrer ce phénomène, on est à ériger un immense mur sur des centaines de kilomètres. Il ne se passe rien de semblable à la frontière entre le Canada et les Etats-Unis, heureusement.
Cette méfiance américaine à notre égard est déplorable, surtout que, depuis bientôt 20 ans, une entente de libre-échange existe entre nos deux pays. Cela n’a pas empêché les Américains de nous mettre des bâtons dans les roues régulièrement.
Espérons que l’arrivée de Barack Obama à la présidence américaine finira par mettre fin à l’ère de méfiance qui a animé la présidence de George W. Bush. Les économies de nos deux pays sont trop liées pour que l’on se méfie injustement l’un de l’autre. Les dommages seraient plus importants que les bénéfices.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à ceux qui peinent à se trouver de vrais amis : «Si vous recherchez un ami sans faute, vous resterez sans ami.»