Un adversaire de taille
Il apparaît évident que la prochaine lutte ne sera pas aussi facile que les précédentes pour le conservateur Maxime Bernier. En janvier 2006 et en octobre 2008, ce dernier l’a remporté avec des majorités respectives de 25 918 et 24 740 votes.
En 2006, Maxime Bernier a profité du courant anti-libéral résultant du scandale des commandites. De plus, son adversaire libéral, Jacques Lussier, n’était pas connu dans la région et n’habitait même pas le comté de Beauce. Le candidat conservateur bénéficiait aussi d’une excellente organisation qui avait su tirer profit de la situation. Avec 67 % des votes exprimés, la victoire de Maxime Bernier était décisive.
En octobre 2008, Maxime Bernier se remettait de l’affaire Julie Couillard. La population beauceronne ne semblait pas lui en tenir rigueur. De leur côté, les Libéraux, dirigés par un Stéphane Dion peu crédible dans son rôle de chef de parti, présentaient un jeune candidat tout à fait inconnu à l’extérieur de sa municipalité.
La table était mise pour une autre éclatante victoire de Maxime Bernier. Même si son taux d’appui a légèrement diminué, la victoire fut tout aussi décisive pour le député conservateur.
Un scénario différent
Peu importe à quel moment aura lieu la prochaine élection fédérale, une chose est certaine : le scénario en Beauce sera fort différent.
Présentement, les Conservateurs sont à leur plus bas dans les intentions de vote au Québec. D’autre part, le nouveau chef libéral, Michael Ignatieff, bénéficie de la chance du débutant. Il ne fait aucun doute qu’il inspire davantage confiance que son prédécesseur, Stéphane Dion.
Les fortes majorités obtenues par Maxime Bernier lors des deux élections précédentes résultent du fait que plusieurs Libéraux déçus, se refusant à voter pour le Bloc québécois, ont voté conservateur.
Maintenant que les libéraux sont dirigés par un chef plus crédible et qu’ils ont choisi un candidat avantageusement connu dans le comté, il ne fait aucun doute que le scénario sera fort différent.
Avant de faire leur choix, les Beaucerons devront voir ce que les partis auront à offrir. Jusqu’à date, Michael Ignatieff s’est contenté de surfer sur sa réputation. Mais on ne sait pas encore ce qu’il proposera aux électeurs, quels seront les éléments clés de son programme électoral. Tôt ou tard, le nouveau chef libéral devra mettre un peu de viande sur l’os. C’est à ce moment que l’on sera vraiment en mesure de juger de ses capacités.
Quant à Claude Morin, il doit être conscient qu’il s’attaque à une majorité de près de 25 000 votes. On ne renverse pas une telle majorité en criant ciseaux. Il faut qu’au moins 12 500 électeurs changent d’idée.
Finalement, les véritables gagnants de cette lutte seront les Beaucerons qui auront enfin un véritable choix à faire entre deux candidats de valeur. Que le meilleur gagne!
Pas de polémique
Même si plusieurs lecteurs ont semblé apprécier les échanges entre le maire Roger Carette et moi-même dans le cadre de ma chronique du 3 juin et de sa lettre publiée dans la section «À vous la parole» du 17 juin, je tiens à préciser que je n’ai nullement l’intention d’entreprendre une polémique avec Monsieur Carette.
Je maintiens tous les commentaires émis dans ma chronique et je serai toujours disposé à en prouver la véracité au besoin. En retour, Roger Carette avait un droit de réplique que nous lui avons consenti avec plaisir.
À partir de là, j’estime que les contribuables de Ville de Saint-Georges sont suffisamment intelligents pour se forger une opinion que je saurai respecter. En autant que je suis concerné, à moins d’un développement nouveau, je n’entends pas revenir sur le sujet dans un avenir prévisible.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux électeurs canadiens qui ont encore le privilège de participer au choix de leurs députés dans le cadre d’un système démocratique : «Pourquoi les pays ayant le mot «démocratique» dans leur nom officiel sont-ils toujours dirigés par des dictateurs?»