Un bilan positif
Le passage de Roger Carette à la mairie de Ville de Saint-Georges se solde par un bilan positif. On peut différer d’opinion avec lui sur certains dossiers, déplorer son attitude à l’occasion, il n’en demeure pas moins que Roger Carette a été un bon maire pour Saint-Georges.
En politique, on doit avant tout rechercher de bons gestionnaires, des gens qui savent contrôler les finances de façon à s’assurer que les payeurs de taxes en ont pour leur argent. À l’aube de son départ, le Maire Carette laisse la ville dans une situation financière saine. Les niveaux de taxation et d’endettement sont raisonnables. On souhaiterait toujours payer moins et ne pas voir la dette augmenter, mais les contribuables Georgiens ne sont pas étouffés.
Au cours des années Carette, Ville de Saint-Georges a connu un développement important. Il serait exagéré de l’attribuer en totalité aux dirigeants municipaux, mais il serait tout aussi exagéré de prétendre qu’ils n’y sont pour rien.
Mon intention n’est pas de tracer un bilan exhaustif des 15 dernières années. Dans une dizaine d’années d’ici, quel souvenir les citoyens de Saint-Georges auront-ils des années Carette? C’est là que se situera le véritable bilan. Quand on a le nez collé sur la vitrine, il est difficile d’avoir une vue d’ensemble nette.
Un manque d’ouverture
Durant ses quatre mandats, Roger Carette ne s’est pas fait que des amis et cela est bien normal. Cependant, son manque d’ouverture face aux idées venant des autres, sa propension à vouloir accaparer tous les projets et son manque de dialogue ont souvent laissé un goût amer dans la bouche de ceux et celles qui ont eu à travailler avec lui.
Les promoteurs de Rendez-Vous à la Rivière et de la piste cyclable, entre autres, n’ont pas trouvé en lui un précieux collaborateur et ils en auraient bien long à nous raconter. Il s’est finalement rallié à ces deux projets après avoir fait tout en son pouvoir pour empêcher leur réalisation, malgré les démentis qu’il tentera sans doute d’apporter.
Son intransigeance lui a parfois coûté cher. Il a été l’un des seuls, sinon le seul vice-président de l’Union des Municipalités du Québec à ne jamais accéder à la présidence. Récemment, il se faisait battre à l’exécutif de la Conférence régionale des Élus, terminant bon dernier. Autour de la table de la MRC Beauce-Sartigan, on peut trouver facilement des maires de la région qui n’ont pas pleuré à l’annonce de son départ. Quand tu n’as pas l’estime de tes pairs, cela est révélateur.
Roger Carette laissait bien peu de place à la critique et ceux qui s’y sont frottés ont pu constater qu’il pouvait facilement faire preuve de méchanceté, se livrant à des attaques personnelles souvent mesquines. La réponse faite à l’abbé Patrick Allaire, il y a quelques mois, en est une preuve évidente.
Même si Roger Carette a déclaré au Soleil (édition du 2 février 2009) que le premier devoir d’un maire, c’est d’écouter, c’est précisément à ce niveau qu’il y avait une lacune. Avec lui, il y avait bien peu de place pour une opinion différente à la sienne. Il s’est ainsi privé de précieux collaborateurs, mais c’était son choix.
Souhaitons que son successeur saura faire preuve d’ouverture et d’écoute de façon à rallier les gens plutôt que de les diviser.
Quant au maire sortant, nous lui souhaitons une vie active et heureuse avec ses proches. Il l’a bien mérité. On peut différer d’opinion avec quelqu’un et le respecter en même temps.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à Roger Carette et à tous les maires de notre région qui ont décidé de se retirer : «Il n’y a personne d’irremplaçable en politique. Tu viens, tu pars et tout le monde t’oublie. C’est correct, c’est la vie.» Monique Jérôme-Forget.