Une belle unanimité
Il fut un temps où de petits roitelets municipaux s’entredéchiraient au sujet de l’autoroute, au grand plaisir des politiciens provinciaux qui disaient attendre qu’il y ait entente dans la région avant d’agir.
Cette excuse ne tient plus. Récemment, les dirigeants municipaux de Beauceville, Saint-Simon, Notre-Dame-des-Pins et Saint-Georges ont adopté une résolution commune demandant à la ministre des Transports, Julie Boulet, de prendre les mesures nécessaires pour décréter le début des travaux de prolongement.
Plusieurs organismes socio-économiques de la région ont également multiplié les représentations auprès des dirigeants politiques. Il ne fait aucun doute que la Beauce entière est derrière ce projet.
Quatre contribuables s’opposent toujours au tracé choisi par le ministère des Transports et font preuve d’un acharnement judiciaire inqualifiable. Il y a des limites à laisser une infime minorité brimer la majorité des citoyens d’une région.
Un besoin criant
Le prolongement de l’autoroute 73 de Beauceville à Saint-Georges n’est pas un caprice. C’est un besoin ressenti depuis des décennies. Il suffit d’emprunter la 173 pour constater dans quel piteux état est cette route.
Depuis des années, la Beauce a connu un développement économique important. Fait à signaler, l’essor de nos entreprises n’est pas dû à des promoteurs de l’extérieur. La presque totalité des entreprises beauceronnes ont été créées, développées par des gens d’ici qui, dans une très forte proportion, en sont toujours propriétaires.
La Beauce était citée en exemple un peu partout et on l’avait même baptisée de «petit Japon du Québec.» Tous les politiciens qui passaient par ici se pétaient les bretelles comme s’ils étaient responsables de cet état de fait.
Les Beaucerons comptent sur leurs propres moyens depuis des lunes, mais ils ne peuvent pas tout faire. Il est de la responsabilité du gouvernement du Québec de doter notre région d’un réseau routier à la mesure de nos besoins.
Une simple question de volonté
Il fut un temps où l’on nous reprochait de ne pas voter du bon bord, reniant ainsi les vertus de la démocratie. Actuellement, Beauce-Sud a un député libéral, lequel siège même au Cabinet ministériel. Robert Dutil a clamé, peu après son élection, que le dossier de l’autoroute de la Beauce était un dossier prioritaire pour lui.
Du côté du parti au pouvoir, on nous répète que les montants sont votés, que l’argent est disponible et que le projet se fera, mais on ne précise jamais quand.
Finalement, tout ce qui manque, c’est un peu de bonne volonté. Que la ministre Boulet cesse de se cacher derrière les recours judiciaires des quatre irréductibles mécontents. Madame Boulet peut, si elle le veut, décréter le prolongement de l’autoroute et assurer les protestataires d’un règlement raisonnable comme ils sont en droit de l’obtenir.
Mobilisation générale
On sait que les politiciens bougent quand les citoyens se manifestent. Pourquoi ne passerions-nous pas à l’étape d’une grande mobilisation générale en nous rendant à Québec rencontrer la ministre ou en barrant les routes de la région. Si c’est bon pour les amérindiens, ça devrait être bon pour nous.
Les Beaucerons veulent l’autoroute, les politiciens municipaux aussi, les organismes socio-économiques sont de la partie, nos députés prétendent être avec nous, alors que reste-t-il à faire?
Louons une flotte d’autobus, mobilisons les citoyens et, tous ensemble, en caravane, au lieu d’aller à la cabane, on descend à Québec rencontrer Julie Boulet. On verra alors ce qu’elle a à nous dire.
Le temps des promesses, des vœux pieux et des belles paroles est terminé. Il faut passer à l’action, faire nos représentations et insister pour obtenir des engagements fermes de la ministre des Transports.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à la ministre des Transports du Québec, Julie Boulet : «Prends toujours des décisions qui auront un impact positif à long terme, indépendamment de leur impact à court terme.» Éric Molson