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Quand le Pape dérape |
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Je suis conscient qu’il est toujours délicat d’aborder des sujets concernant la religion. Les croyances de chacun varient considérablement au sein d’une même religion et chacune a ses libres-penseurs et ses intégristes.
Dernièrement, le chef de l’Église catholique, le pape Benoît XVI, a soulevé l’indignation à l’échelle de la planète dans trois cas particuliers.
Le préservatif «aggrave le problème»
Dans l’avion qui le conduisait en Afrique, Benoît XVI a abordé la question du SIDA et déclaré que les seuls remèdes efficaces contre cette terrible maladie sont l’abstinence et la fidélité sexuelle. Comme si cela ne suffisait pas, il a ajouté que le préservatif «aggrave le problème.»
Ces propos ont soulevé la controverse partout dans le monde et principalement sur le continent africain, le plus frappé par cette maladie. Sur les quelque 33 millions de sidatiques sur la planète, il y en a 22 millions en Afrique seulement. De ce nombre, 14 millions sont des femmes ou des enfants souvent victimes de crimes de guerre.
Dans un cas de viol, on ne peut parler d’abstinence ou de fidélité sexuelle. C’est pourquoi de nombreux organismes qui luttent pour contrer la propagation du SIDA, même les organismes catholiques, n’hésitent pas à distribuer en masse des condoms et à encourager les gens à les utiliser pour se protéger.
Dans ce cas, les propos de Benoît XVI sont tout à fait irresponsables et dangereux. Malheureusement, les dommages iront bien au-delà du cercle fermé des vieilles mentalités qui trônent toujours au Vatican.
Levée d’excommunication
Il y a quelques semaines, le pape a surpris un peu tout le monde en levant l’excommunication qui avait été prononcée contre quatre évêques intégristes qui ont, durant des années, défié l’autorité du Vatican.
Ces évêques remettaient en question les décisions prises par le concile Vatican II tenu dans les années 60 du temps du pape Jean XXIII. Ils souhaitaient revenir à la messe en latin célébrée par un prêtre qui se tient dos aux fidèles. De plus, l’un de ces évêques allait même jusqu’à nier l’existence de l’Holocauste et des camps de concentration où ont été éliminées des millions d’innocentes victimes durant la Seconde Guerre mondiale.
Je comprends que tout le monde a droit au pardon, mais encore faut-il le mériter.
Un silence inquiétant
Après la levée de l’excommunication des quatre archevêques récalcitrants, on ne peut qu’être surpris du silence de Benoît XVI suite à l’excommunication, par un archevêque brésilien, de la mère d’une fillette de neuf ans et de toute l’équipe médicale qui a procédé à l’avortement de la jeune fille enceinte de jumeaux et dont la vie était en danger.
La fillette avait été violée par son beau-père qui avait lâchement abusé d’elle. L’archevêque brésilien est même allé jusqu’à dire que l’avortement était un crime plus grave que le viol. Dieu merci, le ridicule ne tue pas! Mais parfois, on le souhaiterait presque.
Dans un tel cas, comment expliquer que le pape ne soit pas intervenu pour annuler cette excommunication nullement justifiée? La jeune fille n’était pas une prostituée qui couchait avec n’importe qui; il s’agissait tout simplement d’une pauvre victime d’un pédophile, d’un abuseur. Aurait-il mieux valu laisser continuer cette grossesse qui menaçait la vie de la trop jeune mère? Il me semble que le gros bon sens exigeait une intervention médicale menant à l’avortement. Les personnes qui ont pris cette décision, plutôt que d’être punies, devraient être félicitées.
Le silence de Benoît XVI dans une telle situation ne peut que nous laisser songeur.
Que l’on ne me parle pas de la nécessité d’une certaine rectitude qui doit tenir compte des mentalités de tous les Catholiques à travers le monde, certains n’évoluant pas au même rythme que les autres.
Je sais depuis longtemps que le Vatican n’est pas un exemple de démocratie. L’élection du pape en est une démonstration évidente. Même si je suis croyant, j’ai toujours compris qu’il importait de faire une différence entre la foi et la religion. La première nous relie à Dieu, alors que la seconde a été mise en place par des hommes à des fins d’exercer un pouvoir.
Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine aux vieux bonzes du Vatican : «On ne doit pas juger un homme par ses grandes qualités, mais par l’usage qu’il sait en faire.» La Rochefoucauld
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Un petit peu de remise en contexte est nécessaire. De plus aller aux sources avant de faire un commentaire évite de se metre les pieds dans les plats:zenit.org Autrement celui qui parle à travers son chapeau n'est pas celui que l'on pense.
ZF09032404 - 24-03-2009
http://www.zenit.org/article-20548?l=french
Les médias africains déplorent l’attitude des médias occidentaux
Pendant la visite du pape en Afrique
ROME, Mardi 24 mars 2009 (ZENIT.org) - « Le Cameroun vient de boucler avec une réussite insolente la troisième visite papale de son histoire », lit-on dans le Cameroon Tribune, après les quatre jours de visite de Benoît XVI sur le sol camerounais, qui déplore en même temps la polémique engagée par les médias occidentaux contre le pape durant cette visite.
« Le Cameroun et l'Afrique ont vécu quatre jours si intenses et si magiques, qu'ils peinent encore à en jauger l'insondable portée », souligne Marie-Claire Nnana dans son article, convaincue que cette visite du pape en Afrique est « une visite à succès, et un événement majeur qui marquera l'Eglise et tout le continent ».
« En posant l'acte d'amour que constitue sa visite, en nous assurant de l'amour de Dieu, nous les damnés de la terre, le pape nous comble d'espérance », souligne la journaliste.
Mais « on ne décrira jamais assez le rapt inélégant et la parfaite imposture des médias européens et en particulier français sur cette visite », souligne-t-elle. « C'était le temps de l'Afrique. L'Afrique n'aspirait qu'à la communion spirituelle et à la fête. Nos confrères se sont évertués à ne mettre en lumière que les aspects les plus anecdotiques de cette visite, les chiens écrasés, l'écume des jours », ajoute-t-elle.
« Pas un mot sur le synode des évêques africains à venir, ni sur le document préparé à cet égard par le pape », commente-t-elle. « Ils ont parasité les ondes avec une polémique qu'ils ont créée de toute pièce. Car en sortant de son contexte la déclaration du pape sur le préservatif, ils en ont dénaturé la substance ».
Autre exemple de sabotage stratégique reproché aux médias occidentaux : avoir cherché, en Angola, à « éclipser le message apostolique en montant en épingle une déclaration sur l'avortement thérapeutique ».
« En résumant huit jours de visite en deux petites phrases, de préférence celles susceptibles de remuer une opinion publique formatée, il y a un risque de caricaturer et de fausser le message », souligne-t-elle. Et le comble pour la journaliste c'est lorsque « ces médias déclarent parler au nom des Africains ».
« Non, merci, chers confrères, vous parlez pour vous-mêmes, et pour votre public. Les Africains sont assez grands pour déchiffrer et critiquer, au besoin, les messages du pape, afin d'en tirer la substantifique moelle. ».
De plus, estime-t-elle, « les débats autour du SIDA et de l'avortement sont trop importants pour les biaiser de cette manière, en les réduisant à une polémique médiatique ».
« Si nous décrions cet opportunisme chez nos confrères, ce n'est pas que ces questions indiffèrent les Africains que nous sommes, précise la journaliste du Cameroon Tribune, simplement, il nous semble peu fécond de vouloir infléchir les prises de positions papales, parce qu'elles découlent des principes moraux et de valeurs dictés par les évangiles dont il est le gardien ».
« Le pape, que les médias décrivent comme austère et peu charismatique, nous a paru au contraire sensible à nos démonstrations bruyantes et sincères », poursuit-elle. « Il les a reçues dans le tempérament qui est le sien : tout en retenue, le geste peu emphatique, le regard ardent ».
En conclusion la journaliste pense que « Benoît XVI en aura bien besoin » de l'affection des fidèles Africains pour continuer sereinement sa mission, dans une Europe, dit-elle, « dont il est le fils biologique, mais non pas spirituel puisque cette Europe nie désormais la dimension spirituelle du monde ».
Isabelle Cousturié
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Eh oui! Comme il est facile de réduire un message en ne s'attardant que sur ce qui ne fait pas notre affaire. Nous ici, en Occident, avons notre culture, mais souvent, on se prend pour les maîtres du monde et surtout, pour les seuls qui possèdent la vérité. Autant Benoît XVI peut être vu comme quelqu'un de dépassé pour l'Europe et l'Occident, autant il peut être apprécié pour d'autres peuples. Lorsque des millions de gens ont foi et confiance dans leur religion, on ne peut quand même essayer de leur dire qu'ils ont tort ou raison. Qui sommes-nous pour ainsi juger le messager? Dans un continent comme l'Afrique où de nombreuses femmes «subissent» des abus sexuels, il est utopique de penser que l'utilisation du condom pourrait réduire les cas de sida ou d'autres MTS. Je vois mal un agresseur sexuel prendre la peine de mettre un condom avant d'agresser une filette!!!
Si on veut régler les problèmes de sida et autres, il faut changer les mentalités des gens et surtout, en tout premier lieu, obtenir l'égalité des femmes. Tant et aussi longtemps que la femme n'aura pas le contrôle complet sur sa propre sexualité, le problème persistera. L'avancement de n'importe quel peuple passe assurément par l'éducation des femmes. À quoi bon envoyer des milliards de condon à des hommes qui pour la plupart ne les utiliseront pas!!! Ici même au Québec, pensez-vous que la majorité des hommes utiliseraient le condom si les femmes ne les réclamaient pas? Ne nous cachons donc pas la vérité et attaquons-nous au vrai problème qui est l'émancipation des femmes.
La religion catholique a traversé toutes sortes de périodes. Ce n'est tout de même pas la première fois qu'il y a un relâchement des valeurs chrétiennes dans le monde! Le problème du catholicisme, c'est que le balancier se promène d'un extrême à l'autre. Autant l'Église a auparavant abusé de son pouvoir, autant aujourd'hui les gens abusent de leurs libertés en oubliant que l'on n'est pas fait seulement de chair, mais bien plus d'esprit et de conscience. C'est aux gens à qui il revient de décider de ce qui est bon pour eux et de ce qui ne l'est pas.
Nous sommes toujours trop moralisateurs face aux autres. Dans les années avant la révolution tranquille, les moralisateurs étaient les prêtres et les évêques. Aujourd'hui les moralisateurs sont les médias et les politiciens. Pour une fois, laissons donc la parole aux gens. Ils sont bien mieux placés que les bien-pensants de ce monde. Ils sont très bien capables de scruter leur conscience et de faire en sorte de mieux vivre dans la société actuelle.
Personnellement, je pense que les abuseurs ne sont pas tous nécessairement dans l'Église catholique. Je connais bien des athées, des environnementalistes, des politiciens, des artistes, etc. qui pensent posséder la vérité et qui nous regardent de haut comme si nous étions des ignorants dépassés.
Aujourd'hui les gens de gauche pensent posséder la vérité. En vérité, ils ressemblent de plus en plus à des socialistes qui rêvent au jour où tous leurs petits soldats de bois seront identiques. J'ai très peur de ses soi-disants grands penseurs. Ils sont aussi dangereux pour notre société que les dirigeants de l'Église catholique.
Le pouvoir se doit de demeurer dans les mains du peuple. Les dirigeants doivent toujours s'adapter au peuple et non le peuple s'adapter aux dirigeants!!!
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Suite à cette chronique en lien avec le pape Benoît XVI,et plus spécifiquement sur la question du préservatif, il faut savoir que le Saint-Père, qui est très bien informé, a simplement exprimé la vérité avec clarté et courage.
Des sources aussi prestigieuses que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le directeur du Projet de recherche sur la prévention du sida à l'université de Harvard aux Etats-Unis, Edward C. Green confirment la justesse des propos du Pape. M. Green dit notamment ceci:
"Le Pape a raison. Ou pour répondre plus précisément : les meilleures données dont nous disposons confirment les propos du Pape».
Pour ce qui est de l'OMS, voici un extrait de son dernier rapport cité sur le Blogue http://yvesdaoudal.hautetfort.com/
« L'utilisation correcte et systématique du préservatif masculin réduit le risque de transmission sexuelle du VIH de 80-90%. » (p. 17)
On notera la précision de la phrase. Il s'agit uniquement de « transmission sexuelle », à l'exclusion de tout autre mode éventuel de contamination. Il s'agit de l'utilisation « correcte et systématique » du préservatif. Or ce préservatif, utilisé dans des conditions « idéales », laisse un risque de transmission du virus de 10 à 20%. Comment est-ce possible, sinon que le virus passe à travers le préservatif ?
Ce n'est pas moi qui le dit, ni le pape, c'est l'Organisation mondiale de la Santé, dans un document de référence.
On notera aussi que deux paragraphes plus loin, l'OMS ajoute :
« Les personnes à risque permanent peuvent nécessiter un conseil et un soutien plus intensifs pour réduire le comportement risqué, avec notamment une diminution du nombre de partenaires. (...) Le conseil sur le report des premiers rapports sexuels, la diminution du nombre de partenaires sexuels, y compris les visites aux professionnel(le)s du sexe, et la réduction des relations concomitantes avec plusieurs partenaires, est recommandé pour prévenir la transmission sexuelle parmi les partenaires hétérosexuels. » (p. 19)
Voilà pour ces deux sources. Je me permet de citer également l'excellent article de Jacques Suaudeau publiée dans le Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, le vie et les questions éthiques aux Éditions Téqui, pp. 905-928. Sa lecture permet de mettre le pendules à l'heure sur la réalité du préservatif et ses limites comme protection contre le VIH.
Une dernière remarque pour terminer. Si comme l'affirme l'OMS, le préservatif offre une protection limitée à 80-90%, alors son utilisation est donc comparable au jeu de la roulette russe puisque cette utilisation comporte un risque une fois sur cinq ou sur dix de contracter le virus mortel (VIH). C'est un peu comme prendre l'avion d'une compagnie aérienne dont 10% des avions s'écrasent. Personnellement, en pareille situation, je choisi de m'abstenir!
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À propos de Pier Dutil |
Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en
sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa
carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à
1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste
attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et
collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires
publiques à la télévision de Radio Canada.
De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux
communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs
entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les
consultants Soleil Communication et Québécor.
Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du
Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration
d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et
sociaux. En plus de le lire dans Le Journal de Beauce à chaque
semaine, on peut l'écouter tous les lundis matins sur les ondes de
COOL-FM où il tient une chronique traitant de politique. |
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