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Une sage décision
 

La semaine dernière, le maire de Ville de Saint-Georges, Roger Carette, a pris beaucoup de monde par surprise en annonçant son intention de ne pas solliciter un cinquième mandat.

Après 15 ans à la direction de la municipalité et dépassant le cap des 70 ans, Roger Carette a droit à une vie moins exigeante. Il a pris une sage décision.

Il faut cependant noter que, dans sa déclaration, il s’est gardé le droit de changer d’idée. Il a peut-être fermé la porte, mais il ne l’a pas barrée.

Un bilan positif
Le passage de Roger Carette à la mairie de Ville de Saint-Georges se solde par un bilan positif. On peut différer d’opinion avec lui sur certains dossiers, déplorer son attitude à l’occasion, il n’en demeure pas moins que Roger Carette a été un bon maire pour Saint-Georges.

En politique, on doit avant tout rechercher de bons gestionnaires, des gens qui savent contrôler les finances de façon à s’assurer que les payeurs de taxes en ont pour leur argent. À l’aube de son départ, le Maire Carette laisse la ville dans une situation financière saine. Les niveaux de taxation et d’endettement sont raisonnables. On souhaiterait toujours payer moins et ne pas voir la dette augmenter, mais les contribuables Georgiens ne sont pas étouffés.

Au cours des années Carette, Ville de Saint-Georges a connu un développement important. Il serait exagéré de l’attribuer en totalité aux dirigeants municipaux, mais il serait tout aussi exagéré de prétendre qu’ils n’y sont pour rien.

Mon intention n’est pas de tracer un bilan exhaustif des 15 dernières années. Dans une dizaine d’années d’ici, quel souvenir les citoyens de Saint-Georges auront-ils des années Carette? C’est là que se situera le véritable bilan. Quand on a le nez collé sur la vitrine, il est difficile d’avoir une vue d’ensemble nette.

Un manque d’ouverture
Durant ses quatre mandats, Roger Carette ne s’est pas fait que des amis et cela est bien normal. Cependant, son manque d’ouverture face aux idées venant des autres, sa propension à vouloir accaparer tous les projets et son manque de dialogue ont souvent laissé un goût amer dans la bouche de ceux et celles qui ont eu à travailler avec lui.

Les promoteurs de Rendez-Vous à la Rivière et de la piste cyclable, entre autres, n’ont pas trouvé en lui un précieux collaborateur et ils en auraient bien long à nous raconter. Il s’est finalement rallié à ces deux projets après avoir fait tout en son pouvoir pour empêcher leur réalisation, malgré les démentis qu’il tentera sans doute d’apporter.

Son intransigeance lui a parfois coûté cher. Il a été l’un des seuls, sinon le seul vice-président de l’Union des Municipalités du Québec à ne jamais accéder à la présidence. Récemment, il se faisait battre à l’exécutif de la Conférence régionale des Élus, terminant bon dernier. Autour de la table de la MRC Beauce-Sartigan, on peut trouver facilement des maires de la région qui n’ont pas pleuré à l’annonce de son départ. Quand tu n’as pas l’estime de tes pairs, cela est révélateur.

Roger Carette laissait bien peu de place à la critique et ceux qui s’y sont frottés ont pu constater qu’il pouvait facilement faire preuve de méchanceté, se livrant à des attaques personnelles souvent mesquines. La réponse faite à l’abbé Patrick Allaire, il y a quelques mois, en est une preuve évidente.

Même si Roger Carette a déclaré au Soleil (édition du 2 février 2009) que le premier devoir d’un maire, c’est d’écouter, c’est précisément à ce niveau qu’il y avait une lacune. Avec lui, il y avait bien peu de place pour une opinion différente à la sienne. Il s’est ainsi privé de précieux collaborateurs, mais c’était son choix.

Souhaitons que son successeur saura faire preuve d’ouverture et d’écoute de façon à rallier les gens plutôt que de les diviser.

Quant au maire sortant, nous lui souhaitons une vie active et heureuse avec ses proches. Il l’a bien mérité. On peut différer d’opinion avec quelqu’un et le respecter en même temps.

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à Roger Carette et à tous les maires de notre région qui ont décidé de se retirer : «Il n’y a personne d’irremplaçable en politique. Tu viens, tu pars et tout le monde t’oublie. C’est correct, c’est la vie.» Monique Jérôme-Forget.

 
 
Lien permanent | Commentaires (4) | Publié le juin 3, 2009 12:32 AM

Pas fort, monsieur Pier. Celà sent la vengence personnelle, vous ne devriez pas vous servir de votre tribune publique pour régler des comptes.

A quoi celà vous sert-il ??? Un peu de respect pour les 15 années de services rendues à la ville et à ses habitants.

Quel que soient ses défauts, vous ne pouvez lui reprocher sa saine gestion des finances de la ville et son sens de la social démocratie.

Mes salutations

 
 
Publié par Claude Gilbert ( fils à Marcel) | juin 4, 2009 12:10 PM

Monsieur Claude Gilbert à Marcel,

Je n'en reviens jamais de constater à quel point des gens ne retiennent que le mauvais côté des choses et oublient le côté positif.

Vous semblez n'avoir lu que la moitié de ma chronique et avoir omis la section «Bilan positif» où, comme vous, je salue les qualités de bon gestionnaire du Maire Carette en disant que ce dernier laisse la ville dans une situation financière saine.

Quant à votre interprétation à savoir que je veux me venger du Maire, je vous informe que pour qu'il y ait vengeance, encore faut-il qu'il y ait eu injure de sa part à mon égard, ce qui n'est pas le cas.

Enfin, vous semblez également ne pas avoir lu la section de ma chronique où j'écris:«On peut différer d'opinion avec quelqu'un et le respecter en même temps.» Voilà qui est clair pour qui veut comprendre.

Je respecte votre opinion et vous remercie de l'avoir fait valoir.

Au plaisir!

Pier Dutil

 
 
Publié par Pier Dutil | juin 5, 2009 5:08 PM

Monsieur Dutil,

On m'a fait lire cet article et je dois me rendre à l'évidence que ce vous avez écrit je le pense entièrement et surtout lorsque vous touchez le sujet du projet de la Corporation Rendez-Vous-à-la-Rivière.

Vous avez totalement raison. L'idée ne venant pas de monsieur le maire, donc ne lui étant pas inspirante dès le départ, il n'a eu d'autre choix que de laisser l'équipe en place s'exécuter pour ensuite s'approprier le projet après sa réalisation.

L'instigateur de ce projet (ce n'est pas monsieur le maire)a dit et ce, en 1998: 'Si la tour Eiffel est l'image de Paris, les passerelles de la Seigneurie seront la nouvelle image de Saint-Georges'.

Et depuis, on retrouve les photos des passerelles de la Seigneurie sur presque tous les documents et dépliants de la ville...

Conclusion: Les penseurs, les bénévoles de la Corporation Rendez-Vous-à-la Rivière ont eu raison de croire en ce magnifique projet et surtout de ne pas avoir attendu l'assentiment de monsieur le maire.

 
 
Publié par Céline Veilleux | juin 7, 2009 8:04 PM

Rendons à César ce qui appartient à César. M. Carette laissera derrière lui une ville en excellente santé financière, une usine de filtration flambant neuve, une autoroute qui arrivera en ville bientôt (il a quand même eu son mot à dire là-dessus même si ce n'est pas le maître-d'oeuvre). Il a vraiment contribué à moderniser St-Georges. Comme contribuable, je n'ai pas à me plaidre.

Pour ceux qui ont voulu travailler à ses côtés et servir la ville, le bilan est plus mitigé - disons poliment.

Après 15 ans de Carettisme, il est temps maintenant de tourner la page et de penser à l'avenir. Par exemple, que fera-t-on enfin de la première avenue? Du ''Skate Park'' mal situé? De la deuxième glace? Du transport public?

J'espère qu'une nouvelle génération d'élus arrivera au Conseil de ville avec des idées neuves, une gestion plus participative, une vision du développement urbain plus moderne qui fera qu'on ne se plaindra plus de Saint-Georges la ''pas belle''.

Une nouvelle ère va démarrer au lendemain des élections municipales. L'occasion est belle de donner un nouveau souffle à cette ville qui n'a pas encore donné tout son potentiel.

 
 
Publié par Michel Huot | juin 8, 2009 9:25 PM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux. En plus de le lire dans Le Journal de Beauce à chaque semaine, on peut l'écouter tous les lundis matins sur les ondes de COOL-FM où il tient une chronique traitant de politique.

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