Le pire Président
Le bilan de George W. Bush est loin d’être reluisant. Rappelons que son arrivée au pouvoir en 2000 est due au fait que l’on a cessé de compter les votes en Floride. Comme exemple d’un pays qui se présente dans le monde entier comme une grande démocratie, il faudra repasser.
Il est vrai que les événements du 11 septembre 2001 ont grandement perturbé le climat politique, mais la décision d’attaquer l’Irak a été prise sous de faux prétextes. On cherche toujours les armes de destruction massive que cachait Saddam Hussein.
C’est là que le tout a dégénéré. La seule évocation des mots qui suivent suffit à nous rappeler à quel point George W. Bush a perturbé la planète : Guantanamo, prison Abou Ghraib, torture, pollution, pour ne nommer que ceux-ci.
De plus, son attitude de cow-boy arrogant a contribué au développement d’une vague d’antiaméricanisme à l’échelle du monde. Pendant qu’il s’attaquait à Saddam Hussein au nom de la démocratie, il collaborait étroitement avec d’autres dictateurs qui exploitent effrontément leurs concitoyens.
Si l’on veut avoir une idée des impacts du passage de George W. Bush à la Maison-Blanche, rappelons quelques faits. À son arrivée au pouvoir en 2000, les Etats-Unis bénéficiait d’un surplus budgétaire de 236 millions $. À sa seule dernière année au pouvoir, Bush laissera à son pays un déficit de 1 200 milliards $ et la dette globale des Américains atteint maintenant 10 000 milliards $, soit 32 000 $ pour chacun des Américains, incluant les poupons. Le budget de la défense est passé de 281 milliards $ à 600 milliards $. Il faudra de nombreuses années pour que l’économie se relève de ce piètre bilan.
Dans mon livre, George W. Bush passera à l’histoire comme le pire Président de l’histoire des Etats-Unis. Dieu merci, un Président américain est limité à deux mandats.
Des attentes élevées
L’arrivée de Barack Obama soulève un grand enthousiasme dans le monde entier. Je dois vous avouer que cela m’inquiète un peu.
La succession dont hérite le nouveau Président est tellement hypothéquée que j’ai de la difficulté à m’imaginer comment Obama et son équipe parviendront à redresser la situation. Il sera très difficile de respecter les engagements pris tout au long de la campagne électorale.
Le fait que Barack Obama soit le premier Président noir est fortement célébré chez les gens de couleur. Mais pour être élu, le nouveau Président a dû compter également sur une forte proportion d’électeurs blancs qui ont cru à son slogan : «Yes we can.»
Le temps est maintenant venu de démontrer qu’il peut mettre en place les nombreux changements promis.
Il faudra voir si les Américains sauront comprendre que la succession de Bush est tellement négative que cela limitera les efforts d’Obama. Ce dernier pourra compter sur une lune de miel au cours des prochains mois, mais cela ne durera pas éternellement. Il lui faudra vite poser des gestes susceptibles de redonner confiance aux Américains et à l’ensemble de la population de la planète.
Tout le monde a intérêt à ce que Barack Obama réussisse. Dans les circonstances, il lui faudra choisir ses batailles et intervenir là où les résultats seront déterminants rapidement.
De son succès dépendra aussi le nôtre.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à Barack Obama : «Un être humain, c’est comme un sachet de thé; on ne connaît sa force que si on le plonge dans l’eau chaude.»