Quelques exemples
L’ex PDG de la Caisse de Dépôt et Placement du Québec, Henri-Paul Rousseau, déclarait il y a une dizaine de jours que la crise économique avait débuté en octobre 2008, suite à la faillite de Lehman Brothers, une banque américaine.
Pourtant, la crise des fameux PCAA qui a coûté des milliards à la Caisse de Dépôt, a éclaté en août 2007. Même que Monsieur Rousseau a été l’un des artisans qui a contribué à élaborer un vaste plan de sauvetage visant à minimiser les pertes dans ces placements.
De plus, la Caisse de Dépôt était le principal acheteur de ces placements au Canada, à hauteur de 40 %.
De son côté, la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, nous dit qu’elle ne connaissait pas l’ampleur des pertes de la Caisse durant la campagne électorale provinciale de décembre dernier.
Pourtant, Madame Jérôme-Forget reçoit à tous les mois l’état des résultats du Fonds des Générations et du Fonds d’Amortissement des Régimes de Retraite (FARR) des employés de l’état. À la fin octobre, le rapport en question laissait voir une perte de 9 %. Un mois plus tard, fin novembre et en pleine campagne électorale, le rapport indiquait une perte de 18 %, soit le double du mois précédent. La perte double en un seul mois et cela ne fait même pas sourciller la ministre.
Même chose au sujet du déficit du budget provincial. Avant et pendant la campagne électorale, Jean Charest et Monique Jérôme Forget se font rassurants, laissant entendre que le Québec évitera un déficit budgétaire au cours des deux prochaines années financières. On aurait découvert en janvier seulement la gravité de la situation.
Si nos dirigeants sont coupés de la réalité à ce point et qu’ils ne sont pas capables de lire tous les signaux indicateurs alarmants qui se pointaient depuis de nombreux mois, il n’y a pas de doute dans mon esprit : nous sommes dirigés par une bande d’ignorants. Et cela me fait peur dans les circonstances actuelles.
S’endetter encore plus
Le seul moyen que nos dirigeants ont trouvé pour mettre fin à la crise : dépenser encore plus, en somme, s’endetter davantage.
Pourtant, en période de crise économique, on devrait encourager les gens à moins dépenser, à payer leurs dettes. C’est d’ailleurs ce que font une grande majorité de personnes. Quand ça ne va pas, on coupe dans ses dépenses, on se limite aux dépenses nécessaires et on paie ses dettes. Pourquoi cette logique ne serait pas également appliquée pas nos gouvernants?
Les consommateurs canadiens sont endettés à un niveau inquiétant. Le Gouvernement du Québec est le champion de l’endettement en Amérique du Nord (125 milliards $) et le service de la dette coûte annuellement plus de sept milliards $ aux contribuables québécois.
Durant les années de croissance économique que nous avons vécues depuis 2000, le Québec, contrairement au Canada, n’a pas réduit sa dette. Cette dernière ne cesse d’augmenter. Et demain, on nous présentera un nouveau budget déficitaire qui contribuera, une fois de plus, à augmenter le poids de la dette.
Quand cela va-t-il cesser?
Et dire que l’on pensait avoir embauché les meilleurs parce qu’on avait accepté de leur verser des salaires énormes. Quand j’en ai pour mon argent, je ne trouve jamais que c’est cher, mais quand j’ai l’impression de me faire avoir par une bande d’ignorants, j’aimerais savoir comment je puis adapter leurs salaires à leur niveau de compétence.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à nos dirigeants politiques : «Aucun homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge.» Abraham Lincoln.