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Lettre Ă mes lecteurs
 

Cette chronique est la 66e que je signe. Le tout a débuté le 21 octobre 2007 avec le lancement du Journal de la Beauce. Les dirigeants de ce nouvel hebdomadaire avaient décidé de consacrer un espace à un texte d’opinion, ce qui était plutôt rare dans le monde des hebdos.

Il leur fallait faire preuve d’un certain courage, car lancer un nouveau média et risquer de choquer des gens en émettant des opinions comporte un certain risque. Surtout que le chroniqueur choisi n’avait pas la réputation d’avoir la langue dans sa poche. Ceux qui me connaissent depuis longtemps savent que je ne mets pas toujours des gants blancs lorsque j’ai quelque chose à dire.

Donner son opinion

Donner son opinion à chaque semaine sur un sujet de son choix comporte une certaine responsabilité dont je suis pleinement conscient. Cela est encore plus vrai lorsque l’on vit en région, à cause de la proximité avec les gens parfois concernés par les opinions que j’émets.

J’étais bien conscient de cela lorsque j’ai accepté le défi. Quand quelqu’un émet une opinion, il ne doit pas s’attendre à faire l’unanimité. Pour chaque lecteur qui partage mon opinion, il s’en trouve probablement un autre qui n’est pas d’accord avec mes propos. Cela est tout à fait normal. D’ailleurs, je n’ai pas la prétention de croire que mon opinion est la vérité.

Je m’amuse d’ailleurs souvent à dire aux gens qui me laissent savoir, de façon toujours courtoise, qu’ils ne sont pas d’accord avec moi que c’est là un signe d’intelligence de leur part. Ce serait bien triste si tout le monde partageait toujours la même opinion. On sait tous que c’est du choc des idées que jaillissent les grandes réalisations. La possibilité d’émettre son opinion est à la base même de la démocratie.

Journaliste VS chroniqueur
Je voudrais profiter de cet échange avec vous pour préciser la différence entre un journaliste et un chroniqueur. Je tiens à faire cette distinction parce que de nombreux lecteurs me contactent pour m’inviter à un événement pour que j’en traite dans les pages de notre hebdomadaire.

Le journaliste a pour fonction de rapporter des faits suite à un événement qui s’est produit en un lieu et à un moment précis. Il peut aussi faire des recherches sur un sujet d’actualité ou sur des dossiers particuliers qui ne sont pas toujours publics et en faire part à ses lecteurs. C’est pour lui un travail à temps plein.

De son côté, le chroniqueur est invité à donner son opinion sur un sujet de son choix, comme déjà mentionné. Personnellement, en même temps que j’émets une opinion, j’explique pourquoi et comment j’en suis venu à penser ainsi. J’estime que cela aide le lecteur à comprendre mon cheminement. C’est en expliquant ma démarche que j’ouvre mon jeu de façon tout à fait transparente. Pour moi, c’est une question de respect.

Nombreux commentaires
Au fur et à mesure que l’expérience de cette chronique se poursuivait, j’ai été renversé par le nombre de commentaires des lecteurs.

Je reçois régulièrement des appels à la maison et des lettres. Mais, le plus souvent, les commentaires me viennent de gens que je croise en prenant une marche, au restaurant, à l’épicerie, ici et là .

Pour être franc avec vous (je vous ai dit que j’étais très transparent), au début, cela me faisait une drôle de sensation. J’étais surpris, surtout que des gens que je ne connaissais pas du tout m’abordaient un peu partout. Il faut dire que, généralement, les commentaires étaient largement positifs et qu’ils étaient émis de façon très gentille et polie, même quand on disait ne pas être d’accord avec mes propos.

Aujourd’hui, 16 mois plus tard, je dois vous avouer que j’aime beaucoup recevoir vos commentaires, peu importe la forme utilisée. Il est toujours agréable de savoir ce que pensent les gens qui me lisent assidûment. C’est comme un échange et, ainsi, je n’ai pas l’impression de vivre une expérience en vase clos.

J’espère que nos échanges se poursuivront encore longtemps.

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux gens qui ont de la difficulté à accepter l’opinion des autres : «Ce qui, probablement, fausse tout dans le vie, c'est qu'on est convaincu qu'on dit la vérité parce qu'on dit ce qu'on pense.» Sacha Guitry

 
 
Lien permanent | Commentaires (0) | Publié le avril 1, 2009 8:39 AM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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