Le clown en chef
De ce temps-ci, tous les clowns ne sont pas dans les CHSLD. De mauvais plaisants oseraient dire qu’il y en a 125 à Québec et 308 à Ottawa, mais jamais je n’oserais me rendre aussi loin.
Cependant, j’aimerais vous présenter quelques clowns célèbres qui se sont mis en vedette dernièrement.
Il y a d’abord le clown en chef, Brian Mulroney, qui, durant six jours, a offert toute une prestation à Ottawa. Le très Honorable Brian a clairement expliqué qu’il avait empoché au moins 275 000 $ cash en trois paiements, cela en toute légalité. Il a bien eu une petite hésitation lors du premier versement, mais cela s’est vite passé et il en a accepté deux autres, la conscience tranquille.
J’oubliais, le clown en chef n’avait pas déclaré ces revenus à l’impôt puisqu’il ne s’agissait que d’avances. Six ans plus tard, lorsqu’il a considéré que ces avances étaient devenues des revenus, il a mandaté un spécialiste pour l’aider à rétablir sa situation avec les ministères du Revenu à Ottawa et à Québec.
Et, malheureusement pour l’honnête Brian, les deux gouvernements ont convenu que de payer les impôts sur la moitié du revenu déclaré serait amplement suffisant, le tout sans intérêts.
Quand j’observe cela, je crois que je devrais congédier mon comptable. Ce dernier est tellement incompétent que les ministères du Revenu québécois et canadien me réclament même de verser des impôts à l’avance; on appelle cela des acomptes provisionnels. Je vais exiger de mon comptable que l’on ne paie plus mes impôts qu’à tous les cinq ans et que l’on réclame le droit de n’en payer que la moitié. Si c’est bon pour Brian, ça devrait être bon pour Pier, n’est-ce pas? Et si mon comptable n’est pas assez compétent pour réussir cette démarche, out!
D’autres clowns
Le Québec n’est pas en reste. Tous les clowns ne sont pas à Ottawa. Au Québec, le premier Ministre Jean Charest, un ancien disciple du clown en chef, s’est amusé à tripoter le code d’éthique auquel sont soumis les ministres. Plutôt que de demander à l’un de ses ministres, Pierre Arcand, de se conformer au code d’éthique, il a préféré adapter le code d’éthique à la situation de son ministre. Pourquoi s’en faire pour des détails aussi insignifiants?
La confrérie des clowns peut aussi compter sur Henri-Paul Rousseau, l’ex-PDG de la Caisse de Dépôt et Placement du Québec. Imaginez que Monsieur Rousseau n’a pas eu connaissance que ses employés avaient investi plus de 13 milliards $ dans des placements à haut risque. Après tout, 13 milliards $ c’est des peanuts. Même les autres personnes chargées de surveiller les placements de l’organisme n’ont rien vu passer. C’est à se demander ce qu’ils faisaient de leurs journées. La Caisse de Dépôt perd 40 milliards $ et personne n’a fait d’erreur, personne n’est responsable.
Les tarifs de la CSST et de la SAAQ seront probablement haussés, les futurs retraités de la construction perdront quelque 700 $ par année, mais ce qui compte avant tout, c’est que le clown Henri-Paul puisse conserver sa prime de départ de 378 000 $.
Finalement, je me demande si ce n’est pas nous qui sommes les vrais clowns?
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les contribuables que nous sommes : «Être pessimiste a un bon côté : ou vous avez raison, ou vous êtes agréablement surpris.» George Will