Les lunettes roses
Les médias ont la responsabilité de rapporter ce qui se passe dans la société en général. Quand les entreprises annoncent des licenciements sur une base quotidienne, il est impossible de passer à côté.
En janvier seulement, il s’est perdu 129 000 emplois au Canada, ce qui a fait bondir le taux de chômage de 6,6 à 7,2 %. C’est du jamais vu depuis des décennies. Je comprends que ce n’est pas agréable à lire, mais c’est la réalité.
Il ne servirait à rien de regarder la situation à travers des lunettes roses, d’oublier ces mauvaises nouvelles et d’attendre tout simplement que la tempête passe. On ne gagne rien à vouloir oublier la réalité. Un jour ou l’autre, il faudra affronter la vraie vie.
Tirer sur le messager et le rendre responsable du mal qu’il rapporte est une solution facile, mais on ne tire pas à la bonne place.
L’autre côté de la médaille
Là où les médias pourraient être accusés de pécher par exagération, j’en conviens, c’est que, dans la tourmente, ils oublient parfois de faire état des bonnes nouvelles.
S’il est vrai que 7,2 % de la population active est en chômage, il n’en demeure pas moins que 92,8 % des travailleurs sont toujours au boulot. De plus, il y a des secteurs qui ne sont nullement menacés : les employés du monde de la santé, de l’enseignement, de la fonction publique, etc.
Pour ces travailleurs, que la situation économique s’enlise ou qu’elle retrouve le chemin de la croissance, on ne manquera pas de boulot.
On pourrait ajouter à cette liste les travailleurs oeuvrant dans le domaine des infrastructures. Les gouvernements, tant fédéral que provinciaux, ont tous annoncé des investissements majeurs permettant de remettre en condition notre réseau routier, nos réseaux d’aqueduc et d’égout et nos édiufices publics. On devancera également plusieurs projets de construction.
Cela contribuera à garder au travail plusieurs professionnels (architectes, ingénieurs), des travailleurs (camionneurs, manœuvres, chauffeurs et mécaniciens de machinerie lourde, etc.).
Il faut aussi reconnaître que, contrairement à ce qui s’est passé lors de la grande dépression des années 30, les chômeurs d’aujourd’hui bénéficient d’un soutien de l’état par le biais de l’assurance emploi. C’est tout de même mieux que rien.
Éléments de solution
Nous savons tous que la crise actuelle ne durera pas éternellement. Celui qui connaîtrait la date de la reprise pourrait faire une fortune. Nous ne connaissons pas l’ampleur et la durée de la tempête, mais nous sommes convaincus qu’elle cessera un jour. Vous et moi n’avons aucun contrôle là -dessus.
Le défi que nous devons relever, c’est de nous assurer de traverser la tempête sans périr. Ce ne sera pas facile pour plusieurs, mais ce n’est pas la première tempête que nous traversons et nous avons déjà survécu.
Dans de telles circonstances, la solidarité peut atténuer grandement les impacts. Il existe des mesures de secours pour venir en aide aux gens dans le besoin qui ne doivent pas hésiter à s’en prévaloir.
Quant à ceux qui sont toujours au boulot, ils devraient contribuer au maintien des commerces et des entreprises de chez nous en faisant leur magasinage dans la région, en achetant des produits fabriqués au pays plutôt que d’aller faire ses emplettes à l’extérieur et d’acheter uniquement du Made in China, quand c’est possible.
Pour les travailleurs en usine, accepter le travail à temps partagé peut permettre à ses confrères ou consoeurs de maintenir leur emploi et éviter des licenciements.
Les médias, comme les citoyens, doivent être en mesure de voir les choses telles qu’elles sont, mais de toujours garder une porte ouverte pour des jours meilleurs qui finiront bien par arriver.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à ceux qui savent naviguer dans la tempête : «Ne demeure pas dans le passé, ne rêve pas du futur, concentre ton esprit sur le moment présent.» Bouddha