Annus horribilis
La crise financière qui a d’abord frappé les Etats-Unis avant de s’étendre au monde entier et de se transformer en crise économique sévère n’a pas fini de faire des dommages.
Tous les secteurs sont touchés. Les banques, un peu partout dans le monde, sont sauvées par les gouvernements, les grands (?) de l’auto sont sur le respirateur artificiel, plus de 2 millions de travailleurs américains ont perdu leur emploi et/ou leur maison, les bourses ont chuté de près de 50 %, les banques centrales ont baissé leurs taux d’intérêt à près de 0 % et les consommateurs réduisent leurs achats, amplifiant la crise.
Pendant que les gouvernements se lancent dans des plans de sauvetage pour sauver les grandes entreprises de la faillite et éviter l’effet domino qui en résulterait, nos PME doivent affronter la tempête sans disposer nécessairement de tous les outils nécessaires.
Beaucoup de respect
Je dois vous avouer que, de ce temps-ci, j’ai beaucoup de respect pour les propriétaires d’entreprises et de commerces de notre région.
Ces derniers sont frappés par une conjoncture économique sur laquelle ils n’ont pratiquement pas de contrôle. Ils sont beaucoup plus en mode réaction qu’en mode pro action.
Ceux qui sont bien capitalisés parviendront à passer à travers la tempête et certains pourront même profiter des opportunités qui se présenteront pour faire des acquisitions ou prendre de l’expansion. Mais ce n’est pas le lot de la majorité.
Les autres se battront pour leur survie. Quand les commandes n’entrent plus, on n’a pas le choix de réduire sa production. Si cette tendance se maintient, on passe à l’étape des mises à pied temporaires, en espérant que l’on pourra rappeler nos employés le plus tôt possible.
Il n’est pas facile de décider de se départir de travailleurs d’expérience dans lesquels on a investi en formation. Mais il vaut mieux risquer de perdre de bons employés que de perdre son entreprise.
Perte de confiance
Cette situation crée une perte de confiance chez les consommateurs. Quand tu perds ton emploi ou que tu crains que cela t’arrive, tu commences à limiter tes dépenses et tu songes à épargner un peu pour te créer un petit coussin au cas où.
L’impact est vite ressenti dans les commerces qui vendent moins, qui commandent moins auprès de leurs fournisseurs; ces derniers doivent donc diminuer leur production et c’est ainsi que l’on se retrouve en pleine récession. Pourtant, tous ces intervenants ont eu un réflexe tout à fait normal : se protéger.
L’activité économique se replacera lorsque tous les intervenants de la chaîne économique auront retrouvé la confiance. Bien heureux serait celui qui pourrait dire quand cela se produira.
Des signaux positifs
Il y a pourtant des lueurs d’espoir dans toute cette tourmente. Le ralentissement économique a ramené le pétrole à des prix plus raisonnables. Après avoir dépassé 1,40 $ le litre, le coût de l’essence à la pompe vogue présentement sous les 0,80 $ le litre. C’est autant d’argent économisé par les consommateurs.
Les taux d’intérêt sont bas comme jamais. Cela coïncide avec une baisse du prix des maisons. On se retrouve donc avec des occasions d’achat intéressantes pour ceux qui ne craignent pas pour leur emploi.
Quant aux boursicoteurs qui ont vu la valeur de leur portefeuille boursier fondre de moitié, ils peuvent se consoler en achetant des titres de valeur offerts présentement à des prix d’aubaines.
Même si personne ne dispose d’une boule de cristal susceptible de nous indiquer quand aura lieu la reprise, une chose est certaine : il y aura une reprise un jour ou l’autre. Présentement, la visibilité est nulle, mais la tempête prendra fin un jour.
Bonne année… quand même!
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à ceux et celles qui ont abusé des bonnes choses durant la période de Noël et du Nouvel An : «Que l’on meure gros ou maigre, la différence, c’est pour les porteurs.» Peter Ustinov