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En moins d’une semaine, à Ottawa, Stephen Harper a appris où se trouvait la marche arrière sur son bolide politique et Stéphane Dion a été éjecté de la direction du Parti libéral du Canada. Durant la même période, à Québec, Jean Charest a obtenu un gouvernement majoritaire par la peau des dents, le PQ a regagné le statut d’opposition officielle, l’ADQ est redevenu un tiers-parti, Mario Dumont a annoncé son départ et Québec solidaire a fait son entrée à l’Assemblée nationale. Wow!

Et dire qu’il y a des gens pour se plaindre qu’il ne se passe rien sur la scène politique.

Au Québec
L’élection du 8 décembre a permis l’obtention d’un gouvernement majoritaire libéral. On devrait avoir la paix pour au moins quatre ans. Il sera intéressant de voir comment se comporteront les nouveaux élus et jusqu’à quel point, comme en campagne électorale, ils trouveront toutes les solutions aux problèmes qui frappent les Québécois. Donnons-leur le bénéfice du doute.

Ce qui m’a particulièrement marqué à l’issue de cette élection, c’est la faiblesse du taux de participation. À un peu plus de 57 %, il y a de quoi s’inquiéter. Si plus de quatre électeurs sur dix croient que le jeu n’en vaut plus la chandelle, il faudrait remettre certaines choses en question.

Ă€ Ottawa
Le changement à la direction du Parti libéral du Canada contribuera probablement à calmer les ardeurs de nos dirigeants politiques.

Stephen Harper avait misé sur l’impopularité de Stéphane Dion que personne ne voyait comme Premier Ministre. Mal lui en prit, les Libéraux se sont tournés sur un dix sous et sont parvenus à faire l’unanimité autour de Michael Ignatieff. Ça devrait contribuer à calmer les ardeurs.

Si Stephen Harper retrouve tous ses esprits, il s’appliquera à concocter un budget qui inclura des éléments du programme économique des Libéraux et il parviendra ainsi à obtenir leur appui lors du vote décisif prévu à la fin de janvier. Procéder autrement serait faire preuve d’irresponsabilité. Après tout, on ne joue pas aux élections comme à un jeu de société.

Remise en question
La situation politique, tant à Ottawa qu’à Québec, devrait nous inciter à remettre en question certaines vieilles façons de faire pour améliorer la démocratie. Je me permets de soumettre deux pistes d’amélioration.

La première concerne le déclenchement des élections. Un gouvernement devrait être élu pour un mandat ferme de quatre ou cinq ans, la date étant fixée à l’avance comme cela se fait dans la plupart des pays civilisés.

On ne devrait pas laisser le choix de la date des élections entre les mains d’un Premier Ministre qui est en plein conflit d’intérêts. Finalement, les élections sont déclenchées la plupart du temps pour des motifs purement partisans. Tous les chefs de l’opposition prônent un tel changement tant et aussi longtemps qu’ils sont dans l’opposition, mais ils n’osent renoncer à cet avantage une fois au pouvoir. C’est bien ce que je disais : conflit d’intérêts.

La deuxième mesure a trait au mode de scrutin. Plutôt que d’élire des députés et des gouvernements qui gouvernent avec moins de 50 % des votes, on devrait opter pour le système de représentation proportionnelle.

Selon ce système, le nombre de députés à l’Assemblée nationale serait directement proportionnel au pourcentage de votes obtenus. Si l’on appliquait ce système aux résultats de la dernière élection, voici quelle serait la représentation des partis (en parenthèse le nombre d’élus le 8 décembre) : PLQ 53 (66), PQ 44 (51), ADQ 20 (7), QS 5 (1) et PV (3 (0).

On pourrait même aller jusqu’à souhaiter une proportionnelle à deux tours, comme en France, de façon à ce que chaque élu obtienne plus de 50 % des votes. Dans un tel cas, chaque député peut légitimement prétendre être le représentant des électeurs.

Ça demanderait une adaptation de la part des politiciens et des électeurs, mais une fois mis en place, ce système prouverait vite sa valeur et l’on ne se retrouverait pas avec un gouvernement majoritaire représentant moins de 25 % des Québécois, comme c’est présentement le cas au Québec.

Pensée de la semaine/
Je dédie la pensée de la semaine à ceux qui sont capables d’envisager des changements majeurs : «L’ineptie, c’est de refaire la même chose et d’espérer un résultat différent.» Benjamin Franklin

 
 
Lien permanent | Commentaires (3) | PubliĂ© le décembre 19, 2008 4:38 PM

Petite remarque humoristique:

En représentation proportionnelle, si 43 % des gens qui ont le droit de vote n'allaient pas voter comme ce fut le cas le 8 décembre, pourquoi ne pas laisser 43 % des sièges inoccupés à l'Assemblée nationale... Ça représenterait le choix de la population, et comme on n'a les politiciens qu'on mérites... :-)

 
 
PubliĂ© par FrĂ©dĂ©ric Poulin | décembre 20, 2008 11:58 AM

juste une mot en passant.bienvenue a la grande famille de bien etre social(bs) aux nouveaux soient general motor et chrysler.apres etre collectés sur le cable il suffit de faire attention et vous y restez.

joyeuses fetes a tous et toutes

 
 
PubliĂ© par pier-emile rodrigue | décembre 21, 2008 4:13 PM

Je déplore que M. Harper se prête au jeu des députés de l'opposition. Cela lui fera perdre beaucoup de crédibilité auprès des électeurs. Si M. Harper a été réélu pour un 2e mandat, c'est que les citoyens ont cru qu'il tiendrait ses promesses comme lors de son dernier mandat. Durant la dernière campagne électorale, il nous a clairement dit que l'économie canadienne était solide. Moi, je crois qu'une récession est le moment idéal pour faire le grand ménage des entreprises non-rentables. Ce n'est surtout pas le temps de gaspiller l'argent des contribuables pour se faire du capital politique. Les députés de l'opposition, avec M. Ignatief en tête, préfèrent se faire du capital politique en essayant de protéger les gros syndicats et les grandes entreprises (tel que GM) plutôt que de penser aux citoyens qui eux travaillent très fort pour conserver leurs acquis et ce, sans que le gouvernement aient à payer pour leurs erreurs et leur gourmandise. L'industrie automobile, tout particulièrement, a agit de façon irresponsable et je ne crois pas qu'il faille les cautionner en leur accordant des prêts à risque garantis par le gouvernement, donc par les citoyens. Jamais plus je ne voterai pour l'un ou l'autre de ces partis d'opposition qui essaient de nous faire croire qu'ils veulent nous protéger, alors que c'est l'argent de leurs partis qu'ils veulent protéger en tout premier lieu. J'ose espérer que M. Harper se tiendra debout durant la tempête, quitte de ce que nous retournions en élection générale après les fêtes, afin que ce soit les électeurs qui décident qui a raison dans ce conflit politique. C'est à nous de décider, et ce n'est certainement pas à M. Ignatief qui a été propulsé chef de parti sans même passer par un vote démocratique de tous les partisans libéraux. Si les partis d'opposition ne sont pas d'accord avec le prochain budget, qu'ils votent tout simplement contre et qu'ils aient au moins le courage d'aller face aux électeurs pour faire sanctionner leurs gestes irresponsables et enfantins!!! Si jamais une telle coalition prend le pouvoir à Ottawa, on aura des mesures socialistes dans une période critique de récession financière et économique. Ce n'est pas ce que les électeurs avaient décidé le 14 octobre dernier!!! La démocratie, c'est que chaque région du Canada ait un représentant à la Chambre des Communes et que la majorité d'entre eux soient d'accord pour passer telle ou telle loi. Si un budget ne peut pas être passé majoritairement, alors il faut consulter les citoyens afin qu'ils choisissent de nouveaux représentants dans chacune de leur région. Selon moi, il serait plus démocratique de retourner en élection plutôt que de confier le pouvoir à quelqu'un qui a seulement été nommé par le caucus libéral a nommé et qu'aucun électeur n'a voté pour, sauf dans son propre comté. De toute façon, si on ne va pas en élection après les fêtes, il faudra y aller d'ici la fin de l'année. Le calcul est simple et les coûts seront les mêmes que les élections se tiennent ce printemps ou l'automne prochain.

 
 
PubliĂ© par Francine R. | décembre 22, 2008 10:51 AM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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