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Qui l'eût cru ?
 

Pour être bien franc, je dois vous avouer qu’il y a un peu moins d’un an, j’étais tombé en bas de ma chaise lorsqu’on m’avait appris qu’on parlait d’un regroupement entre les caisses Desjardins de Beauceville et de Saint-Georges. Ma surprise fut encore plus grande lorsqu’on me dit que l’idée venait de Beauceville. Tout cela me semblait contre-nature, comme si on essayait de marier le feu et l’eau.

N’ayant plus entendu parler de ce projet durant quelques mois, je me suis dit que le naturel était revenu au galop. J’étais dans les patates. Le projet est bel et bien en selle et les membres des deux institutions se prononceront le 5 mai prochain.

Regroupement et non fusion
Les informations prises auprès des dirigeants des deux institutions m’ont permis de comprendre la nuance entre un regroupement et une fusion. Quand une entreprise en avale une autre dans le cadre d’une fusion, c’est souvent pour centraliser des services et couper des emplois afin de réaliser, ce que l’on appelle pompeusement, des économies d’échelle.

Dans le cas d’un regroupement, deux entités autonomes décident d’unir leurs efforts et leurs effectifs pour offrir un meilleur service à leurs clients. On ne parle pas de diminuer les services, ni de congédier des employés. Face à une vive concurrence et aux besoins toujours croissants de la clientèle, on juge que l’on sera en meilleure position en se regroupant.

Deux institutions en santé
Il importe de mentionner que l’on ne parle pas d’un mariage obligé. Les deux caisses sont en excellente santé financière.

Advenant que le regroupement se réalise, la caisse Desjardins du Sud de la Chaudière (nouveau nom proposé) aurait un volume d’affaires de 1,5 milliards $, quelque 36 000 membres et près de 180 employés. Ce serait l’une des 20 plus importantes caisses au Québec.

Alors que la caisse de Saint-Georges provient d’un regroupement avec les caisses de Saint-Benoît, Saint-Jean-de-la-Lande, Notre-Dame-des-Pins, Saint-Simon et l’Assomption, la caisse de Beauceville faisait cavalier seul depuis son regroupement avec Saint-Alfred survenu il y a déjà plusieurs dizaines d’années.

Des besoins différents
Il faut reconnaître que les relations entre les clients et leurs institutions financières ont grandement évolué au cours des dernières années.

Auparavant, on se rendait à la banque ou à la caisse à toutes les semaines pour y déposer sa paye, retirer l’argent dont on aurait besoin durant la semaine, payer ses factures de services publics et ainsi de suite.

Aujourd’hui, je connais des gens qui se rendent à leur institution financière trois ou quatre fois par année seulement. La paye et les pensions gouvernementales sont déposées directement dans nos comptes, on peut payer ses factures électroniquement, on va se chercher de l’argent à l’heure de son choix en utilisant les guichets automatiques, en somme, on peut combler la majeure partie de ses besoins sans passer par la caissière.

Par contre, on reçoit maintenant plus de services de nos institutions financières. On peut y effectuer des placements, accumuler un fonds de retraite, acheter de l’assurance dans certains cas et ainsi de suite. L’ajout de ces services exige l’embauche d’un personnel qualifié qui saura guider une clientèle de plus en plus informée et exigeante.

Il peut devenir difficile pour une petite entité de recruter des employés compétents qui ne verront pas la possibilité de gravir les échelons. Une plus grosse institution peut offrir un certain attrait.

Oublier les vieilles querelles
Les dirigeants de la caisse de Beauceville ont fait preuve de vision en élaborant ce projet de regroupement avec la caisse de Saint-Georges et c’est tout à leur honneur, car cela n’était certainement pas évident au début.

Il faut se rappeler que les relations entre les populations de Beauceville et de Saint-Georges ont longtemps été orageuses. Même que certains se plaisaient à entretenir cette animosité trop souvent paralysante.

Espérons que les membres des deux caisses sauront tirer un trait sur ces vieilles querelles de clochers pour poser un regard vers l’avenir le 5 mai prochain et se doter d’une institution financière à la mesure de leurs besoins.

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux membres des caisses Desjardins de Beauceville et de Saint-Georges : «Les gens qui ne tirent pas de leçons du passé sont condamnés à répéter les mêmes erreurs.» Stephen Jarislowsky

 
 
Lien permanent | Commentaires (1) | Publié le avril 14, 2009 8:45 PM

J'apprécie vos « papiers » qui me permettent de passer une minute ou deux dans un « autre » monde que celui que nous offrent, habituellement, d'autres journaux !

Dans votre rubrique de cette semaine vous citez un certain Jarislowsky, homme inclassable et d'une fortune assez appréciable. Mais je me demande si cette citation ne devrait pas revenir au philosophe américain (né à Madrid) George Santayana qui disait : « Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter. » Certes les mots de la citation sont quelque peu différents, mais n'est-ce pas le même esprit ?

GT

 
 
Publié par GT | avril 15, 2009 1:31 PM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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